AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez | 
 

 The seed of sadness is silence ~ Sid

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
inscription : 03/02/2017
messages : 40
civil status : Ain't nobody got time for that
job, studies : Room maid, house keeper

MessageSujet: The seed of sadness is silence ~ Sid   Dim 5 Fév - 20:57

The seed of sadness is silence

Sid&Jo

Tu marches le long de la rue, ta main dans celle de Trevor qui te raconte sa journée. T’as un vague sourire aux lèvres pendant qu’il te raconte comment il a tenu tête à deux autres enfants à la récré. Tu souris parce que tu sais qu’il ment. Y a trop de détails sur lesquels il insiste, comme le fait qu’ils aient fait au moins deux fois sa taille, ou qu’il leur ait donné un coup de pied retourné, comme Bruce Lee. Tu lèves les yeux au ciel et coule un regard de l’autre côté de la rue, chez les Byers où tu te promets de ne plus jamais laisser trainer Trevor trop longtemps, parce que t’es persuadée que ce film, c’est avec Sid qu’il l’a vu. Tu sais pourtant que tu tiendras pas ta promesse quand tes yeux se posent cette fois sur la ruine qui vous sert de maison. T’as l’estomac qui se contracte, la gorge qui se serre. Tu transpire la peur, l’angoisse, parce que comme tous les soirs, t’es pas certaine de ce que tu vas trouver en rentrant.

L’odeur te soulève brièvement le cœur quand t’ouvres la porte. T’es pas habituée et le premier réflexe de ton corps c’est le rejet, probablement parce que tu sais que ça ne durera pas. « Chouette des gâteaux ! » Tu t’écartes du passage quand Trevor te pousse pour passer même si t’as le réflexe de tendre la main pour le rattraper. Il jette son cartable et sa veste dans le couloir  et se précipite au fond dans la cuisine tandis que tes doigts se referment sur le vide. Tu laisses ton bras retomber le long de tes côtes quand t’aperçois la silhouette de ta mère qui se dessine dans l’encadrement de la porte. Tu croises son regard et elle t’adresse un bref sourire pendant que tu la détailles froidement de haut en bas. Elle a lavé ses cheveux et s’est habillée, une robe jaune, toute simple. Elle a presque l’air humaine comme ça, mais tu vois au-delà des apparences, c’est de la poudre aux yeux. Tu relèves les tiens et tu lis la culpabilité dans les siens. C’est plus présent encore chaque fois qu’elle t’observe depuis qu’elle a enfoncé un couteau dans ta chair. Tu serres les dents et tu rejoins la cuisine toi aussi. « J’ai été à l’épicerie, j’ai fait des cupcakes. »Tu la vois lever la main elle aussi pour caresser tes cheveux, mais t’es soulagée de voir qu’elle arrête son geste avant que t’ai à faire un pas de côté. T’as pas envie, t’as plus envie qu’elle te touche. «Ils sont trop bons Jo, tu devrais y goûter ! » T’aimerais avoir la force de Trevor, celle de pardonner pour une fournée de gâteaux, mais t’en es incapable, parce que tu sais que ça ne durera pas. « Tu devrais pas manger trop de sucre avant le diner Trev’. C’est pas bon pour toi… » T’insiste sur la dernière phrase en lançant un regard à ta mère qui a ouvert la bouche en t’entendant. Tu la met au défi de répliquer quoi que ce soit, d’oser assumer son rôle de mère pour une fois, mais elle soupire et baisse les yeux en se tournant vers le réfrigérateur pour en sortir une bouteille de lait dont elle verse un grand verre à ton frère. « Tiens mon chéri, ça tu en as besoin. » Elle lui caresse la tête et tu souffles, un espèce de rire étouffé, mauvais. T’as envie de lui demander depuis quand elle se soucie de savoir ce dont il a besoin mais à la place t’attrape une boite en plastique sur l’évier dans laquelle tu fourres quelques gâteaux glacés. T’es pas capable de rester là à la regarder jouer la mère parfaite mais t’as pas envie non plus de priver Trevor des rares moments où il peut profiter d’elle. Tu sais pas quand elle retournera s’enfermer dans sa chambre, ni quand elle recommencera à tout casser, mais tu sais que pour ce soir, tout ira bien. T’espère en tout cas. « Je vais chez Sid, sois sage ok babyboy ? » Tu déposes un baiser sur son front et tu le vois l’effacer d’un revers de la main en protestant : « J’ai huit ans Jo, je suis plus un bébé… »Tu te contentes d’un sourire pour toute réponse et tu quittes la maison sans un regard pour ta mère que t’entend parler à Trevor au moment où tu fermes la porte d’entrée derrière toi.

Tu traverses la rue et tu remontes l’allée qui mène chez les Byers. Plus t’avances et plus t’as l’impression de rentrer chez toi. Tu sais qu’une fois que t’auras passé le seuil de sa chambre, tu te sentiras en paix, à la maison. Tu frappes à la porte et t’attends qu’on vienne t’ouvrir. T’espère que Sid est à la maison et que c’est pas le vieux Byers sur qui tu vas tomber. Tu mordilles ton pouce en attendant, puis l’intérieur de ta lèvre inférieure jusqu’à ce que la porte s’ouvre. T’as un soupir de soulagement en croisant les grands yeux bleus de ton voisin. « Cupcakes ! » Tu lances les lèvres pincées dans un sourire forcé en soulevant la boite devant ton nez. Tu sais que t’as pas besoin d’en dire plus. Il connait suffisamment ta dégénérée de mère pour savoir ce que ça signifie.
Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 19/01/2017
messages : 127
civil status : célibataire, qu'il dit. un peu obsédé par la voisine d'en face.
job, studies : étudiant en littérature. il est plus malin qu'on le croit. il bosse dans une maison de retraite à côté de ça, et revend quelques médocs fauchés aux vieux.

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Lun 6 Fév - 18:42


Sid&Jo

Tu te fracasses le dos contre le mur de la cuisine. Tu évites de justesse l’étagère qui se casse la gueule sous l’effet de la secousse. Le contenu se répand sur le sol dans un vacarme assourdissant. Mais t’as pas le temps de t’en préoccuper que déjà, ton père essaie de te coller son poing dans la figure. T’es passé maître dans l’art d’esquiver ses coups. Tu plis tes genoux à la dernière seconde, le poing du paternel terminant sa course contre le mur. Un foutu placoplatre bon marché qui se trou sous la violence du coup porté. Le bras du paternel reste bloqué dans le mur. Lui côté cuisine, l’extrémité de ses doigts désormais côté salon. “T’as pas l’air con maintenant, tiens.” Que tu lâches avec un demi sourire. Il t’insulte, s’évertue à essayer de t’attraper de son seul bras disponible, mais ça ne fait que te faire marrer encore plus. Il a trop bu, encore. Il ne lève la main sur toi et les autres que lorsqu’il a un coup dans le nez. L’alcool ne le rend pas seulement plus con qu’à son habitude, il le rend aussi mauvais. Tu pourrais te contenter de le haïr, et une partie de toi le fait très bien. Mais l’autre a pitié de lui. De ce père complètement largué, de cet homme en dessous de tout. “Laisse moi te filer un coup de main, d’accord?” Que tu lui lâches au bout d’un moment. Il te faut bien cinq minutes pour négocier l’arrêt des coups une fois qu’il aura été délivré. Encore autant pour convaincre ton foutu clébard de lâcher la jambe du paternel. Vicious te défend toujours. Mais en cet instant, il est plus encombrant qu’autre chose. Tu finis par l’enfermer dans le placard sous l’escalier. Tu l’entends encore grogner quand tu reviens à hauteur de ton père. Là, tu prends son bras que tu tires avec force. Le paternel est trop soul pour y arriver tout seul, alors tu y mets assez de force pour deux. Son poing refait le chemin inverse. Le paternel est libéré. Tu le vois qui se retourne et qui lâche quelques phrases imperceptibles que tu soupçonnes être des jurons qui te sont destinés. Tu t’attendais pas à un merci, alors tu hausses les épaules et tu le regarde s’éloigner. Il disparaît dans la cage d’escalier, et tu entends ses pas le guider jusqu’à sa chambre. Il s’écrase sur le lit, et ses ronflements perceptibles depuis le rez de chaussée sonnent comme une délivrance. Te voilà tranquille pour plusieurs heures, à présent.

Ou peut-être moins. T’as à peine le temps de te retourner pour constater les dégâts dans ta cuisine retournée du sol au plafond, que déjà, quelques coups se font entendre à la porte. Tu lâches un soupire agacé. Tu sors de la cuisine, traverse le salon. Rebrousse chemin en entend grogner ton chien oublié dans le placard sous l’escalier. Tu le libères et en guise de représailles pour son séjour au mitard, il te mord le mollet. Tu l’envois valser d’un coup de pompe dans le cul, et tu files vers la porte en boitillant. On ne t’aura rien épargné, aujourd’hui. Mais quand la porte s’ouvre sur le visage angélique de la douce Joséphine, t’as déjà tout oublié de tes dernières emmerdes. Ton sourire en témoigne. Elle met sous ton nez une boite remplie de cupcakes et annonce le tout avec un sourire qui sent le faux. Tu t’effaces pour la laisser rentrer dans le salon. “On est sûrs qu’ils sont comestibles, au moins?” La porte se referme dans un claquement plus bruyant que prévu. Tes nerfs sont encore à vif, on dirait. Mais tu ne craints pas de sortir de son coma le paternel qui dort à l’étage. Avec tout ce qu’il a bu, il est sur sa propre planète, en ce moment. “J’te proposerais bien d’aller dans la cuisine, mais je suis en plein nettoyage de printemps.” Depuis le salon, on aperçoit les vestiges du champ de bataille. Les étagères tombées au sol, leur contenu répandu un peu partout. De la vaisselle brisée, des morceaux du pantalon de ton père que le chien a arraché dans la lutte. Et puis ce foutu trou dans le mur mitoyen qui te saute aux yeux.

Made by Neon Demon

_________________


Dernière édition par Sid Byers le Mar 7 Fév - 1:26, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 03/02/2017
messages : 40
civil status : Ain't nobody got time for that
job, studies : Room maid, house keeper

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Lun 6 Fév - 22:22

T’es bien heureuse de croiser les iris azurées de Sid plutôt que le regard hagard, vitreux de son paternel. Ce type n’a rien à envier à ta mère, et réciproquement. Pas un pour rattraper l’autre. Tu te demandes parfois comment font tous les cas sociaux pour toujours s’agglutiner au même endroit, t’es persuadée que quelque chose les attire tous ici. Probablement les loyers bon marché. La misère attire la misère n’est-ce pas ? Vous avez eu votre lot, toi et les Byers, une double ration. T’ignores ce que vous avez fait dans une autre vie pour mériter tout ça, mais t’es certaine d’une chose, ça a dû être moche. Karma’s a bitch.

T’entre dans la maison sur un haussement d’épaules que t’accompagnes d’un sourire plus franc cette fois. « J’suppose, Trevor s’en est envoyé une bonne douzaine et il était encore vivant quand j’suis sortie de la maison… » T’es tentée l’espace d’un instant de rebrousser chemin pour t’assurer que c’est toujours le cas. Tu regrettes presque de pas l’avoir emmené avec toi, tu sais que ça aurait pas dérangé Sid, mais même si t’es jamais rassurée de le laisser avec Simone, tu tiens à ce qu’il passe du temps avec elle tant qu’il en est encore temps. Tant qu’il n’en est pas, comme toi, réduit à la détester. Puis t’as besoin de temps pour toi aussi. De relâcher la pression. Tu te tournes vers Sid quand il claque la porte un peu trop fort et tes yeux s’attardent sur le désordre dans la cuisine. T’arrives juste après la guerre semble-t-il. « T’aurais dû m’appeler, j’t’aurais fait un prix d’amis… » Tu dédramatises sans poser de question. C’est ce que t’aimes dans le fait de trainer avec Sid. Vous avez pas à vous expliquer, à justifier ou à cacher le comportement de vos géniteurs, parce que vous savez l’un comme l’autre avec quel genre d’énergumènes vous partagez vos vies. Pas de pitié entre vous.

Tu fais quelques pas dans le salon et tu te laisses tomber dans le canapé défoncé tout en jetant la boite de cupcakes sur la table basse. Tu te penches pour en récupérer un et tu commences à enlever l’emballage en papier autour. Elle a même pensé à ces foutues caissettes… Tu t’appliques à tout enlever et tu déposes l’emballage sur la table avant de porter ton pouce à tes lèvres pour sucer le glaçage encore un peu humide qui poisse tes doigts. Tes yeux clairs se posent sur le trou dans le mur en face, impossible à manquer. Y en a un presque identique chez toi. Une œuvre de ta mère que t’as camouflé avec le calendrier chinois offert par le traiteur du coin à l’occasion d’une commande pour l’anniversaire de Trevor. Il a quelques années de retard mais tu t’en fiches. Tu préfères rester coincée dans l’année du singe éternellement plutôt que d’avoir à supporter l’impact du cendrier qu’elle t’a balancé à la gueule jusqu’à la fin de tes jours. « Sympa la nouvelle déco. Tu souffle en indiquant le mur d’un geste du menton. C’est très américain comme concept, la cuisine ouverte. » T’esquisse un sourire malin, amusée par tes propres paroles. T’es soulagée en réalité, que ce ne soit pas la belle gueule de Sid qui soit défoncée. T’es pas sure que le vide entre les deux yeux lui aille aussi bien. Tu détaches un morceau de gâteau et tu le fourre entre tes lèvres en attendant que Sid vienne s’installer lui aussi. Le sucre fond sur ta langue et l’espace d’un instant tu regrettes que les jours avec soient moins nombreux que les jours sans. Ton estomac pourrait très vite se faire à ce genre de traitements. Tu sais pourtant que ça ne durera pas, alors tu savoures le bonheur éphémère. Vicious s’approche de toi, et tu décroches un autre morceau de génoise que tu lui donne avant d’en prendre un deuxième pour toi. Le canapé s’affaisse un peu plus quand ton voisin se laisse tomber à tes côtés lui aussi et t’en profite pour faire valser tes rangers jamais lacées et pivoter. Les jambes repliées sur l’assise, tu t’allonges sur le dos, la tête sur les genoux de Sid et tu laisses échapper un soupir d’aise. « T’es aussi confortable qu’un bout de bois… Tu lances en tendant le bras vers la table basse pour récupérer la boite de gâteaux que tu poses sur ton ventre où elle se soulève au rythme lent de ta respiration. Tiens, mange! »
Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 19/01/2017
messages : 127
civil status : célibataire, qu'il dit. un peu obsédé par la voisine d'en face.
job, studies : étudiant en littérature. il est plus malin qu'on le croit. il bosse dans une maison de retraite à côté de ça, et revend quelques médocs fauchés aux vieux.

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Mar 7 Fév - 2:20


Sid&Jo

Elle a le don de dédramatiser même les pires situations. En l’entendant, tu ris de bon coeur. La colère de l’instant d’avant qui retombe comme un soufflet tandis qu’elle prend ses aises dans le salon. Tu la laisses faire, tu restes en arrière. Tu l’osberves sans un bruit. Ici, elle est chez elle. Libre d’aller et venir à sa guise. Elle frappe encore à la porte, alors que tu es à peu près sûr de lui avoir refilé les clefs il y a quelques années. C’est comme ta soeur, ta femme, ta colocataire. Tu sais pas trop ce qu’elle est, mais tu sais que lorsqu’elle est là, tu as le coeur plus léger. Avec le frangin parti, il ne reste plus beaucoup de raison d’apprécier ce taudit. En fait, tu peux les compter sur les doigts de la main. Ta soeur, Josephine, et Trevor. Trois, ça pourrait sembler peu. Mais ces raisons là valent tous les palaces du monde. D’un geste de la tête, elle désigne le mur fraîchement refait aux poings. Tu lâches une grimace qu’elle ne peut pas voir, un air de lassitude planté sur le visage. Tu dis rien, t’as pas besoin. Elle connait le responsable. Elle l’a déjà vu dans ses oeuvres. Tout comme tu as déjà vu la terreur dans les siennes. Parfois, les soirs d’été, quand tu fumes ta clope sur les marches de l’entrée, tu l’entends hurler des paroles insensées. Tu crois reconnaître les mêmes cris emplis de hargne que ceux que ton père pousse parfois. Tu fais signe à Trevor de traverser la rue. Et tu lui racontes des histoires de héros et de voyages impossibles pendant que sa soeur tente de calmer le jeu. C’est comme ça, entre vous. Il y a bien longtemps que vous n’avez plus besoin de demander quoi que ce soit.

Doucement, tu t’avances, un œil sur le trou dans le mur qu’elle arrive presque à rendre plus supportable. “J’hésitais entre m’acheter une paire de pompes ou me payer un bouquin pour les cours.” Le ton est amer, t’as du mal à le cacher… “La question se pose plus, maintenant.” Tu soupires. T’es rendu devant le canapé, où tu te laisses tomber de tout ton poids. Encore un truc qu’il t’aurait fallu changer il y a bien longtemps. Mais avec l’argent de ton père dilapidé dans l’alcool et le fait que tu refuses à ta sœur d’avancer la moindre dépense, t’as pas trop le choix. L’argent, y’a que toi qui le rapporte. Ta bourse, ton boulot à la maison de retraite, et tes combines à la con. Tu fais ce que tu peux pour boucler les fins de mois en essayant de mettre un peu d’argent de côté. Avec ce genre de conneries, tu seras riche quand tu seras mort. Tu poses ta tête contre le haut du canapé et tu la regardes s’installer, la tête sur tes genoux. L’espace d’un instant, le chien semble vouloir vous rejoindre. Et puis ton regard croise le sien, et il te sait encore fâché. Alors il abdique, et file se coucher sous la table basse. Quand Jo se pose, tu laisses retomber ton bras au dessus de sa poitrine, l’autre posé sur l’accoudoir. “Comment tu peux le savoir, t’as quinze centimètres d'épaisseur de cheveux entre ton crâne et ma cuisse.” Que tu lui sors d’un ton moqueur. Elle est belle, Jo. Si elle n’avait pas autant d’emmerdes dans sa vie, elle aurait sûrement rencontré un mec qui lui aurait vite collé la bague au doigt. Au lieu de ça, elle s’est condamnée à rester seule. Pour elle, pour Trevor. Certainement pas pour celle qui lui gâche chaque parcelle de bonheur. Comme si tu compatissais à son malheur, tu laisses ton pouce se promener sur sa clavicule dans un léger mouvement de balancier. Comme une caresse, tu l’effleure à peine. Cette proximité, tu n’y prêtes même plus attention. Tu t’arrêtes, pourtant. Mais pas par gêne, non. C’est la faim qui t’appelle. Lorsqu’elle pose la boite de cupcakes sur son ventre, tu en saisis un que tu passes à ton autre main. Ton bras gauche reprend sa position initiale, sur Jo, tandis que tu t’affaisses un peu plus sur le canapé pour monter tes cannes sur le rebord de la table basse. Tu mords dans le glaçage du gâteau, un soupire de contentement s’échappant de ta bouche alors que tu savoures ta première bouchée. “Pas dégueu” que tu sors avec tout le sérieux d’un critique culinaire. Ton mouvement du pouce reprend doucement, alors que tu t’en retournes à tes rêveries. A l’étage, t’entends les ronflements du père qui viennent rompre le silence qui s’est installé entre vous. C’est tout ce qu’il vous faut, à vous, plantés là dans ce canapé. Un bref moment de quiétude, un simple instant de paix dans vos vies bordéliques. Tu dis rien, parce que toute parole serait superflue. Parce qu’elle ne vient pas là pour entendre quelques banalités sur la météo, mais pour fuir le chaos. Et tu lui tends les bras, parce qu’elle est pour toi ce que tu es pour elle: un moment d’évasion. Tu croques de nouveau dans ton cupcake, le regard perdu sur les motifs du papier peint devant toi. “Y’a des jours où j’me dis qu’on devrait vous faire venir ici, le p’tit et toi. Et envoyer mon père vivre avec ta mère.” Ouais, vous seriez bien, comme ça. Les bons avec les bons, les mauvais avec les mauvais. Vous vous en sortiriez pas trop mal, tous les quatre. En face, ils finiraient par se monter dessus. Soit pour baiser, soit pour se cogner. T’en sais trop rien, mais faut pas être devin pour savoir que ça finirait mal. T’avales le reste de ton gâteau et tu fais une boulette avec le papier qui l’entourait. Tu la balances vers la boîte sur le ventre de Jo, et tu loupes ta cible de peu. “Merde” que tu lâches, alors que Vicious se précipite déjà pour avaler la boulette à peine au sol. Tu reposes ta tête contre le dossier du canapé, l’air rêveur à nouveau. Tu te prends à imaginer un monde où vous n’auriez plus à jouer les rôles de vos parents.


Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 03/02/2017
messages : 40
civil status : Ain't nobody got time for that
job, studies : Room maid, house keeper

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Mar 7 Fév - 21:15

T’essaie de faire rire Sid, mais finalement, c’est toi qui perd ton sourire. T’exècre le père Byers presque autant que ta propre mère. T’arrives pas à concevoir qu’on puisse se complaire dans son malheur et le projeter sur les autres. Tout ce que ces deux-là touchent, ils le détruisent. Tu te demandes parfois comment des gamins comme ceux que vous étiez, comme ceux que vous êtes encore au fond, ont réussis à être aussi équilibrés en étant élevés par des fous, des ivrognes. Votre équilibre est tout relatif au fond, mais vous essayez de le maintenir en vous serrant les coudes les uns les autres. Tu sais que tu n’en serais pas là sans les Byers, surtout sans Sid, sans Trevor. Sans eux, tu te serais probablement laissé envelopper par la folie de ta mère. Tu l’aurais embrassée jusqu’à ce qu’elle te dévore toi aussi, à condition que Simone ne t’ai pas tuée avant.

Tu serres les dents quand Sid te parle de ses projets avortés par ce trou béant dans le mur. Tu sais tous les efforts qu’il fournit pour que cette baraque tourne un tant soit peu rond, pour que sa sœur soit à l’abri du besoin et puisse vivre correctement sans avoir à mettre elle aussi ses études entre parenthèses. Tu sais à quel point il se donne pour les autres et ça te bouffe, de voir que son père a encore tout balayé d’un revers de la main. D’un putain de coup de poing dans le mur. Tu te mords l’intérieur de la joue et tu gardes pour toi les noms d’oiseaux qui fleurissent dans ton esprit à propos de la loque ivre morte que t’entends ronfler depuis l’étage. Ca soulagera pas Sid de te voir t’énerver, ça l’aidera pas de te lamenter sur son sort alors tu te contentes de prier silencieusement pour que son vieux crève étouffé par ses remords et qu’il emporte ta mère avec lui dans la foulée. D’une pierre deux coups. Y’en a tellement plus que t’aimerais donner, des coups… Tu soupire et tu te mets à ton aise, empiétant largement dans l’espace personnel de Sid, ta tête installée sur ses genoux, tu le taquines et tu retrouves le sourire. T’arrive rarement à te sentir fâchée très longtemps en sa compagnie, il t’apaise, chasse tes soucis d’un simple sourire, ou d’une vanne idiote comme celle qu’il vient de te balancer et qui t’arrache un petit rire. « Dixit le type qui se ballade avec un nid d’oiseau sur la tête! » tu répliques sur le même ton que lui en ébouriffant sa tignasse mal coiffée de la main gauche. Tu souris et t’attrape les gâteaux sur la table pour qu’il en profite lui aussi. Aucune raison qu’il n’ait à subir que les mauvais côtés de ta mère.

Silencieuse, tu régules le rythme de ta respiration pour éviter de trop faire balancer la boite sur ventre. T’as pas envie que tout se casse la gueule et que le chien s’offre un festin de votre goûter improvisé. C’est difficile pourtant, de ne pas respirer sensiblement plus fort quand tu sens le pouce de Sid caresser ta clavicule en douceur. T’as l’estomac qui se contracte. Tu pourrais accuser les gâteaux mais si t’as pas de scrupule à mentir au monde entier, t’as plus de mal avec toi-même. Tu sais que c’est pas le glaçage bon marché qui te perturbe mais le contact de son doigt sur ton os saillant. Une caresse qui au-delà du confort physique qu’elle te procure, te donne l’impression que Sid essaye de creuser un sillon dans ta chair, se frayer un chemin jusqu’à ton cœur.
Tu sais plus vraiment quand t’as commencé à accorder de l’importance à ces petits gestes affectueux. T’as l’impression qu’ils ont toujours été là, discrets. Que vous avez toujours étés tactiles l’un envers l’autre, distribuant chacun à votre manière la tendresse que vous n’avez jamais reçu. Tu sais juste que plus Sid te touche, moins t’as envie qu’il s’arrête. Et ça t’fais flipper. Parce qu’il est ton ami –le meilleur, probablement le seul vrai-, ton voisin, ton frère, ton échappatoire, et t’es pas prête à sacrifier tout ça, pour quoi ? L’amour ça corromps tout.

Il rompt le contact pour prendre un gâteau et tu l’imites pour t’occuper les mains et l’esprit. Tu dépiaute une partie du papier et tu coupes un morceau de génoise que tu fourres entre tes lèvres que tu refermes sur ton pouce pour en ôter encore le sucre du glaçage, incapable de manger ces cochonneries sans t’en foutre partout. T’acquiesce quand Sid commente. Dans toute son imperfection, ta mère arrive quand même à faire encore quelques trucs biens. En l’occurrence, quand tout va bien, c’est un vrai cordon bleu. Dommage que les cris soient plus souvent de mise chez toi. C’est probablement pour ça que le silence qui retombe ne t’ennuie pas. Tu laisses le gâteau fondre sur ta langue et tu prends une inspiration profonde quand le pouce de ton voisin reprend ses vas-et-viens. T’aurais presque envie de fermer les yeux et ronronner de plaisir, mais tu t’abstiens, tu t’contentes d’observer le plafond au-dessus de toi, les ronflements du père Byers en bruit de fond.

Un petit rire étouffé franchit tes lèvres quand Sid reprend la parole et que t’imagines la scène. Vous seriez heureux c’est sûr, mais tu donnes pas cher de la peau de vos deux parents. « Ils picoleraient jusqu’à plus soif et s’entre-tueraient une fois qu’ils auraient vidé la dernière bouteille. C’est Trevor qui serait content il aurait plus à traverser pour venir jouer à la console… » Tu soulèves la tête pour passer ton bras gauche entre la cuisse de Sid et toi et tu suis la boulette de papier des yeux jusque sur le sol où Vicious se jette dessus, tout morfale qu’il est. « J’en connais un qui va chier des confettis… » Tu ris et ton rire s’éternise quand tu repenses au vieux McAllistair à qui t’as joué un sale tour en partant ce soir. « D’ailleurs, j’crois que le vieux pervers pour qui je bosse va passer un sale quart d’heure lui aussi ce soir… Très utiles, les laxatifs que tu m’as filé l’autre fois ». Si t’apprécie le contact de Sid, celui du vieux Ben te dégoute, tu supportes plus son regard sur toi, encore moins ses mains qui trainent, mais il est bon payeur, alors tu continues d’aller nettoyer son taudit.

Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 19/01/2017
messages : 127
civil status : célibataire, qu'il dit. un peu obsédé par la voisine d'en face.
job, studies : étudiant en littérature. il est plus malin qu'on le croit. il bosse dans une maison de retraite à côté de ça, et revend quelques médocs fauchés aux vieux.

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Ven 10 Fév - 18:14


Sid&Jo

C’que tu donnerais, pour que ce moment puisse s’étirer à l’infini… Vous êtes bien, là. Juste vous deux, loin du tumulte, des responsabilités. T’as pas envie que ce moment s’arrête, mais t’es pas capable de le savourer totalement. Justement parce que tu sais qu’il a une fin. La tête sur le dossier de canapé, tu rêves à des lendemains meilleurs, mais t’as passé l’âge d’y croire vraiment. Tu fais des études dans l’espoir de te tirer d’ici. Mais trop de choses te retiennent ici. La soeur, le frère, les potes. T’es pas fait pour la belle vie, toi. Les gens que tu vois défiler à l’université, t’es certainement aussi malin qu’eux. Plus, peut-être. Mais tu seras jamais leur égal. Parce que tu respires le quartier Est. Que sans lui, t’aurais pas Jo, pas Trevor. Ta vie, elle est merdique. Mais pour de précieux instants comme celui-ci, toi, elle, et quelques minutes loin du monde, t’as pas envie de la troquer pour une autre. Alors tu fermes les yeux, tu l’écoute. Tu lui réponds d’un rire léger. Tu vois derrière tes yeux clos la scène qu’elle te dépeint. T’as presque envie de faire un essai, quand même. Tu commences à étouffer, ici. T’es prêt à parier qu’elle vit la même chose de l’autre côté de la rue. Pire, même. Si elle reste, c’est pour un gosse. Toi, t’as l’avantage de partager ton bordel avec d’autres adultes. Elle n’a pas cette chance, Jo. Comme si tu tentais de faire passer ta compassion par ta seule marque d’affection, tu accentues encore un peu plus le contact de ton pouce sur sa peau délicate. Tu t’apprêtes à lui répondre, du même ton moqueur que précédemment. Mais tu préfères la suivre du regard alors qu’elle bouge son bras entre ta cuisse et elle.

Tu sais pas depuis quand tu la regardes avec ces yeux là. Cet intérêt prononcé, cette jalousie quand tu la vois avec un autre que toi. T’es pas amoureux, non. T’es pas comme ça, toi. Tu t’es promis de jamais l’être. Trop décevant, trop cruel. Et tu sais qu’elle ne l’est pas non plus. T’as juste peur de la perdre pour un autre qui saurait pas la comprendre comme toi t’en es capable. Ouais, c’est ça. Tu veux ce qu’il y a de mieux pour elle, mais tu veux pas la lâcher. T’es qu’un égoïste, au final. Dans ton sang coule bien celui de ta mère. T’as hérité de ses tares, enfoiré. C’est peut-être pour ça que tu t’interdis d’aimer… Parce que tu sais d’avance que tu es prédisposé pour faire souffrir les autres. Vicious se jette sur la boulette en papier comme un mort de faim. Ca amuse Jo. Toi, beaucoup moins. Ce clébard aura ta peau, un jour. “Si c’est le cas, j’espère que le prix d’amis tiendra toujours…” Il con, ce chien. Mais moi avec toi qu’avec les autres, alors tu peux pas t’empêcher de bien l’aimer. Tu le vois s’éloigner, tout fier de lui, et visiblement convaincu qu’à trop traîner près de toi, il peut se ramasser un nouveau coup de pied. Il file, direction la cuisine. Tu lâches un juron, déjà conscient du merdier qu’il va coller dans la pièce d’à côté. “J’devrais peut-être aller ranger la cuisine, avant qu’il nous saccage le peu de choses qu’il nous reste en état de servir.” T’as même pas l’air énervé. T’es tellement habitué à ce genre de chose que tu prends tout avec philosophie. Ou lassitude, tu ne sais plus vraiment. La raison pour laquelle tu t’es avachi dans ce canapé, c’était pour être avec Jo. Tu voulais pas lui infliger le spectacle de ta cuisine en morceaux, pas quand elle débarquait avec ce sourire si joyeux. C’est trop rare qu’elle est un moment à elle. Bien trop pour que ça soit toi qui l’emmerde avec tes problèmes. Mais là, avec Vicious en liberté, tu songes à réécrire le scénario. Tu t’accordes deux minutes pour y penser, assis à ses côtés, juste un instant de plus. Jo, elle enchaîne. Tu penses au vieux pour qui elle bosse. Tu l’imagines, la scène qu’elle te dessine. Bien fait pour sa gueule, que tu penses. “J’te l’ai déjà dit. J’peux m’en occuper, du vieux. Il saura pas que ça vient de toi.” C’est comme ça qu’on arrange les choses, chez les Byers. Avec des coups de putes et des coups de poings. Pour elle, tu pourrais refaire autant de portraits qu’il le faudrait. Tu voudrais juste écarter de sa route toutes les emmerdes qui lui tombent dessus. Pour sa mère, tu peux rien faire. Mais pour le reste, tu voudrais juste qu’elle t’en laisse l’occasion. Tu rompt le contact entre sa peau et ton doigt, et tu montes ta main jusqu’à sa joue. Tu la poses dessus, doucement. De tes yeux, tu cherches à capter les siens, et le plus sérieusement du monde, tu poursuis. “A quoi ça sert qu’on soit amis, si j’peux pas faire ça pour toi?” Tu voudrais qu’elle t’explique encore une fois ce besoin de tout faire toute seule. Parce que t’as beau faire pareil de ton côté, tu voudrais juste aider. T’as conscience du sérieux de la situation. Alors plutôt que d’attendre une réponse, tu glisses ta main derrière sa tête, et tu te relèves en la déposant sur le canapé. “Tu sais quoi, laisse tomber. C’est con, ce que j’dis.” T’es debout de toute ta hauteur face à elle. Une main dans ta chevelure, à l’arrière de ton crâne. T’as l’air un peu paumé, même au milieu de ton propre salon. “J’vais... J'vais à la cuisine.” Tu la laisses derrière toi, et tu passes dans la pièce suivante. A peine entré, tu marches sur de la vaisselle brisée. T’avais besoin de personne, pour interrompre ton moment de paix. Tu l’as détruit tout seul.


Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 03/02/2017
messages : 40
civil status : Ain't nobody got time for that
job, studies : Room maid, house keeper

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Sam 11 Fév - 0:04

Les yeux dans le vague, apaisée par la caresse de Sid presque autant qu’elle te torture, tu t’autorise à rêver à une vie avec lui, avec eux. Avec Sadie et Trevor. Tu penses au plaisir que t’aurais à passer des journées entières allongée sur ce canapé comme maintenant, la tête sur ses genoux à laisser le temps couler sur vous pendant que le reste du monde continuerait à tourner, pas tout à fait rond. Tu penses au soulagement que ça serait, de rentrer tous les soirs sans avoir peur de ce qui t’attends à la maison, parce que les seuls cris que t’entendrais en poussant la porte, ce serait ceux de joie des deux garçons installés devant la console. T’entends presque les éclats de rire de Trevor sous les chatouilles de Sid dans ta tête, et ça t’arrache un sourire rêveur pendant que tu passes ton bras sous ta tête. Tu sens la chaleur du corps de Sid à travers son jean et tu te fais violence pour ne pas laisser toi aussi tes doigts se mettre en mouvement contre le tissu qui recouvre sa cuisse. A la place, tu les glisses dans tes boucles épaisses que t’entortille autour de ton index et tu t’intéresses à Vicious qui s’éloigne conscient de sa connerie sous ton regard amusé.

Tu relèves les yeux vers Sid quand il te parle et cette fois, c’est à lui que tu souris en hochant positivement la tête. « Evidemment… » Tu ferais n’importe quoi pour lui, tout comme tu sais que la réciproque est totalement vraie. C’est comme ça que ça a toujours fonctionné entre vous, comme ça que ça fonctionnera toujours. Tu l’espères du moins. Tu redoutes le jour où il décidera enfin qu’il vaut mieux que ce quartier minable, parce qu’il est plus intelligent que toute sa population réunie et qu’il a le potentiel pour réussir. Le jour où une cirrhose ou une hépatite emportera son père et où Sadie s’émancipera elle aussi de tout ce merdier. Le jour où il deviendra prof et où il transmettra son amour pour la littérature à des gamins paumés avec la même vigueur, la même passion vibrante que Robin Williams dans  Le cercle des poètes disparus. Le jour où plus rien le retiendra ici, pas même toi. Parce que tu comptes pas le retenir le jour où ça arrivera, et ça arrivera. Alors en attendant, tu profites de sa présence. Tu bouges pas d’un pouce quand il parle d’aller ranger la cuisine, tu fais durer  égoïstement ce moment de quiétude pendant que son pouce continue de glisser sur ta peau.

Tu lui parles de McAllistair, du laxatif que t’a écrasé dans le café que tu lui as servis avant de partir et pour lequel il t’a remercié en te collant une main au cul. T’oses même pas imaginer l’état du sien quand il sortira enfin des toilettes. Ca en valait la peine, même si tu dois passer la journée à  récurer les chiottes de ce vieux dégueulasse à ta prochaine visite. Tu claques la langue contre tes dents et tu commences à secouer la tête quand Sid te propose encore de régler cette histoire pour toi mais t’as pas le temps d’ajouter quoi que ce soit que sa main délaisse ta clavicule pour se poser en douceur sur ta joue. Il cherche ton regard et t’es bien contente que ses doigts se soient éloignés de ta poitrine quand il le trouve. Autrement, t’es presque certaine qu’il aurait pu sentir ton cœur se jeter contre tes côtes comme un forcené en cage. Tout l’air de tes poumons s’échappe d’entre tes lèvres dans un souffle, et t’as le réflexe stupide d’y passer ta langue humide avant de détourner les yeux quand il se dégage pour se lever. Tu déglutis difficilement et tu te redresses sur les coudes. Tes lèvres s’entre-ouvrent pour lui demander de rester, lui donner une explication à ton refus de le voir t’aider, mais les mots se perdent dans ta gorge. « Ok… » tu te contentes de souffler alors qu’il s’éloigne déjà vers la cuisine. T’entends le verre et la céramique qui crissent sous ses pieds et tu te laisses retomber sur le canapé dans un soupir, mélange d’agacement, contre toi-même, et de frustration. Tu te fustige mentalement pour ces réactions de ton corps que tu ne contrôle pas, pour les pensées qui te traversent l’esprit quand t’es avec Sid. Alors que c’est Sid putain, c’est comme ton frère ! Cette fois c’est sur tes yeux que ton avant-bras se pose et tu te contentes de rester là quelques secondes avant de passer tes deux mains sur ton visage pour chasser la fatigue et la lassitude. T’as l’impression que les moments de répit comme ceux-là ne durent jamais. C’est quoi ton problème putain, Jo ?

Tu prends une inspiration profonde et tu te redresses pour de bon pour récupérer tes chaussures. Tu refuses que Sid t’aides, qu’il se salisse les mains pour toi ; il en fait déjà bien assez, mais t’es pas non plus d’accord pour qu’il ramasse le merdier de son père tout seul. Tu glisses tes pieds dans tes rangers et tu traverses le salon pour le rejoindre à la cuisine. Tu te mords l’intérieur de la joue quand tu l’aperçois accroupi au milieu des débris et tu fais quelques pas avant de t’agenouiller toi aussi pour ramasser les piles d’assiettes brisées. Tu jettes un regard vers lui et tu lui adresses un sourire quand tu croises le sien. « T’en fais pas, la première fois est toujours gratuite… » Tu dis avec un nouveau sourire, même si lui comme toi savez pertinemment que c’est pas la première fois, ni la dernière…T’entasse les morceaux dans ta main gauche en silence, tu te retiens de soupirer à chaque assiette que tu reconstitue. C’est un beau gâchis, un de plus. Tu glisses les morceaux dans le sac poubelle et t’entends Sid grogner à côté de toi pendant qu’il secoue son index ensanglanté. Tu lâches le sac et sans même y réfléchir, t’attrape son doigt et tu le glisses entre tes lèvres pour faire pression avec ta langue sur la coupure. C’est loin d’être un réflexe de professionnelle, on croirait jamais que t’as fait deux ans d’école d’infirmière à te voir faire. C’est un instinct purement animal qui t'anime, la fibre maternelle. L’habitude.
Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 19/01/2017
messages : 127
civil status : célibataire, qu'il dit. un peu obsédé par la voisine d'en face.
job, studies : étudiant en littérature. il est plus malin qu'on le croit. il bosse dans une maison de retraite à côté de ça, et revend quelques médocs fauchés aux vieux.

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Mer 22 Fév - 16:01


Sid&Jo

T’as presque envie de te filer des claques. De remonter le temps juste quelques instants, juste assez pour la fermer. C’était si dur, vraiment? De garder pour toi ce que tu avais en tête, de ne pas une fois de plus lancer un froid dans l’une de vos conversations? Elle le sait, Jo. Que tu pourrais décrocher la lune si elle te le demandait. Pas par amour, ou pour une connerie du genre. Mais parce que c’est comme ça. Que t’as pour elle une tendresse que peu font naître chez toi. Tu sais pas trop quels mots mettre sur les sentiments qu’elle t’évoque. Le plus évident est aussi celui que tu chasses le plus. Alors tu dis rien, t’évite de trop y penser. Un peu comme tu aurais du le faire à l’instant, plutôt que de l’ouvrir comme tu l’as fait. Tu commences à te baisser pour ramasser les débris de vaisselle cassée. T’as la tête ailleurs, tu veux bien l’admettre. Tu les attrapes avec imprudence. Et lorsque Jo vient te rejoindre, tu lui renvois son sourire. Il suffit de changer de pièce pour que tout soit oublié. Pas un mot sur la conversation précédente. Juste un sourire, et un coup de main que tu acceptes sans broncher. Elle a beau dire que c’est une première, vous savez tous les deux que c’est faux. Elle a nettoyé le bordel du paternel aussi souvent qu’aucun autre Byers. T’as aidé chez les Sinclair plus de fois que tu ne saurais le compter, toi aussi. Vous vous serrez les coudes depuis si longtemps que tu ne saurais même pas mettre une date au début de cette amitié. Tu ne relèves pas. Pas besoin. Tu préfères continuer ta tâche en silence, seulement brisé par les débris qui s’entrechoquent. Jusqu’à ce que tu passes ton index sur le coin tranchant de ce qui était jadis un verre à bière. “Putain de merde” que tu lâches sans prévenir. Tu balances le bris de verre et une grimace prend place sur ton visage. T’as l’impression de sentir ton coeur battre jusqu’à l’extrémité de ton doigt, brusquement rougit par le sang. Tu commences déjà à chercher du coin de l’oeil un torchon de cuisine pour passer tout autour de ta blessure. Mais Jo est plus rapide. Peut-être que ce sont ses brèves études d’infirmière qui la rendent soudainement plus à son avantage que toi. Mais tu la vois attraper ta main et porter ton doigt à sa bouche. Brusquement, t’oublie la douleur. C’est le rire qui prend sa place. Un rire puissant, surpris, troublé. Tu l’imaginais tout faire, sauf ça. “C’est peut-être pas un mal que tu sois pas infirmière, au final.” Que tu balances quand ton éclat de rire s’apaise enfin. Et puis tu réalises cette proximité entre vous. D’accord, elle a toujours été là. Des gestes tendres qui entretiennent l’équivoque chez ceux qui ne vous connaissent pas. Mais là, tu dois bien t’avouer que t’en es le premier surpris. “J’peux récupérer mon doigt?” Que tu demande doucement. Sans vraiment attendre la réponse, tu retires ta main d’entre les siennes, et tu portes le premier bout de tissu que tu trouves près de toi jusqu’à ton doigt. Quand t’as fini ton petit manège, tu te retrouves avec une énorme compresse ridicule. T’as pas le courage de chercher des pansements dans la pharmacie de la salle de bain du haut. T’es même pas certain qu’il en reste. Tu ne dis rien à propos de ton doigt coincé dans sa compresse de fortune, et tu jettes un oeil autour de toi. Tu lâches un soupire qui en dit long sur ta lassitude. “Tu peux me dire pourquoi on fait tout ça?” Tu te relèves, colle un coup de pied dans une casserole qui s’en va voltiger à l’autre bout de la pièce. T’en viens à penser à Sadie, et t’espère qu’elle ne rentrera pas tout de suite. T’as pas envie qu’elle voit ça, encore. Qu’elle assiste au triste spectacle de la maison Byers. T’as bien assez de Joséphine, en cet instant. T’aurais voulu que personne sonne. Que cette foutue journée soit juste entre toi et le paternel. T’as plus le courage de tenir comme ça bien longtemps. De veiller sur les uns, de bouger le cul des autres. Sadie, Jo, Trevor. Ton père. Autant de personnes qui ne t’ont rien demandé, mais que tu te sens obligé de protéger. Et voilà où ça te mène. Dans une cuisine en ruine avec un doigt entaillé par ta propre négligence. Y’a des jours où tu te demandes pourquoi tu essaye encore de colmater les brèches. Pourquoi tu raserais pas tout pour repartir de zéro. Et puis tu vois ta soeur. Ou Jo. Et tu te vois pas ailleurs qu’avec elles.



Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
inscription : 03/02/2017
messages : 40
civil status : Ain't nobody got time for that
job, studies : Room maid, house keeper

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   Mer 22 Fév - 22:14

Tu sens le goût métallique de son sang dans ta bouche, les reliefs que sa coupure superficielle sur ta langue que t’appuie malgré tout sur sa chair pour arrêter le flux sanguin. T’es concentrée sur ta tache, comme si la vie de ton voisin en dépendait, mais le rire de Sid te rappelle à la réalité. T’esquisse un sourire toi aussi, un rire à peine plus audible qu’un souffle s’échappe de tes lèvres qui restent pressées sur son doigt. Tu relâches la pression quand il dégage sa main de la tienne et tu hoches la tête en détournant le regard dans un geste que t’espère naturel. Un nouveau sourire étire tes traits, gêné, crispé. « Désolée, Trevor passe son temps à se blesser… Les mauvaises habitudes sont les plus dures à tuer… » Tu glisses tes mains dont tu sais plus vraiment quoi faire depuis qu’il t’as retiré la sienne dans les poches arrières de ton jean et tu te laisses tomber en appui sur les genoux au milieu des gravats. Tu suis Sid des yeux pendant qu’il emballe son doigt dans un bout de tissus sale et t’es tentée l’espace de quelques secondes de protester sur le manque d’hygiène de la pratique. T’ouvre la bouche en ce sens mais tu te ravises à la dernière seconde. Vu la méthode que t’as utilisé pour arrêter l’épanchement sanguin, tu t’estimes plutôt mal placée pour critiquer son pansement de fortune. A la place, tu coinces ta lèvre inférieure entre tes dents et tu parcours la pièce du regard jusqu’à ce que tes iris clairs se posent à nouveau sur Sid. Tu resserres la pression de tes dents sur ta chair qui blanchit légèrement quand tu l’entends soupirer et pester et tu soupire à ton tour quand il envoie valser une casserole à travers la cuisine. Tu t’appuies sur tes genoux et tu te relèves toi aussi. T’as envie de poser une main compatissante sur son épaule, de le prendre dans tes bras et de l’y garder jusqu’à ce que la colère et la frustration le quittent, mais tu sais qu’il n’apprécierait pas. Tu le sais parce que vous avez été faits sur le même moule tous les deux et que la pitié ne vous atteint pas. A la place, tu te diriges vers l’évier et t’attrape le paquet de clopes qui traine sur le comptoir sur lequel tu te hisses pour t’asseoir. « M’demande pas pourquoi. Demande-moi pour qui, là j’pourrais te répondre. » Tu souffles en sortant une cigarette du paquet que tu glisses entre tes lèvres. La réponse à cette question-là, t’as même pas besoin d’y réfléchir. Sadie, Trevor. C’est pour eux que toi et Sid vous ramassez les pots cassés. Pour que la vie leur paraisse moins merdique. Tu sais qu’ils sont pas dupes, même ton frère du haut de ses huit ans sait que quelque chose cloche dans vos familles, mais tu te rassures en te disant que vous parvenez quand même à les préserver un minimum. T’en a la preuve quand tu surprends encore Trevor à jouer innocemment avec ses petites voitures. C’est plus difficile de savoir avec Sadie, mais vous faites de votre mieux, c’est déjà ça. T’allumes la cigarette et t’inspire une longue bouffée de nicotine que tu captures quelques secondes dans tes poumons avant de l’expirer, la tête rejetée en l’air pendant que tu donnes un petit coup de pied dans la cuisse de Sid pour attirer son attention. « Tiens… » Tu souffles en expirant les dernières volutes de fumée pendant que tu lui tends la clope du bout des doigts. Sa clope. « Au fait, c’est toi qu’a montré Bruce Lee à Trevor ? Il se prend pour karaté kid maintenant. » Tu souris en repensant à la façon dont il t’a mimé sa bagarre avec ces deux prétendus gamins et tu descends du plan de travail pour reprendre le rangement de la cuisine là où vous l’avez laissé. Tu te penches pour ramasser le sac poubelle et t’y fourres quelques débris en plus tout en relevant la tête vers Sid vers qui tu pointe un doigt accusateur auquel ton sourire amusé fait perdre toute crédibilité. « J’te jure que si il a des ennuis pour avoir joué les marioles, c’est à toi que je viendrais botter le cul Byers ! » Que t’ajoutes en riant avant de te redresser, sac poubelle en main, pour venir prendre la cigarette qu’il a coincée entre ses lèvres et la porter aux tiennes. Tu tires une latte, et tu la lui rends avant de te remettre à ramasser tout ce qui te tombe sous la main. La plupart des trucs qui jonchent le sol sont irrécupérables et tu soupires en balançant la moitié d’une assiette dans ton sac. « Allez, plus vite on s’y met, plus vite on aura terminé… Et plus vite j’pourrais te foutre une raclé à Tekken !» Tu provoques Sid d’un sourire et d’un haussement de sourcil équivoque dans l’espoir de le dérider. Tu sais qu’il en a marre de tout ça, probablement autant que toi, peut-être plus, parce qu’il a oublié d’être con et qu’il sait au fond que quelque chose de mieux l’attend ailleurs. Mais pour l’instant, vous êtes l’un pour l’autre la seule source d’évasion disponible, et ça vaut mieux que rien.
Made by Neon Demon

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: The seed of sadness is silence ~ Sid   

Revenir en haut Aller en bas
 
The seed of sadness is silence ~ Sid
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» summertime sadness, le 01/JUILLET à 05h20
» you can get addicted to a certain kind of sadness, like resignation to the end, 07.04 - 02:30.
» ZULEIKHA ♠ Seed of Gold.
» Salem's Seed - {3/4 Libres}
» People do not die from suicide, they die from sadness ○ Rahel & Ether

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
★ AS YOU WISH :: ─ block of flats-
Sauter vers: