AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 - la poupée qui fait non

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
─ Resist much, obey little ─
inscription : 28/12/2016
messages : 950
civil status : free spirit.
job, studies : dj, poker player


- NEW YEAR -
résolution : les résolutions c'est pour les faibles
carnet d'adresse :
disponibilité rp : c'est chaud patate, là.
MessageSujet: - la poupée qui fait non   Lun 2 Jan - 16:07


- agatha o'reilly -
“ No woman gets an orgasm from shining the kitchen floor „

nom complet ı Agatha O'Reilly. Elle n'a pas toujours eu celui ci. Avant cela, elle n'était affublée que d'un nom qu'on prête aux enfants abandonnés à l'état civil. Jones. Aucun affect, aucune symbolique. Juste un nom qui fait l'effet d'une croix, placé là pour boucher un trou. âge, date et lieu de naissance ı 28 ans. On a beau lui dire qu'il serait tant qu'elle se comporte comme une adulte, elle ne voit pas les années passer. origines et nationalité ı  elle s'est toujours figurée que cette tignasse d'une blondeur saisissante lui donnait quelques origines nordiques. N'en sachant finalement pas grand chose, elle se contente de reprendre à son compte les origines de ses parents adoptifs: elle est anglaise. statut familial ı  Il n'existe pas de mots pour résumer la situation d'Agatha. Bordélique serait peut-être le plus approchant. Elle appartient au clan O'Reilly, qu'elle a rejoint sur le tard pour ne plus jamais le quitter. à southampton depuis ı toujours. elle y est née, y mourra peut être... Car elle a vadrouillé partout, la gamine, mais ne s'est jamais autant sentie chez elle que dans cet endroit qu'elle connait par cœur. Dans sa vie, certains sont venus et sont repartis. La ville est la seule donnée fiable qui n'a jamais foutu le camp. statut civil ı officiellement, elle s'annonce en couple, s'affiche au bras d'un ami pour lequel elle ne ressent rien de plus qu'une profonde affection. Une façon pour elle d'éviter qu'on lui reparle de ses fiançailles, un fiasco qui s'est achevé par une fuite le jour de son mariage et des regrets qu'elle ne cesse d'ignorer depuis. animal de compagnie ı aucun. Certaines mauvaises langues diront que c'est parce qu'elle peine déjà à prendre soin d'elle même. Ils n'auront pas tout à fait tort. métier ou/et études ı elle n'a jamais fait d'études. Pas motivée, pas assez confiante en elle, pas assez douée... Elle multiplie les excuses pour ne pas avoir à dire qu'elle s'en fiche royalement. Sa culture, elle l'a fait sur le tas, en ouvrant des bouquins et en voyageant à droite et à gauche. Et elle ne s'en sort pas si mal. DJ, elle a joué aux quatre coins de la planète. Elle arrondit ses fins de mois en s'improvisant joueuse de poker. Elle ne roule pas sur l'or, mais l'argent n'a jamais été sa préoccupation principale. quartier de résidence ı East. Elle n'aime pas spécialement cet appartement propre, mais d'une banalité effrayante... Elle se rêve dans le centre ville, là où elle travaille, et où la ville ne dort jamais. Mais faute de mieux, elle a posé ses valises ailleurs. traits de caractère ı garçon manqué, dynamique, franche, pétillante, égoïste, râleuse, indépendante, impétueuse, drôle, passionnée. gourmandise préférée ı les brownies. elle pourrait en manger des kilos... livre de chevet ı Little Women, de Louisa May Alcott. Sa propre mère avait tendance à lui trouver de nombreuses similarités avec Jo, et lui a offert une vieille édition de ce livre lorsqu'elle étant enfant. sport(s) pratiqué(s) ı elle court beaucoup, nage, s'adonne parfois à la boxe pour éliminer cette colère interne qui la domine à l'occasion. groupe ı yesterday. avatar ı sarah gadon.

the choice is yours, this or that ?
Chien ou chat ı chat. Bière ou vodka ı bière. Printemps ou automne ı automne. Kebab ou gastronomique ı kebab. Pokemon Go ou monopoly ı monopoly. Titanic ou Expendables ı titanic. Insomnie ou hibernation ı insomnie. Batman ou Iron Man ı batman. Sudoku ou mots fléchés ı mots fléchés. Friends ou How I met your mother ı friends.


this is a new year. a new beginning, and things will change
Elle ne se promet rien. Elle sait d'avance que ses résolutions ne seront que des paroles en l'air. Ce n'est pas qu'elle ne veut pas changer une ou deux choses, c'est simplement qu'elle est réaliste. Elle se connait trop pour se mentir encore. Elle regarde les autres se promettre des choses qu'ils ne tiendront pas, et s'amuse devant leurs espoirs bientôt trompés.


it was a big big world but we thought we were bigger
un. Elle a poussé ses premiers cris dans l'indifférence générale. Sitôt née, sitôt empaquetée destination ailleurs. deux. trouvée sur le parvis de l'église par une grenouille de bénitier. trois. cette même église où elle a abandonné Arthur. Elle en a conclu qu'une malédiction pesait sur l'endroit. quatre. Elle n'est pourtant ni superstitieuse, ni empreinte d'une quelconque forme de spiritualité. cinq. elle garde de ses premières années en famille d'accueil un côté garçon manqué qui ne la jamais quitté. six. elle jure, elle râle, elle souffle, elle n'est jamais contente et aime le faire savoir. sept. elle est allergique aux crevettes. une bouchée, et elle gonfle. un plat, et elle meurt. huit. elle a une passion inavouée pour les chansons d'amour et les films guimauves. neuf. elle dort rarement plus de cinq heures par nuit. dix. elle boit des tonnes de thé et de café, ce qui a forcément une influence sur le point numéro neuf.


pseudo/prénom ı witchcraft/violaine. âge et pays ı 27 ans, france. avis sur le forum ı j'ai pas les mots, trop d'émotion  sad . type de personnage ı pré lien du merveilleux Hunter. un dernier mot ı elle est où la poulette?

Code:
<avar>sarah gadon</avar>  <i style="font-size:11px;">★ agatha, o'reilly</i>

_________________
l'avenir appartient à ceux qui s'lèvent à l'heure où j'me couche ♒︎ Un jour, on est venus au monde, depuis, on attend qu'le monde vienne à nous. Tant mieux si la route est longue, on pourra faire un peu plus de détours © endlesslove, gifs arthur, hookmeup


Dernière édition par Agatha O'Reilly le Mer 4 Jan - 20:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://walking-on-sunshines.forumactif.com/t89-la-poupee-qui-dit-non
avatar
inscription : 28/12/2016
messages : 582
âge irl : 27
civil status : free as a bird
job, studies : co owner of his own start up


- NEW YEAR -
résolution : 1/5 aller courir deux fois par semaine, au moins 1h
carnet d'adresse :
disponibilité rp : both (1/3)
MessageSujet: Re: - la poupée qui fait non   Lun 2 Jan - 17:36

@Agatha O'Reilly a écrit:
pré lien du merveilleux Hunter.
du MERVEILLEUX Hunter hoho
ça méritait d'être mis en avant pervers

_________________
head in the dust ♒︎ The only definition of you that matters is how you choose to define yourself. Anyone else’s definition is a pale imitation of the truth. © endlesslove.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://walking-on-sunshines.forumactif.com/t82-oil-on-water-hunter http://walking-on-sunshines.forumactif.com/t121-dark-before-dawn-hunter
avatar
─ Resist much, obey little ─
inscription : 28/12/2016
messages : 950
civil status : free spirit.
job, studies : dj, poker player


- NEW YEAR -
résolution : les résolutions c'est pour les faibles
carnet d'adresse :
disponibilité rp : c'est chaud patate, là.
MessageSujet: Re: - la poupée qui fait non   Ven 6 Jan - 15:32

du coup j'avais besoin de la place o
Spoiler:
 


i always had that dream like my daddy before me
Agatha laissait sa langue claquer contre son palais, dans un bruit qui ne semblait amuser qu’elle. Ses jambes se balançaient d’avant en arrière, trop courtes pour toucher le sol depuis là où elle s’était assise. « Arrête ça. » Assis à côté d’elle, une bière à la main, son tuteur lui lança un regard exaspéré. La gamine leva les yeux au ciel, et marqua un mince sourire sur ses traits délicats. Un nouveau claquement s’en suivi, et ses jambes s’en allèrent voler encore plus haut. L’homme ne sembla pas goûter la provocation, et lâcha un juron. « Je te préviens, si tu fais des tiennes aujourd’hui, ça se paiera. » La menace susurrée entre ses dents jaunes, il fusilla la môme de ses yeux perçants. Elle aurait pu prendre peur, mais savait qu’il n’avait plus besoin d’excuses depuis longtemps pour lever la main sur elle. Alors, lorsque ce soir elle regretterait une fois de plus d’être née, elle aurait au moins la satisfaction d’avoir pu jouer avec ses nerfs. En cet instant, il avait peur. Son sort tenait entre les mains de cette gamine et de quelques autres mioches dont l’entrée en ce monde ne s’était pas déroulée comme prévue. Faute de parents pour les adopter, on les avait placés chez sa femme et lui. Une famille d’accueil qui n’avait d’accueillante que le nom. En vérité, il ne gardait ces mômes que pour la rente mensuelle qui accompagnait leur venue. Et pour continuer son petit manège, il fallait maintenir l’illusion que tout était pour le mieux au sein de son modeste foyer à chaque visite de l’assistante sociale. Agatha n’était pas en mesure de comprendre ce qui se tramait sous ses yeux, mais elle avait vite remarqué l’agitation qui gagnait son tuteur chaque fois que la date de la visite approchait. A quelques minutes de l’inspection, il était plus méfiant que jamais. « Et tiens-toi droite. Tu gesticules dans tous les sens, on dirait un ver qui sort de terre. » Agatha fit une grimace que l’autre ne remarqua pas, et dit d’une voix fluette et plaintive : « C’est cette robe, elle gratte. Je veux mettre mes vêtements de d’habitude. » Joignant le geste à la parole, elle entreprit de fourrer son avant bras par le col de sa robe pour se gratter le dos avec énergie. « Il faut être présentable, aujourd’hui. Tu as fait des trous dans toutes tes fringues, tu ne peux t’en prendre qu’à toi. » Il semblait oublier que la môme avait récupéré les fringues des plus âgés, et n’avait pas tellement eu son mot à dire quant à sa garde-robe. Mais vexée à l’idée de devoir ressembler à une poupée blonde toute la journée, la gamine se mura dans le silence. Au bout de la rue, la voiture de l’assistante sociale faisait son apparition. Son tuteur empoigna la main de la gamine sans le moindre soupçon de douceur, et lui adressa un léger coup de pied dans le mollet pour qu’elle cesse de s’agiter. Le reste, elle connaissait. Sourire, se taire, attendre.



« Quel âge as-tu, ma belle ? » Un instant, Agatha ne comprit pas qu’on s’adressait à elle. Elle avait le nez plongé dans un bouquin et tentait de faire abstraction de la cacophonie ambiante. Quand la rumeur s’était propagée au foyer où elle vivait qu’un couple de parents souhaitait adopter un enfant, une dizaine de gosses s’était empressée de se saper aussi bien qu’ils pouvaient pour impressionner le couple. Agatha s’était contentée d’un reniflement ennuyé et avait clairement fait comprendre que le premier qui la dérangeait subirait son courroux vengeur. Six mois qu’elle avait dû quitter ses tuteurs pour se retrouver au milieu de tous les gosses qu’on ne savait pas où parquer. Ces imbéciles avaient fini par commettre l’impair qui leur avait valu de révéler les mauvais traitements subis par leurs enfants au grand jour. Agatha n’avait jamais été heureuse, chez eux. Mais au moins, elle n’avait pas à partager sa chambre avec tout un dortoir. Alors lorsque la femme s’était assise à ses côtés, intriguée par cette seule gamine qui se désintéressait d’eux, Agatha se renfrogna. Elle n’avait pas envie de partir encore, pour revenir dans quelques semaines. Les autres mômes étaient plus dociles qu’elle. Plus jeune aussi. Sept ans, qui voudrait adopter une cause déjà perdue ? Un coup d’œil suspect à cette femme suffisait à attiser sa curiosité face à ce sourire bienveillant qui figeait ses traits. Agatha devait le reconnaître, l’autre était intrigante. Assez pour qu’elle pose son bouquin sur ses cuisses et qu’elle daigne répondre à sa question. La môme l’ignorait encore, mais elle venait de se trouver une mère. Quelques mois plus tard, et elle faisait ses bagages. Pour de bon, cette fois.



Le cul posé sur un muret glacé, Agatha tirait sur sa clope avec un manque de grâce flagrant. Elle était pressée, et cette pause cigarette lui était tout aussi indispensable qu’impossible à caser dans son emploi du temps de la journée. La chevelure rousse de Maeve apparue au coin de la rue, tourbillonnant dans tous les sens à chaque pas couru par l’adolescente. Lorsqu’elle arrive à hauteur de la blonde, elle se pencha en deux pour reprendre son souffle. Agatha tira sur sa cigarette une nouvelle fois et lâcha d’un air grave. « C’est la clope, ça. Tu cours deux mètres et t’es déjà au bord de l’arrêt cardiaque. » Elle tendit sa cigarette à Maeve qui l’attrapa sans répondre, et de ses mains libres, s’appuya sur le muret pour descendre. Un œil à sa montre, elle sentit l’impatience qui montait. L’autre crétin était en retard. « On va avoir des problèmes. » Agatha tourna la tête vers son amie, l’air étonné. « Et depuis quand ça nous arrête ? » Maeve lâcha un petit rire, avant d’acquiescer d’un signe de tête. Avant qu’elle ne puisse répondre, une voiture bifurqua dans leur rue à toute allure. Le conducteur massacra le frein de sa voiture pour s’arrêter pile devant les filles. Un autre type occupait le siège passager. Le chauffeur, Steve, releva ses lunettes de soleil sur son front et décrocha un sourire charmeur à Agatha. Elle le trouvait mignon, mais bon sang ce qu’il pouvait se la péter. Heureusement pour elle, il avait deux ans de plus et un permis de conduire tout juste acquis. « Alors les filles, on part en balade ? » Agatha balança sa clope derrière elle et grimpa sur le siège arrière de la voiture, imitée par Maeve. Elle piqua ses lunettes à Steve et déclara d’une voix solennel « Londres, accroche toi, on arrive » Steve enfonça la pédale d’accélération et la voiture démarra au son d’un crissement de pneus insupportable. Ce soir, lorsqu’elle prendrait le temps d’appeler sa mère pour lui dire de ne pas l’attendre pour manger, elle serait déjà dans la capitale. Demain aussi, très probablement. Et dans deux jours, elle se prendrait une engueulade monumentale pour s’être improvisée touriste sans demander l’avis de personne. Mais qu’importe, on n’avait qu’une vie, et pas tous les jours seize ans.



Assise en tailleurs au milieu de son salon, Agatha marqua une grimace en lisant le petit bout de papier qu’elle tenait entre ses doigts. « Votre avenir se trouve dans un autre biscuit » Elle roula le papier en boule et le balança par terre. « Quelle arnaque. Donne m’en un autre. » Arthur s’exécuta, et lui lança un biscuit chinois tout en se servant pour lui-même. « Il y a un voyage dans votre avenir proche. » Il fit une moue dubitative qui provoqua un petit rire chez sa compagne. « C’est la deuxième boite qu’on mange ce soir, il serait peut-être temps de se rendre compte que ces machins sont juste un gaspillage de papier. » Agatha se saisit de celui qu’il avait toujours dans les mains. Elle le contempla sous toutes les coutures, l’air pensif. « Pas sûr. J’avais dans l’idée de t’embarquer dans un long et périlleux voyage, moi-même. » Elle afficha un air faussement mystérieux qu’elle ne parvint pas à conserver plus de trente secondes. Arthur, lui, semblait paumé. Il leva un sourcil pour marquer son incompréhension. « Ça te dit de voyager dans le centre-ville avec moi ? J’ai vu un appartement sympa… Et vu que tu piques déjà toute la bouffe dans le frigo, ça rendrait les choses officielles. » Elle n’était pas la reine des déclarations de ce type. C’était un peu nouveau, pour elle. Le romantisme, les relations qui durent. Les mecs qui se barraient pas juste après l’amour et qui semblaient d’accord pour la supporter toute une journée durant. Alors elle apprenait, petit à petit. Et ça lui semblait naturel de passer à l’étape d’après. A celle où, en plus de partager leurs sentiments, ils partageraient le loyer.



Agatha tourbillonnait dans sa robe de mariée comme une lycéenne au bal de fin d’année. Elle devait l’admettre, elle se trouvait plutôt pas mal. « Mouais. T’as déjà pas beaucoup de seins, si en plus tu les mets pas en valeur… » Agatha laissa éclater un rire qui en disait long sur sa bonne humeur. Même vanner sa poitrine ne semblait pas en mesure de gâcher cette journée. Elle avait embarqué Maeve dans sa folle journée d’essayage, craignant d’avoir à supporter le seul regard critique de sa mère. C’était sans compter le fait que cette dernière aurait pu s’émouvoir d’un jogging de mariée tant elle était ravie d’être là. Au final, Maeve était la seule source de critique fiable dans cette boutique. « Ne l’écoute pas, ma chérie. Tes cheveux en arrière, comme ça, et tu seras parfaite. » Joignant le geste à la parole, elle prit dans ses mains les cheveux de sa fille, tirant le tout en arrière pour simuler un chignon à la hâte. Elle contemplait Agatha et son air de poupée dans le grand miroir posé devant elle. Fière, à l’évidence. « Qui aurait cru qu’après toutes ces années à te chercher, tu serais l’une des premières parmi mes enfants à te marier… » Le sourire d’Agatha s’estompa un petit peu. Qu’est-ce qu’elle voulait dire par là ? Agatha était quatrième dans l’ordre de sa fratrie, certes, mais avec ce ton employé par Fiona, l’accusation semblait plus pernicieuse. A croire que caser Agatha tenait du miracle. Elle ne releva pas, ça n’était pas le bon jour pour entamer une dispute. Maeve sembla noter le malaise. Elle se releva d’un bond du fauteuil où elle était presque allongée, et attrapa trois flûtes de champagne laissées là par la vendeuse. Elle en garda une pour elle, donnant les deux autres à Agatha et sa mère. Un large sourire sur le visage, elle leva son verre pour porter un toast. « A Agatha. Puisses-tu toujours rentrer tes petits seins dans cette robe magnifique. »


Assise en tailleur, le dos appuyé contre la porte d’entrée, Agatha attendait dans le couloir sinistre. Elle n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être. Elle avait éteint son téléphone. Hors de question de recevoir le moindre appel. Tous la cherchaient, en cet instant. Et elle refusait qu’on la trouve. Sa robe de mariée toujours sur elle lui semblait subitement bien trop lourde à porter. On l’avait dévisagé dans la rue pendant toute sa traversée de la ville. Une honte qu’elle n’avait pas tellement pris le temps de mesurer, tant ses propres pensées l’avaient accaparé. Comment avait-elle pu faire ça ? L’abandonner, ce jour-là en particulier. Devant leurs familles, leurs amis ? Elle laissa couler quelques larmes. Elle n’était plus à ça prêt. Son maquillage avait déjà eu l’occasion de couler sur tout son visage, et de s’estomper encore, à chaque sanglot qui revenait l’agiter régulièrement. Il lui semblait avoir pleuré l’équivalent d’une saison entière de mousson. Elle n’était pas celle qu’il lui fallait. Plus d’une fois, elle se l’était dit. Sans jamais rien formuler à haute voix, parce que ces doutes auraient été démentis sans qu’on cherche vraiment à la rassurer. Mais non, Agatha, vous faites un si joli couple… Oui, peut-être, mais ça ne suffisait pas. Ou plutôt, un jour, ça ne lui suffirait plus. Elle s’était rendue à l’église avec la ferme intention d’ignorer ses doutes. Et puis une voix avait retenti. « Tu crois vraiment que tu lui rends service, en t’accrochant à lui ? Tu le tire vers le bas, Agatha. » Pour une fois, cette voix n’était pas la sienne. Tout le monde l’attendait à l’intérieur. Sauf une personne. Une voix qui résonnait étrangement vrai. Qui faisait écho à toutes ses peurs. Qui avait mis le doigt là où ça faisait mal. Barre-toi, Agatha. Si tu ne le fais pas maintenant, il le fera dans dix ans. Alors elle avait fait demi-tour. Elle avait marché dans cette robe, jusqu’à ce que ses pieds la dirigent vers le seul refuge qui lui semblait plausible. Elle s’était assise devant la porte d’entrée, attendant que la locataire arrive. Et lorsqu’une chevelure rousse se précipita vers elle pour la prendre dans ses bras, elle sut qu’elle s’était abritée chez la bonne personne. Celle qui la réconforterait sans poser de question. Sans jugement, sans colère. Elle s'effondra dans les bras de Maeve. Fatiguée, bouleversée, coupable. Elle venait de gâcher sa plus belle histoire d’amour.



Lorsque le nom de Hunter s’afficha sur l’écran de son téléphone, par réflexe, elle refusa l’appel. Elle ne connaissait que trop bien le type de conversation qui s’en suivaient, teintées de reproches, et qui finissaient généralement par un flot d’insultes et de noms d’oiseaux. Elle rentrait à peine du boulot, elle n’était pas d’humeur. Il retenta sa chance. Une fois, puis deux. D’ordinaire, il n’était pas si insistant. Elle lâcha un juron et décida de le rappeler. Avec un peu de chance, il s’était assis sur son téléphone qui l’appelait sans qu’il en ait conscience. Bien vite, elle déchanta. Le son de sa voix était brisé. Comme s’il avait du mal à articuler. Son accent chantant semblait cette fois fade et sinistre. Il s’était passé quelque chose. Lorsqu’elle parvint à passer cette première impression, à voir au-delà de cette boule qui s’était immédiatement formée au creux de son estomac, elle parvint à capter la fin de la phrase qu’il avait déjà entamée. « … Et il est mort. Ils n’ont rien pu faire. Maman… Pour maman, on verra ce qu’ils diront. Je prends l’avion dès que possible. Est-ce que tu… » Elle n’entendait plus la suite. Abasourdie qu’elle était par cette nouvelle. Elle avait besoin de s’asseoir. Elle se laissa tomber sur le rebord du trottoir, chancelante. Son père était mort, c’est ça ? Et sa mère… C’était grave. Et elle, quelques minutes plus tôt, qui jouait pour des ivrognes sur une piste de danse. Putain, quelle chienne de vie. En une fraction de seconde, elle passait du rire aux larmes. Et c’était son frère à l’autre bout du monde qui venait de lui lâcher la nouvelle comme une bombe. Elle raccrocha, ne sachant pas vraiment si elle lui avait dit au revoir. Au fond, il n’allait pas tarder. Une question d’heure avant qu’il à ses côtés. Elle pensa à Gene, probablement la première informée. Déjà au chevet de leur mère, probablement. Et à Bianca. La seule de leurs enfants qui soit vraiment de leur chair. Elle se releva tant bien que mal du trottoir. On la regardait comme une nana qui avait trop bu et ne tenait pas debout. Qu’ils aillent tous se faire foutre. Sur son téléphone, un nouveau nom apparu. Richie. Il ne lâcherait jamais l’affaire. Et si d’ordinaire une part de peur s’insinuait en elle en voyant ce nom s’écrire sur son écran, cette fois il n’en fut rien. Lui aussi, qu’il aille se faire foutre.

_________________
l'avenir appartient à ceux qui s'lèvent à l'heure où j'me couche ♒︎ Un jour, on est venus au monde, depuis, on attend qu'le monde vienne à nous. Tant mieux si la route est longue, on pourra faire un peu plus de détours © endlesslove, gifs arthur, hookmeup
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://walking-on-sunshines.forumactif.com/t89-la-poupee-qui-dit-non
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: - la poupée qui fait non   

Revenir en haut Aller en bas
 
- la poupée qui fait non
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» j''me suis fait tout p''tit devant une poupée qui disait non
» QUE FAIT L'ETAT?
» Un peu de solitude ne fait de mal à personnes [ Dag Larson]
» La chanson qui fait kiffer les geeks
» Un fait surprenant ( suite )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
★ AS YOU WISH :: ─ a dream-
Sauter vers: