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 Poppy › Sunset lover

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MessageSujet: Poppy › Sunset lover   Sam 7 Jan - 17:31

sunset lover.

poppy & stanislas

C’était une sale journée qui commençait. J’avais pas été capable de fermer les yeux de la nuit. les cauchemars peuplant mon esprit. J’ai trop occupé à penser à toute cette histoire, à cet enfant qui était le mien mais que je ne pourrai jamais connaitre - du moins sans me battre. Plus j’y songeais, plus j’avais le coeur au bord des lèvres. Ca me rendait clairement malade. Les coudes posés sur mes genoux, j’avisais mon réveil qui affichait 6.00 p.m et le petit sachet de poudre blanche posé à côté. J’y avais pris goût. J’avais l’impression que ça m’aidait à affronter la vie, à aller de l’avant surtout après la bombe qui m’avait explosé à la gueule sans que je m’y attende. Putain de merde. Je me passais les mains sur le visage. Saloperie infernale. La poudre m’appelait, le paradis m’ouvrait grand les bras; j’avais juste besoin de faire le vide, de faire comme si tout allait bien. Je tendis le bras, ouvris le petit sachet avant de verser un peu de son contenu sur ma table de chevet.

Quelques minutes plus tard je me retrouvais dans la cuisine. J’avais été incapable de sortir de ma chambre avant six heures de l’aprem. J’étais dans un état lamentable et il fallait absolument que je me reprenne, je ne pouvais pas aller au boulot avec une tête de déterré. Je faisais partie de ceux qui faisaient vivre le bar, si les gonzesses n’étaient pas attirées par les barmen, elles ne consommaient pas. C’était un état de fait. Il était donc nécessaire que je sois frais et dispo à jouer mon rôle d’homme objet. La musique à fond dans l’appart’, je me dessapais tout en me rendant dans la salle de bain en rythme avec la chanson de Petit Biscuit - Sunset Lover.

Deux heures plus tard, je garais ma moto sur le parking situé dans l’arrière cour de l’immeuble où se trouvait le bar. Je n’avais pas vu Poppy de la journée, nos emplois du temps ne correspondants pas. J’aurai pu la croiser, mais j’avais été incapable de sortir de ma chambre avant qu’elle ne quitte l’appartement. J’avais pas voulu qu’elle voit les énormes cernes noires qui maquillaient mes yeux. Alors j’avais fait le mort. Je m’étais juste contenté de lui laisser un mot sur le frigo lui disant que je travaillais ce soir et qu’elle pouvait me rejoindre si elle le souhaitait. Durant la journée, je m’étais retenu de lui envoyer un message ou de l’appeler, j’aurai pu dire des conneries vu mon état psychologique. J’avais bien fait. A présent j’étais bien plus disposé à lui parler sans révéler quoi que ce soit.

J’eu à peine le temps de franchir la porte à double battants menant à la salle que déjà ma collègue serveuse me sauta dessus. Nicky était vraiment séduisante. Elle avait le corps parfait, de grands yeux verts et une chevelure brune qui lui cascadait dans le dos. Et surtout, elle me collait dès que j’arrivais. Peut-être que c’était une connerie, mais j’avais eu l’occasion de la sauter deux ou trois fois. Et même si mise à part son physique rien ne m’attirait chez elle, je continuais de la laisser faire sans rien dire. Au moins, elle était là lorsque je ne pouvais pas avoir celle qui occupait mes pensées. En effet, j’étais un véritable connard. Mais tant pis. Nicky agissait de la même façon, et j’avais été très clair dès le départ : rien de sérieux entre nous.  « Stan, te voilà enfin ! T’es à la bourre beau gosse … » Je levais les yeux au ciel en la regardant s’avancer vers moi avant d’enrouler ses bras autour de mon cou et de me claquer un baiser sur la joue. Je lui souris tout de même avant de hausser les épaules :  « Ouais, sale matinée ! J’étais pas d’humeur. Mais ça va, y’a pas encore grand monde. » Nous étions jeudi soir, moment adoré des jeunes pour venir faire la fête après les cours. Tout le week-end serait pareil. Je saluais rapidement le reste de l’équipe avant de passer derrière le bar et de m’activer plus sérieusement à préparer la soirée. Les étudiants seraient vite déchainés et il fallait que j’ai tout sous la main pour répondre le plus vite à la demande.

Vingt deux heures. La soirée était lancée. Il y avait un monde fou ce soir et le bar était clairement plein à craqué. La musique electro chill résonnait de partout, même dans l’arrière cour où je me trouvais pour fumer ma clope. Poppy n’avait pas encore fait son apparition, je n’avais reçu aucun message et je ne lui en avais envoyé aucun. Il fallait que je me contrôle. Ces derniers temps j’avais eu tendance à être un peu trop collant, un peu trop possessif et protecteur, surement une réaction due à la nouvelle que j’avais reçue. Mais ça allait éveiller les soupçons de ma blonde, fallait vraiment que je me calme. J’inspirais un grand coup en écrasant ma clope à terre et entrais à nouveau dans le bar.

Lorsque je franchissais les double battants, le brouhaha ambiant se mua en cri aux intonations majoritairement féminines. Je relevais la tête et un rire s’échappa de mes lèvres quand je remarquais que les cris étaient pour moi. Depuis mon arrivée, j’étais en quelques sortes la mascotte du bar. Je m’étais clairement laissé aller, j’avais fait à ma sauce et le boss avait apprécié - fallait dire que les ventes avaient pas mal explosé. Rapidement, je repassais derrière le bar en retirant mon tee-shirt déjà trempé de transpiration. Les filles se mirent à taper sur le bar et je m’activais à dégainer les shooters pour les aligner le long du comptoir puis je traçais une longue ligne de téquila. C’était une stratégie du patron. Je me foutais à poil, je leur offrais à toutes un shooter de téquila et nous étions tranquilles pour la soirée. Elles se précipiteraient bientôt toutes pour avoir un nouveau verre d’alcool entre les mains. Une vingtaine de mains se précipitèrent en direction des petits verres et j’attrapais le mien avant de le lever en l’air de vider le liquide dans ma gorge. Lorsque je reposais le verre sur le bar, une blonde me fixait, les seins posés sur le bar. Je me penchais à mon tour vers elle pour écouter sa commande :  « Surprends moi. » Me susurra-t-elle à l’oreille et je la gratifiais d’un sourire avant d’attraper un verre, plusieurs alcools différentes et de faire mon petit mélange. Le verre glissa sur le bar dans sa direction et elle me tendit un billet sous en accrochant sa lèvre à l’aide de ses dents supérieures. J’eu à peine le temps d’attraper le billet qu’elle m’attrapait le poignet, un feutre à la main. Rapidement, elle m’écrivit son numéro sur l’avant bras avant de presser ses lèvres rouges carmin à côté des premiers chiffres :  « Appelle-moi. » Me dit-elle alors que je lui offrais un sourire en coin accompagné d’un clin d’oeil. Soudain, je sentis mon profil gauche me chauffer, je relevais les yeux pour regarder dans la direction. Poppy était là.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Sam 7 Jan - 20:24

sunset lover.

poppy & stanislas

Quand j'avais aperçu l'écran désespérément noir de mon téléphone portable, j'avais claqué la porte de mon casier en maugréant. La saloperie d'ancêtre s'était encore éteint tout seul et sans raison. Il était vraiment temps que j'en rachète un autre. En phobique que j'étais de la technologie et de tous ces écrans tactiles connectés en permanence, je ne pouvais qu'être réticente à ce sujet. Je m'étais donc empressée d'allumer l'objet du démon, espérant secrètement un message de Stan. Je savais qu'il travaillait ce soir, et il dormait encore quand j'étais partie à midi pour mon service. Je faisais la fermeture aujourd'hui. Quand je constatais que je n'avais aucun message un étrange sentiment mélangé de tristesse et de colère me remua un peu le ventre avant que je passe tout de suite à autre-chose, je ne pouvais décidément pas être cette fille-là, celle qui se prenait pour sa gonzesse et s'énervait quand il ne donnait pas de nouvelle. C'était juste que je savais pas trop, ces derniers temps, j'avais l'impression qu'il se laissait distancer, parfois il réagissait à l'excès, devenant trop pot de colle, parfois je ne le voyais pas pendant deux jours et je pouvais crever pour avoir des nouvelles.

Je me demandais depuis quand c'était comme ça, tandis que je lassais mes chaussures et enfilais ma veste. Ouais, peut-être que c'était le fait que nous ayons emménagé ensemble, je savais que c'était une mauvaise idée. Même si je squattais tout le temps chez lui avant, ce n'était pas la même chose, et en même temps je n'étais pas sûre de vouloir revenir sur mes pas. J'avais pris l'habitude de me faufiler dans sa chambre la nuit quand il était seul et que je n'arrivais pas à dormir. Je savais que lui non plus, et c'était plus pour lui que je le faisais que pour moi, je voulais faire office d'attrape-rêve et contrer les démons qui venaient le hanter quand il était seul après minuit. Je finissais tout de même toujours par m'endormir avant lui. Mais tout ça, tout ça ce n'était sans doute pas normal. Peut-être que c'était trop et que après toutes ces années de fusions extrême, Stan arrivait finalement à saturation, contre toute attente. Alors quand il prenait ses distances, je respectais, ne lui envoyant moi-même pas de message, je n'avais vraiment pas besoin qu'il m'abandonne maintenant.

J'étais sortie en jurant sous le froid extérieur, enfilant une clope entre mes lèvres et courant pour choper le bus pour rentrer. La clope en marchant n'avait jamais été l'idée du siècle mais je ne pouvais décidément pas m'en passer quand j'avais passé la journée à me faire remontrer par mon patron qui ne se gênait pas pour mater allégrement en même temps et nous traiter en dignes esclaves que nous étions. Je devenais folle sous la direction de telles personnes. Je n'étais pas un chien, même si Stan s'amusait à me faire passer pour son chiot de compagnie, c'était bien le seul à avoir le loisir d'en plaisanter. Je n'avais jamais été sans travail depuis la sortie du lycée, mais j'avais changé régulièrement, touchant un peu à tout et partout, et là le supermarché devenait un sujet à saturation. Sans doute saturais-je un peu de tout. De toute façon, je n'étais pas assez folle pour partir sans avoir une opportunité ailleurs, j'avais beau avoir l'énergie rock'n'roll de la liberté s'infiltrant dans mes veines, cela ne m'empêchait pas d'avoir la tête sur les épaules et d'être l'employée que l'on attendait de moi.

Une fois la clope fumée, le chez-moi retrouvé, la deuxième clope bien entamée, j'avais fini par mes dessaper pour rejoindre la salle de bain et prendre une douche. Si Stan voulait que je sorte, je ne voulais pas débarquer en grosse dégueulasse, je ne savais pas encore dans quel mode j'étais, si j'avais réellement envie de boire, de me déchaîner, si j'avais envie de choper. Cela dépendrait sans doute du menu. Sortir au Hobbit devenait de plus en plus difficile, entre ces jeunes réalisant de belles études et Stan qui se faisait tripoter de tous les côtés par la moindre gonzesse venue, je finissais plus souvent saoule à tirer la tronche que réellement heureuse d'être là. En repensant à toutes ces filles collant leur poitrines à lui tandis que j'étais seulement en train de prendre ma douche, j'alimentais moi-même ma rage, ressemblant un peu plus à la fille que je ne supportais pas être. Je sortis de la douche, bien décidée à m'éclater ce soir, et donc à sortir le grand jeu pour choper le mec le plus hot de la soirée. Juste pour me prouver quelque chose à moi-même, je sais pas trop quoi, et me réveiller encore pathétique demain matin.

Je sais que les soirées ne commencent réellement que tard alors je me permets de prendre tout mon temps pour arriver parfaite au bar. C'est bondé à craquer quand je passe l'entrée, j'essaye de repérer des têtes connues avant de regarder tout de suite vers le bar. J'ai attachés mes cheveux en une queue haute et lisse, opté pour une robe noire moulante -trop- courte et des bottes. Je salue deux ou trois personnes que je connais et plaisante avec eux deux minutes avant de tourner fatalement le regard vers le comptoir ou Stan fait encore son show. Je ne sais pas ce qui me déplait tant dans le fait de voir cette meuf lui écrire son numéro sur le bras et collant sa bouche dégueulasse sur sa peau pour y laisser une marque de pétasse. Peut-être parce que tout ce que je souhaite à Stan c'est d'être heureux et que je ne sais pas si c'est vraiment là-dedans qu'il trouvera ce dont il a besoin. Ou peut-être que c'est autre-chose, je n'en sais rien. Je sais juste que j'ai envie de défoncer la gueule de cette pute à coup de talon aiguille. Je me dirige alors vers lui, décidée à ne pas jouer les gosses trop longtemps, qu'il ne pense pas que je l'évite, alors que je suis juste super heureuse de le retrouver. Je me fraye donc un passage entre les groupies en chaleur. « Ma princeeeeeesse ! » Je fais un large sourire à Stan, lançant un léger regard meurtrier à la pute à côté qui me regarde de travers. J'adore appeler Stan Princesse, c'est mon habitude, surtout quand ce gros dur me lâche des réflexions dignes d'une gonzesse, quand il se fait un petit bobo sur le bout du doigt alors qu'il dézingue facilement la gueule de n'importe qui dans cette pièce sans sourciller, je sais qu'il aime surtout bien que je le chouchoute, même s'il déteste ce surnom. Et qu'il me déteste quand je l'emploie. « Je dois te faire quoi, moi, pour avoir un verre spécial ? T'as déjà mon numéro dans ton répertoire et ma culotte sous ton oreiller... » lui lançai-je avec un sourire narquois. J'adore sentir ces filles brûler de jalousie, conscientes de ce que je suis pour Stan, tandis que je me penche par dessus le comptoir pour planter un baiser sur sa joue, ne pouvant m'empêcher de reluquer son torse au passage. C'est plus fort que moi, pas ma faute si mon meilleur ami est le mec le mieux foutu de cette putain de salle.

Je tournais ensuite la tête afin d'évaluer quelles autres proies disponibles pour ce soir, par question de me laisser mijoter dans ma frustration alors que Stan a toutes ces meufs à ses pieds. J'agis comme une gosse, bien sûr. C'est ridicule, je sais. Ridicule et assumé.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 13:55

sunset lover.

poppy & stanislas

La pièce est plongée dans le noir, les lumières se reflétant sur les jeunes dansant, se frottant aux uns et aux autres. Les personnes sont comme en transe, c’est une sensation assez étrange. L’atmosphère particulier semble me ramper sur la peau et je regarde autour de moi, je laisse mon regard naviguer sur la foule, jusqu’à la voir. Elle est là, sublime, parmi ces personnes dont je ne vois même pas le visage, ces corps sans noms parmi lesquels elle slalome pour arriver jusqu’à moi. Je ne vois plus la fille qui me fait face et qui tente d’attirer mon attention en ne lâchant pas mon bras. Poppy est là, la chaleur du bar semble grimper de quelques degrés lorsque mon regard glisse sur son corps à peine vêtu. Je me crispe et sers les mâchoires. Bordel de merde. Le petit morceau de tissus qu’elle a décidé de revêtir ne cache rien de son anatomie. La robe lui colle au corps comme une seconde peau et j’avale difficilement ma salive. Ce n’est pas la première fois que je vois Poppy dans ce genre de tenue et ce n’était pas comme si je ne l’avais jamais vue à moitié à poil à l’appart. Mais là c’est différent, le contexte est différent, mon état d’esprit est différent. Je n’ai plus qu’une envie, repousser la greluche qui me tient fermement, sauter par dessus le bar et entrainer Poppy dans un coin sombre. Putain. Ca ne va pas du tout. Je m’ébroue mentalement.  « Ressaisis-toi Coleman, putain. » J’avais pas le droit. Pas le droit d’avoir de telles pensées vis à vis de ma meilleure amie, de celle que je m’étais juré de protéger.

En inspirant un grand coup, je détourne le regard pour adresser un dernier sourire à la blonde qui me draguait. Ce fut ce moment que Poppy choisit pour m’appeler : « Ma princeeeeeesse ! » Le temps semble se figer. Les filles accoudées au bar tournent une à une la tête vers Poppy qui se jette quasiment sur le comptoir. Je lève les yeux au ciel en ne pouvant retenir le sourire en coin qui étire mes lèvres. Je me mords la lèvre inférieure en tournant la tête vers elle et d’articuler un « Salope » bien clair. Poppy et moi, on est un peu comme deux adolescents pré-pubères, on adore se chamailler, se chercher et constamment se foutre la honte. On est comme ça. C’est la façon qu’on a choisi pour se montrer notre affection. Et j’aime que Poppy agisse comme ça. Mon regard intercepte le sien et je sais que je suis fichu. Je suis incapable de détourner le regard le premier. Poppy m’électrise. Elle me chope dans ses filets et je suis incapable de m’en sortir tout seul. Nous ne nous sommes pas vus de la journée, ce qui reste assez rare lorsqu’on sait que nous sommes comme aimantés l’un à l’autre, et j’ai l’impression de ne pas l’avoir vu depuis des jours. Elle est radieuse malgré la fatigue qui marque légèrement son visage. Bien sur, je suis le seul à m’en apercevoir, il faut la connaitre pour le savoir. Et je connais Poppy sur le bout des doigts. Ses yeux pétillent lorsqu’elle me lance à nouveau :  « Je dois te faire quoi, moi, pour avoir un verre spécial ? T'as déjà mon numéro dans ton répertoire et ma culotte sous ton oreiller... » Je hausse les sourcils, un sourire salace sur les lèvres tandis qu’elle se penche sur le comptoir pour venir me claquer un baiser sur la joue. Mes lèvres frôlent la commissure des siennes et un frisson parcourt mon échine.  « Surprends-moi, chaton. » Lui répondis-je d’une voix rauque avant de me saisir de deux verres. Poppy venait clairement de me pisser dessus pour marquer son territoire et ça me fit marrer. J’avais bien vu son regard assassin pour la blondasse qui était prête à se faire prendre sur le comptoir. Dès le départ, j'avais rincé gratuitement et librement Poppy sous les yeux de mon boss. Au départ, il me lançait un sale regard à chaque verre que je faisais glisser en direction de Poppy puis il avait vite compris qu’un verre ou deux - ou plusieurs - n’allaient pas faire la moindre différence vus les bénéfices que je faisais. Machinalement, je versais une bonne quantité de Jägermeifter dans les deux verres avant de compléter avec un peu de Red Bull. Puis je fis glisser le Jager Bomb en direction de Poppy qui scrutait la salle, certainement à la recherche de sa prochaine cible. Beaucoup de mâles ne cessaient de la déshabiller du regard et je serrais les mâchoires en me saisissant de mon propre verre.  « A la tienne. » Dis-je en faisant tinter ma boisson contre la sienne, comme pour attirer son attention, avant de boire une longue gorgée. Les effets de la coke étaient à présent quasi inexistants et il m’était impossible d’en reprendre à présent. De toute façon je ne me baladais jamais des substances dans les poches - du moins de ce genre là. Je n’étais pas toujours imprudent et je ne tenais clairement pas à finir en taule tout de suite.  « Alors, raconte, ta journée ? Le vieux thon qui te sert de boss à besoin que je lui refasse la dentition ? » Je m’accoude sur le bar pour me retrouver à quelques centimètres de Poppy. Doucement, j’inspire et son parfum vient me chatouiller les narines. Je ferme les yeux quelques secondes avant qu’elle ne se retourne pour plonger son regard bleu azur dans le mien.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 15:05

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L'air semble se raréfier lorsque nous atteignons le comptoir, comme si toutes ces femmes agglutinées respiraient trop, comme si quelque chose ou quelqu'un les faisaient surconsommer l'oxygène de la pièce. Ce n'était pas difficile de savoir qui, moi-même étant cette personne sensée ne rien ressentir vis à vis de lui, Stan le beau-gosse provoquait des chaleurs au creux de mon ventre, je m'accrochais désespérément aux quelques atomes H20 circulant encore entre nous. Stan m'électrisait autant que toutes ces femmes sans attache, capable de s'animer pour un rien, tandis que moi Stan m'était interdit. C'était ainsi. Cela n'avait jamais été une possibilité pour moi, ni même une éventualité, Stan en avait trop vu de moi, il m'avait tirée de la morosité de mon existence, il était le ciment de ma vie, je m'effondrais s'il disparaissait. Alors dans cette nuit animée de chaleur et de sensualité, mes pensées malsaines m'étaient interdites, s'effaçant à mesure qu'elles naissaient, censurées par mon propre esprit. Même si j'adorais jouer. Bien sûr, si le fait de l'appeler Princesse n'allait pas aider à lui faire gagner en crédibilité, ce mec se débrouillait si bien qu'une réaction du genre n'allait en rien détériorer l'impact qu'il aurait sur ces donzelles. Et puis, j'étais prête à tout, juste pour le « salope » qu'il articula avec un sourire. Je plissais le nez en riant. C'était plus fort que moi. Si j'avais d'abord un peu été en colère en pensant à lui pendant la journée, il fallait avouer que tout se dissipait quand je le retrouvais enfin. Il me manquait, en réalité, je me sentais beaucoup plus à l'aise et légère maintenant que son regard s'était reconnecté au mien.

 « Surprends-moi, chaton. » un geste anodin qui laisse une brûlure sur ma peau. Le fait de regarder autour de moi avait sans doute pour but inconscient de briser le charme qui voulait s'opérer. Je devais nier absolument ce qui naissait parfois en moi lors d'une phrase, d'un souffle, d'un contact. Bientôt l'alcool aiderait, soit à oublier ce soir, soit à oublier le lendemain. J'avais la chance de connaître Stan qui me laissait boire à l'oeil, je payais parfois mes consommations pour ne pas lui attirer de problème, mais en vrai, c'était lui qui avait insisté pour ne pas que je le fasse. C'était assez intéressant pour moi bien sûr, même si au début cela animait un peu de culpabilité dans mon esprit. Maintenant je n'en avais plus rien à foutre, sans doute parce que ce bar me volait une partie de lui et que donc il m'en devait une. Au moins, je n'en étais pas encore à montrer mes seins pour obtenir ma paye à la fin du mois tant que je bossais dans ce supermarché de merde. Je repérais un mec pas loin qui m'observait tel un fauve, un sourire se glissa sur mes lèvres et je lui lançais un regard qui en disait assez long. A croire que la salope était de sortie ce soir. Le glissement du verre sur le bar me fit reporter mon attention sur la princesse. Je lui dédiais un large sourire, reconnaissant quasi immédiatement le mélange dont il souhaitait me faire bénéficier, je saisissais le verre et le fis tinter contre le sien. « Santé, beau-gosse. » dis-je avant de tremper mes lèvres dans le liquide. C'était parce que j'étais de nature franche que mon regard n'hésitait pas à se plonger dans le sien, mais parfois j'éprouvais comme de la peur, non pas de lire dans ses yeux mais de le laisser lire dans le mien. Je reposais le verre sur le comptoir après en avoir bu quelques gorgées, visiblement assoiffée.

« Alors, raconte, ta journée ? Le vieux thon qui te sert de boss à besoin que je lui refasse la dentition ? » Je sens Stan s'accouder au comptoir et se pencher vers moi, provoquant un manque d'oxygène de plus en plus évident, il est si proche et si loin à la fois, je peux presque sentir sa respiration entrechoquer la mienne. Mes yeux se lèvent naturellement vers lui, s'ancrant dans les siens et je souris, je souris comme je le fais toujours. « Vu sa gueule, on a déjà du lui faire avaler ses dents quelques fois. Mais merci pour la proposition, bébé.» Je passais mon index sur le rebord de mon verre, recueillant une goutte restée là avant de la récupérer du bout des lèvres, glissant mon doigts entre celles-ci, mon regard se replongeant dans celui de Stan qui me brûle presque. « Et toi ? T'as dormi jusque quelle heure, comme ça ? T'es rentré tard cette nuit ? J't'ai pas entendu. J'aurais presque pu croire que t'étais mort ! » Je lui lance un sourire narquois, alors que mon inquiétude est sincère. Sauf que je ne peux pas lui montrer, pas maintenant, pas comme ça. Encore quelques verres. De toute façon, il n'était pas heure à discuter, bientôt Stan devrait retourner à ses groupies, animer la soirée, faire son show, et je devrais prendre mes distance pour ne pas le déranger, ni le perturber, capacité que j'avais parfaitement aiguisée, visiblement. Alors, dans une tentative désespérée de profiter de ma dernière minute avec lui, je m'étais également penchée vers lui, tentée de ressentir le parfum s'émanant de lui, m'apaisant. Sa présence faisait l'effet d'une drogue, je me sentais plus détendue, plus heureuse. Complète. Mais ce bonheur était illusoire et bref, c'était le problème de trop aimer, après, chaque seconde sans l'autre devient lourde à vivre, sans sens, inutile et vide. J'avais besoin de Stan pour combler ce vide. Ce qu'il faisait juste tout naturellement. Alors avec ces yeux sombres qui me fixaient intensément, j'avais presque honte d'avoir pu penser qu'il puisse se détacher de moi si facilement. C'était juste complètement insensé.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 16:57

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poppy & stanislas

Son parfum sucré emplit mes poumons tandis que je rouvre rapidement les yeux pour détailler son visage. Je sais ce qu’ils voient tous. Ils voient cette fille parfaite, au regard volontaire, aux lèvres boudeuses, aux pommettes hautes. Ils voient cette fille qui n’a peur de rien, cette fille forte. Voilà ce qui les attirent. Et moi, je vois cette fille que j’ai ramassé à la petite cuiller, je vois cette fille qui a su reprendre sa vie en main, cette fille brisée mais que pourtant rien n’arrête. Poppy peut donner une leçon de vie à la majorité des personnes présentes ici et pourtant, rien de tout ce qu’elle a vécu ne se lit sur son visage. Elle camoufle tout sous des regards aguicheurs, sous des robes moulantes et courtes, et sous des sourires carnassiers. Moi-même elle pourrait me tromper, mais je la connais trop bien, Poppy n’a quasiment plus aucun secret pour moi. Un regard, un geste et je comprends tout ce qu’elle essaie de me dire. Un soupire suffit à me faire comprendre ce qu’elle n’arrive pas à me dire avec des mots. A nouveau je porte le verre à mes lèvres pour en boire la moitié. Entre les scooters précédents, la poudre dans mon nez, et ce verre-ci, je ne vais pas tenir la soirée. Il m’en faut plus d’ordinaire. Mais ce soir, je suis fatigué. « Santé, beau-gosse. » Me lance-t-elle en buvant une longue gorgée sans jamais lâcher mon regard. Poppy est la seule femme à savoir soutenir mon regard, à pouvoir plonger dedans sans avoir peur de s’y noyer. Et j’apprécie. J’apprécie bien plus que de raison. « Vu sa gueule, on a déjà du lui faire avaler ses dents quelques fois. Mais merci pour la proposition, bébé.» Je pousse un petit rire rauque à l’écoute de ses paroles. Plusieurs têtes se tournent vers nous, nous détaillent. C’est vrai que le tableau peut paraitre étrange. Nous sommes proches, aussi proches que deux amants peuvent l’être. Nous nous vannons, nous rions et buvons comme si personne ne se trouvait autour de nous, comme si nous étions seuls au monde. Ca a toujours été comme ça entre nous. La première fois que j’ai vu Poppy, je n’ai vu qu’elle. Plus personne n’existant tant elle aspirait toute vie autour d’elle pour rayonner dans mon champ de vision. C’était si bon. Si douloureux à la fois. Je ne voulais pas me raccrocher à elle comme à une bouée de sauvetage. C’était elle qui avait besoin d’aide, elle dont les yeux criaient « à l’aide » et pourtant j’ai l’impression que c’est elle qui m’a sauvé. Comme le destin peut être étrange.  « J’t’avoue que je ressentirai une grande satisfaction à lui péter le nez… » Je réponds alors que mon regard est interpelé par son geste. Sans s’en rendre compte, le simple fait de passer son doigt sur le pourtour de son verre est d’une telle sensualité que j’ai envie de tout foutre en l’air. Mais ce qu’elle fait par la suite a le don de me foutre quasi à terre. Ses lèvres accueillent son index et j’imagine sa langue s’enrouler autour. Je serre un peu plus les mâchoires en me redressant, frappant le comptoir de mes deux paumes, espérant que la douleur me ferait un électrochoc.  « Que t’arrive-t-il Coleman ? » Je détourne les yeux et commence à ramasser les shooters qui trainent sur le bar.

« Et toi ? T'as dormi jusque quelle heure, comme ça ? T'es rentré tard cette nuit ? J't'ai pas entendu. J'aurais presque pu croire que t'étais mort ! » Je redresse la tête à ces mots et vois son petit sourire narquois qui tente d’effacer l’inquiétude qui transparait dans son regard. Je hausse les épaules en lavant distraitement les petits verres. En scrutant la salle pour tenter d’échapper à son regard inquisiteur, je remarquais un gars fixant son dos avec intensité. Les battements de mon coeur s’accélérèrent alors que je le fixais intensément, mon regard noir lui intimant de ne pas trop s’approcher. Mais le mec ne me voyait. Il n’avait d’yeux que pour le petit cul extra moulé de ma meilleure amie. Si je pouvais lui exploser la gueule, je foncerai sans hésiter une seconde. J’inspirais en abaissant mon regard vers Poppy qui s’était penchée en avant pour se retrouver encore un peu plus près de moi.  « J’me sentais mort ouais… J’suis pas rentré super tard. J’étais juste … HS. » Dis-je un peu sèchement. Je me rendais compte de mon ton et m’abaissait un peu pour que mon visage se retrouve face au sien. Je lui offris un petit sourire en biais avant de lui embrasser le front :  « Pardon bae… J’suis pas d’humeur ce soir. Je prends ma pause dans une vingtaine de minutes, tu me rejoins dans l’arrière cour ? » Lui demandais-je en lui offrant une moue boudeuse. Je n’eu pas le temps d’attendre sa réponse qu’une main s’agrippait à mon poignet :  « Eh beau gosse, tu m’sers un gin tonic ?! » M’hurlait une fille à la poitrine démesurée. Je m’écartais à regret de Poppy pour m’occuper des clients qui s’agglutinaient contre le comptoir.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 17:44

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Je les sens. Je les sens tout autour de moi brûler d'impatience et d'envie. Parce que malgré le brouahaha, l'alcool qui coule à flot, les gens qui hurlent et dansent autour de nous, rien ne nous arrête, nous nous perdons l'un dans le regard de l'autre et profitons de la seconde figée dans l'espace et le temps, cette seconde que nous avons attendue toute la journée. Et je respire cet instant comme on snifferait de la coke. Soudain Stan s'écarte à mon grand regret, et se remet à être le barman qu'il doit être, chopant les shooters pour les laver. J'ai été surprise par la violence de ce geste. Il me laisse perdue et indécise, je sais que si lui lit en moi dans un livre ouvert, il reste bien trop de choses en lui que je ne saisis pas. Il me laisse toujours insatisfaite et ignorante. Ses yeux s'en vont et viennent, je le vois fixer les gens autour de nous, triste qu'il ait brisé notre contact. Un peu vexée également. Il me rend bipolaire, heureuse et énergique un instant, désespérée la seconde d'après.  Je termine mon verre d'un coup en pinçant brièvement les lèvres, sentant venir sa réponse à trois kilomètre, ou en tout cas le ton de cette dernière.   « J’me sentais mort ouais… J’suis pas rentré super tard. J’étais juste … HS. » Voilà, son ton sec était vraiment à prévoir. Je me redressais néanmoins, c'était mon tour après tout, de casser le truc. Je ne comprenais jamais ce qui lui prenais dans ces cas là, comme si je l'avais attaqué d'une quelconque manière, j'étais à des années lumières de penser qu'il ait pu s'agir de toute autre-chose comme du mec qui me matait allègrement derrière moi.

Il était juste temps qu'il m'explique pourquoi il était autant « HS » ces derniers temps. Je ne supportais pas de ne pas savoir, moi qui respectais déjà son silence sur son passé alors qu'il savait tout du mien, parfois il me laissait la sensation que notre relation allait plus dans un sens que de l'autre. Je voulais le soutenir autant qu'il l'avait fait pour moi, tel le pilier de ma vie. C'était lui qui faisait que je me levais tous les matins pour aller bosser et affronter une vie qui ne me ressemblait pas, moi qui avais besoin d'art, de musique pour supporter exister, j'avais réussi à accepter les nécessité que cela impliquait grâce à lui, je voulais me battre pour lui, pour nous, notre groupe, notre avenir ensemble. Visiblement Stan avait ressenti, comme toujours, le léger sentiment qui venait de m'atteindre. Il s'était baissé presque aussitôt, pourtant, comprenant mon désarroi visiblement en déposant un baiser sur mon front, encore un geste qui me laissais insatisfaite et ne me consolais qu'à moitié.« Pardon bae… J’suis pas d’humeur ce soir. Je prends ma pause dans une vingtaine de minutes, tu me rejoins dans l’arrière cour ? » Je m’apprêtais à lui répondre que naturellement que j'y serais, c'était même genre évident, mais nous nous fîmes violemment interrompre par une autre gonzesse qui réclamait sa boisson. Je lançais un regard blasé à Stan qui du se relancer dans son taf et me détournais finalement. Il n'était pas question de me laisser atteindre. Je me retournais et regardais autour pour repérer un cercle avec des gens que je connaissais, bien décidée à ne pas perdre ma soirée à m'inquiéter et attendre quelque chose qui ne viendrais jamais. Je repérais une table avec des potes pas loin de l'entrée et m'y dirigeais, ressentant le vif besoin de m'éloigner du comptoir.

Alors que je traversais un espace où de nombreuses personnes bougeaient sur le rythme de la musique, un mec m'harponna, voulant se coller contre moi, je le repoussais gentiment, pas assez alcoolisée pour danser tout de suite mais le mec glissa sa main sur mes fesses, me faisant me retourner directement pour lui abattre ma main dans le visage : « HO ! D'où tu me touches toi ?! » ce genre d'agissement sans que j'ai pu ne serait-ce que laisser penser à mon consentement me sortais directement de mes gonds, ça me rendait même malade ce genre de personne.  Le mec se marra, visiblement pas refroidi, passant à peine sa main sur sa joue rouge, m'attrapant le poignet : « C'est bon, hein ! Ca se voit que t'en veux, vu tes fringues de pute ! » Je vis rouge à ses derniers mots, tentant d'arracher mon poignet qu'il serrait dans sa main, visiblement trop alcoolisé et sans doute sous les effets d'autres substance, vu le regard vitreux qu'il me dédiait, n'ayant pas conscience que nous étions dans un endroit bondé de gens et que ses agissements n'étaient ni logiques ni dénués de danger. « Lâche-moi, connard ! » Je n'étais pas trop loquace dans ce genre d'instant, surtout disposée à lui taper dessus et tenter de m'écarter définitivement. Je n'étais pas de ces filles hystériques qui hurlent quand on les touche, mais quand même, avec ma force de moineau, j'avais assez de mal à m'en dépêtrer, et les gens autour ne semblaient pas encore réagir à ce qui se passait ce qui ne tarderait sans doute pas à arriver, mais sa main serrait mon poignet et me faisait mal, et je n'étais pas assez bruyante pour que cela alarme qui que ce soit . « Putain ! JE TE DIS DE ME LACHER ! » Je parvenais enfin à me défaire, saisissant mon poignet dans mon autre main, reprenant mon souffle et ma conscience, lançant un regard effrayé vers Stan, espérant de tout coeur qu'il n'ai pas vu la scène. Mais deux trois personnes avaient fini par se retourner, m'ayant même aidée à me dégager, mettant la scène en évidence à mon grand désespoir.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 21:04

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Rapidement, je suis à nouveau plongé dans le boulot. Le brouhaha entêtant du bar me monte aux oreilles, la musique poussée à sa puissance maximale mêlée aux voix, fortes, des clients faisaient un cocktail détonnant pour la tête. Tout ça mélangé à l’alcool et la drogue que j’avais ingérés, j’avais l’impression de flotter sur un nuage. Mais un nuage qui se refermait sur moi. J’avais de plus en plus de mal à supporter la chaleur ambiante. Ma pause était dans une dizaine de minutes mais je me demandais si je n’allais pas devoir la prendre un peu plus tôt. D’un rapide coup d’oeil, j’évaluais le nombre de verres que j’allais devoir servir avant de m’éclipser une quinzaine de minutes, laissant mon collègue seul derrière le bar. Il s’en sortirait, surtout que beaucoup attendraient que je revienne pour se ruer sur le bar. Cette « popularité » m’usait plus qu’autre chose en réalité. Parfois j’avais envie d’être un homme invisible, de ceux qu’on ne remarque que lorsqu’il s’adresse directement à vous. Mais ce n’était pas vraiment le cas. D’un côté, je pouvais m’estimer heureux car cette popularité m’apportait certains avantages : des pourboires assez conséquents, ce qui nous permettait à Poppy et moi de bien vivre et lors de ces soirs où j’avais besoin de compagnie, j’avais toujours quelques numéros qui trainaient à gauche à droite. Avec tous les numéros que j’avais pu amasser, j’avais la possibilité d’être accompagné chaque soir de la semaine. Je m’estimais heureux et je savais que d’autres vendraient leur mère pour être à ma place.

D’un geste assuré, j’enchainé les différentes commandes, offrant un petit spectacles aux client-es en faisant voler les bouteilles avant de les rattraper habillement en faisant couler le liquide directement dans le verre. De nombreux cris enthousiastes et sifflements s’élevèrent tandis que je m’activais pour servir tous les cocktails en même temps, un sourire aguicheur aux lèvres. Les filles se jetèrent sur le bar pour me filer la tune tandis que les gars, restés en arrière, me lançaient tantôt envieux, tantôt rageurs. Ca m’éclatait très clairement de les regarder, enfermés dans leur jalousie crasse ou encore les yeux débordants d’admiration. Puis il y avait ceux qui n’en avaient rien à carrer que je fasse mon beau, ceux qui avaient bien assez de confiance en eux pour même pas me lancer un regard.

En expirant lentement l’air de mes poumons, je servis le dernier verre et le fis glisser jusqu’à mon client, lui rendant la monnaie avant de poser le torchon qui me servait à essuyer les verres à côté de l’évier. J’étais libre pour quinze minutes et je n’avais pas de temps à perdre. J’avais hâte de retrouver Poppy, de discuter avec elle et de plonger mon regard sombre dans le sien, électrisant. Même pas deux jours. Et pourtant, j’étais clairement en manque d’elle. Elle était ma dose de drogue la plus puissante. Sept ans que j’étais accroc à elle. Et je savais pertinemment que je n’arriverai pas à me sevrer seul à moins qu’elle ne veuille plus de moi. Alors que je contourne le bar pour me diriger vers les vestiaires, je l’entends. C’est comme un écho, comme un cri imaginaire. Je ne suis pas sur de l’avoir entendu, et pourtant. Ses mots résonnent encore en moi. Je fais volte face et me redresse pour scruter la foule. Elle est là. Au centre de cet amas de corps en sueur. Mon sang ne fait qu’un tour lorsque je remarque l’homme dont la main est enroulée autour du poignet de ma blondinette. Mon coeur se met à battre si fort dans ma poitrine, il est si assourdissant dans mes tympans que je n’entends plus rien. Mes yeux ne voient plus rien non plus d’ailleurs. Je suis focalisé sur la tête blonde et je fends la foule sans même comprendre où je vais, ni comment j’arrive à me frayer un chemin sans me faire bousculer. Ce que je dégage doit être intense, je ne suis que fureur lorsque j’arrive à hauteur de Poppy. Je la détaille rapidement pour voir dans quel état elle se trouve et remarque qu’elle semble aller bien, sauf son poignet, toujours enfermé dans le poing du connard. Je rive brusquement mon regard sur lui et grogne en m’approchant :  « Lâche-là. » L’homme me jette furtivement un regard avant d’attirer Poppy à lui et de lui donner une nouvelle claque sur le cul, se frottant lourdement contre elle. Mes yeux s’écarquillent, semblent sortir de leurs orbites tandis que j’attrape l’homme par le col de ton tee-shirt :  « Je t’ai dit de la lâcher sale fils de pute. » Le gars se met à rire comme un gros niais en levant les mains :  « Oh ça va mec, c’est elle qui m’a chauffé avec son p’tit cul de salope … Elle foulait que je la déboite, j’pouvais pas resis’… » Le connard n’a pas le temps de terminer sa phrase que je l’entraine déjà vers la sortie réservée aux employés. L’arrière cour, le lieu parfait pour faire comprendre à cet enculé qu’il va regretter d’avoir posé sa main dégueulasse sur ma Poppy. Je jette un coup d’oeil au patron qui me regarde, il comprend tout de suite et fait « diversion » pour obliger la foule à ne pas nous suivre du regard. Arrivé devant la porte de service que j’ouvre à la volée, j’envoie balader l’enfoiré qui me regarde ahuri :  « Mec … Tu baises cette chienne, sérieux ? » J’ai l’impression d’avoir mal entendu, et pourtant. Il a bien dit ce que je pense. Je vois rouge. Ma vision s’obscurcit et mon poing part tout seul, mes phalanges s’écrasant contre la pommette du mec. La craquement que j’entends ne me satisfait absolument pas, ce n’est pas suffisant. Pas du tout. J’enchaine les coups, j’y mets mes deux poings, j’ai l’impression d’être sur un ring de boxe. Le mec ne se laisse pas faire et riposte. Ses poings me touchent le visage. Peut-être que je le laisse faire, pour faire baisser la pression, pour ne pas lui éclater la gueule contre le mur, pour me remettre les idées en place … Toujours est-il que je suis dans un état de rage démentiel. Et je ne suis pas sur de pouvoir me calmer, surtout lorsqu’il s’agit de Poppy.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 21:55

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La scène me laisse là, le coeur battant à tout rompre au creux de mes oreilles, je n'entends plus que lui et son bourdonnement assourdissant malgré la musique si forte. Je confonds les battements déchainés avec celle-ci, ne distingue plus ce qui provient du bar et des gens qui s'animent, s'enlacent et se collent de ce qui se passe dans mon propre corps. Je ne suis pas une femme facilement impressionnable, et ce n'est pas de cet idiot dont j'ai le plus peur. Je ne risque rien de grave au milieu de cette foule même si la scène n'est pas agréable à vivre, ce n'est pas ça qui me terrifie. Ce qui me terrifie c'est le regard de Stan quand il arrive vers nous pour nous séparer tandis que l'inconnu m'attire contre lui en se marrant aux mots de Stan. Je tente de lui donner des coups pour me défaire et il me lâche enfin à la seconde phrase : « Je t’ai dit de la lâcher sale fils de pute. » Un musique électro a commencé à résonner dans la salle, et les lumière flashent dans tous les sens, les gens s'agitent, autour de nous, à part quelques uns qui assistent à la scène, sérieux d'un coup, craignant sans doute que la suite ne parte en bagarre générale. « Oh ça va mec, c’est elle qui m’a chauffé avec son p’tit cul de salope … Elle foulait que je la déboite, j’pouvais pas resis’… » Mon sang ne fait qu'un tour, je m’apprête à rétorquer de manière salée mais mon regard se pose sur Stan et le simple fait de le voir me fait ravaler mes mots. Je m'apprête à aller vers lui pour l'arrêter mais mes pieds semblent cimentés au sol, et mon corps se fige. Déjà je le vois s'éloigner en attirant le mec avec lui vers la sortie de service sans pouvoir rien faire, tétanisée sur place. J'entends dans le fond des voix s'animer, le boss faisant sans doute diversion. Mais moi, je suis là, immobile au milieu des gens qui me bousculent, s'agitant, hurlant, riant et se frottant les uns contre les autres. Une nausée me prend, un vertige.

Puis je me reprends, d'un coup je reprends conscience de la musique électrique, je prends conscience des gens, du contact, de la transpiration, et de Stan qui vient de disparaître du bar en m'abandonnant derrière lui. Mes jambes flageolantes reviennent à la vie et je cours, enfin j'essaye, me frayant un passage dans la foule, lançant des « Laissez-moi passer ! » désespérés, si petite et frêle, je déteste cette carrure alors que j'essaye de me débarrasser de ces grands hommes aux visages anonymes qui m'entourent, certains ne décèlent pas ma panique, tentent de me parler, de danser, mais je les repousse. J'arrive enfin à l'autre bout et pousse alors la lourde porte, accès réservé au personnel que je connais bien, je viens souvent fumer une clope à la pause de Stan ici, mais cette fois je le rejoins pour tout autre-chose. Quand j'arrive c'est déjà trop tard, Stan a déjà amoché le mec et s'en prend une dans le visage juste au moment où j'arrive. Mon coeur s'emballe et j'avance, sans savoir quoi faire, effrayée. « Stan, arrête, STAN! Ca vaut pas le coup ! » Le mec semble se marrer en m'entendant : « T'entends, mec, elle a sans doute peur que t'encaisses pas ?! » Il n'a aucun instinct de survie, je connais Stan, et comme il est là, il tente de se retenir, il se laisse prendre des coups pour se refroidir, pour éviter de le buter purement et simplement.  « Mais ta gueule, toi !!  » Mais le mec se prend une droite qui le fait chanceler en arrière. Je profite de cet instant pour me placer devant Stan, droite comme un piquet, décidée à m'en prendre une dans l'énergie de l'instant s'il faut : « STOP, arrête ! » Je tente d'attraper ses bras et de saisir son regard du mien. Ce corps tendu par l'effort que j'aime tant quand je le vois sur un ring, me terrifie aujourd'hui, son visage d'habitude si doux est déformé par la haine et je vois dans ses yeux cette lueur qui m'a fait me promettre de toujours tout faire pour le sortir de tout ça. Ce regard qui fait que je le rejoins la nuit pour qu'il parvienne à s'endormir. Ce regard et ces vieux démons dont j'ignore tout mais dont je connais l'existence, et cette déchirure permanente qui caractérise son âme. Ce visage déformé dont je connais chaque recoin, et cette douleur qui fait de lui ce qu'il est et la personne que j'aime plus que tout sur cette putain de terre.

Je supplie le ciel que ce connard derrière moi ferme juste sa gueule une fois pour toute plutôt que de tenter le diable, vu qu'il est visiblement bien décidé à se faire défoncer la gueule ce soir. Je ne savais pas à quoi il jouait mais il semblait visiblement être mec à aimer s'attirer des ennuis, ça devait être sa came, la violence, mais je ne le laisserais pas utiliser Stan pour ça. Moi la femme si forte et dominante habituellement, envoie un regard désespéré à mon meilleur et unique ami. Parce que tant qu'il défonce ce visage de connard, c'est lui même qu'il déchire et que c'est mon rôle de l'en empêcher. Si je ne peux pas faire ça, Stan, dis-moi ce que je peux faire au juste ? Dis-moi à quoi ça sert que je traîne dans ton sillage, que je sois ce chiot qui te casse les couilles nuit et jour hein, si c'est pas pour être là, maintenant, dans ce genre d'instant pour calmer cette violence meurtrière qui sévit dans tes veines visibles sur ton visage si parfait en cet instant. Hein, dis-moi ? Parce que moi, Stan, je ne sais pas.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 8 Jan - 23:50

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La violence et la rage qui m’habitent me transforment en monstre. A l’instar d’un taureau déchainé, j’expulse l’air par mes narines et regarde mon adversaire. Mon coeur bat à tout rompre et je sens l’adrénaline circuler dans mes veines, me brûler les vaisseaux sanguins. Ma vision s’est rétrécie et je n’ai plus qu’une seule cible : ce bâtard qui a osé poser la main sur Poppy. Je me vois déjà en train de lui exploser la gueule sur le bitume de l’arrière cour, mon pied frappant son visage avec une telle force que les coups se répercuteraient dans mon genou. Le froid s’insinue dans tous mes membres alors que mon corps est littéralement en surchauffe. Je carbure aux stupéfiants et à l’alcool, je me sens pousser des ailes et malgré les coups que me rend le gars, je ne ressens aucune douleur. Alors que son poing percute violemment mon arcade sourcilière, je ne peux retenir un sourire de dément.  « T’as que ça mec ? » Je grogne dans sa direction avant de me ruer sur lui pour lui asséner de nouveaux coups au visage et au ventre. Le gars de plie en deux en poussant un juron, toussant sous la puissance de mon coup. Pas mal. Peut mieux faire. Ouais, je peux faire mieux que ça. Celui qui m’a recueilli quand je n’étais encore qu’un gosse savait bien faire. Il savait taper où ça faisait mal, toujours les bons gestes pour faire douiller un max. J’avais retenu la leçon. Les cicatrices qui ornaient encore mon corps étaient un témoignage qui ne nécessitait aucune parole. La vie n’avait pas encore réellement commencé pour moi que je me prenais déjà de grandes tannées dans la gueule. Comme si le fait que ma génitrice m’abandonne devant une porte d’une maison pourrie ne suffisait pas. Lorsque les secours m’avaient récupéré j’étais dans un tel état que tous les médecins s’étaient demandés si je pourrais survivre. J’avais réussi. J’étais là, fort et vivant. Mais ça n’avait pas suffit. La vie ne m’avait pas assez mis à rude épreuve, il avait fallu en plus de ça que je me fasse clairement démonter la gueule. Né sous la mauvaise étoile. Qu’avais-je fait pour mériter ça, concrètement ? Qu’avais-je fait dans mes vies antérieures pour connaitre de telles choses ? Souvent, je me posais la question et jamais je n’avais reçu une quelconque réponse. Puis Poppy était entrée dans ma vie. Elle avait rempli le trou béant de ma poitrine de sa présence. Elle était tout, ma famille, ma meilleure amie, mon âme-soeur. Il n’y avait qu’elle, et elle seule. Elle était devenue ma vie. Personne d’autre n’était là ces nuits où les cauchemars peuplaient mes nuits, personne d’autre ne venait veiller sur moi, personne ne me prenait dans ses bras et me chuchotant que tout irait bien. Personne. Elle était la seule et l’unique. Alors … Alors personne ne pouvait toucher à elle. Personne ne pouvait s’attaquer à la prunelle de mes yeux. C’était une atteinte directe à ma personne, comme si on tentait de m’arracher une partie de moi. Je ne pouvais le permettre.

Soudain la porte de service s’ouvrit à la volée et Poppy émergea de la pénombre pour se jeter dans notre direction. Je ne tournais pas le regard vers elle, mais je la vis néanmoins évaluer la situation. Stan n’était plus. La bête sauvage et féroce qui sommeillait en moi avait pris le contrôle. Je n’étais plus que l’ombre de moi même. La pression dans mon corps était telle que je sentais mes veines saillirent, celles sur mes tempes pulser au rythme des battements de mon coeur. Et celles de mes bras prêtent à exploser. « Stan, arrête, STAN! Ca vaut pas le coup ! » Poppy tentait de communiquer avec moi, mais je n’entendais rien mis à part un bruit sourd, comme si elle avait la tête enfouie sous son oreiller. Les mots n’avaient aucun sens. Je restais focalisé sur l’homme mort face à moi. Cependant, lorsque je vis les lèvres du mec remuer, je compris parfaitement ce qu’il disait : « T'entends, mec, elle a sans doute peur que t'encaisses pas ?! » Mon sang ne à nouveau qu’un tour et je me jetai sur lui comme un lion attaque son adversaire. Je lui sautais littéralement à la gorge, encerclant cette dernière de mes mains. Son poing percuta ma mâchoire, m’obligeant à reculer de plusieurs pas. Et alors que je m’ébrouais pour me jeter à nouveau sur lui, Poppy s’interposa. Je m’arrêtais net, le bras en l’air, à quelques centimètres de son visage. Mon corps tout entier vibre de rage. Je sens le sang empire ma bouche tandis que mon regard meurtrier ne lâche pas une seconde l’homme. Je serais capable de le tuer, de le démembrer s’il le fallait. Je serais capable de tout pour elle. Quitte à aller en taule pour la protéger. De fins doigts s’enroulèrent autour de mes bras, caressant doucement ma peau humide de transpiration due à l’effort. Je n’avais pas eu le temps de me rhabiller avant de sortir. J’étais toujours torse nu et trempé de sueur mais le froid de janvier ne m’atteignait absolument pas. Même si j’étais gelé de l’intérieur, mon corps était en feu, ravagé par les flammes de la destruction. J’avais besoin de frapper, encore et encore, jusqu’à ce quelque chose cède chez mon adversaire. Je voulais démonter ce mec, le mettre en morceau. Je fis un pas en avant, prêt à me jeter sur lui, mais le corps de Poppy m’en empêcha et je la vis tenter d’accrocher mon regard. A quoi ressemblais-je là tout de suite ? A une bête enragée ? Un monstre ? Un de ces gars qui cherchent à se foutre sur la gueule pour une petite dose d’adrénaline ? Que voyait-elle avec ses yeux qui en avaient trop vu ? Que pensait-elle de moi ?

Mes yeux plongèrent dans les siens et tout mon corps se mit soudain à trembler. L’adrénaline redescendait violemment. Mes mains se détendirent, parcourue de fourmis. Je m’empressais de fermer les poings et de les rouvrir, répétant plusieurs fois l’opération. Je me sentais terriblement mal alors que les yeux de Poppy tentaient de sonder mon âme. J’étais parfaitement conscient que tous mes secrets la faisaient souffrir, mais je n’étais pas prêt à tout lui révéler, je ne voulais pas qu’elle sache à quel point j’étais brisé, à quel point j’étais une vraie loque. Mes lèvres s’entrouvrirent et je sens le goût âpre du sang sur ma langue. Je dardais cette dernière sur ma lèvre inférieure pour tenter d’essuyer un peu le sang qui la nappait. Putain d’enfoiré. Il m’avait bien amoché. Mon arcade sourcilière, d’après la douleur qui irradiait, devait être ouverte. Mal à l’aise, je baissais la tête vers le sol, les membres toujours tremblant de rage contenue :  « Putain, je … » Commençais-je, sentant ma voix flancher. Je jetai un coup d’oeil derrière Poppy, le mec avait disparu, Volatilisé.  « Merde je suis désolé bébé. J’aurai pas… » Les mots restent coincés dans ma gorge. Je ne veux pas dire ça. Je ne suis pas désolé. Pas le moins du monde. Je m’écarte de quelques pas de Poppy, l’obligeant à me lâcher ou à tendre les bras pour continuer de me tenir.  « Non ! J’suis pas désolé du tout … T’aurais dû me laisser le défoncer plus que ça. Il … Il avait pas le droit, putain ! » Les mots sortaient, forts, résonnant entre les murs des immeubles. Ma voix rauque semblant bien étrange à mes oreilles.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Lun 9 Jan - 19:41

sunset lover.

poppy & stanislas

Voir Stan dans cet état me brise entièrement, j'ai mal de le voir dans cette rage, dans ces envie meurtrières, animé par ses vieux démons. Je ne sais pas jusqu'où il pourrait aller, en vérité j'ai surtout peur de le savoir. Quand il s'agit de moi, il perd toute notion de la maîtrise de soi, et ça me fait peur de me dire que je peux être un tel déclencheur en lui. C'est pour ça que je me tais généralement, c'est pour ça que j'évite de lui confesser les abus de mon patron, le regard dégueulasse que me porte notre voisin de pallier, les réflexions que je me prends partout tout le temps tous les jours. C'est le quotidien de beaucoup de femmes, mais rares sont celles qui peuvent prétendre avoir quelqu'un d'aussi bon que Stan pour vouloir rétablir cette putain de balance. Non, je déteste le voir ainsi, en vrai, je déteste le voir se laisser aller à une haine qui le dépasse au point de le faire perdre et nier tout entendement.

Des frissons me vrillent la tête, s’immiscent dans les recoins les plus obscurs de mon cerveau quand son regard s'accroche enfin au mien. Ma respiration est saccadée, mon coeur échauffé, ma gorge nouée. J'essaye de me reconnecter à lui, retrouver cette corde qui vibre en lui quand nous nous retrouvons. Parce qu'un court instant, je l'ai perdu. Transporté par sa rage, il n'y avait plus rien d'autre que la violence sillonnant ses veines, envahissant son corps et ses bras puissants. Je sentais l'électricité ambiante, entendant vaguement le responsable disparaître dans mon dos tandis que les yeux de Stan tombaient enfin dans les miens. Gouffre sans fond. Je reconnais dans ce bref regard le garçon orphelin abandonné que j'ai adopté, cette enfant perdu qui ne sait pas où aller, comment faire pour s'en sortir, je vois le gosse martyrisé qui a mal au bide de pas savoir pourquoi, pourquoi tout ça, pourquoi lui, et qui subit toujours plus, chaque seconde. Pendant un instant, je croise le regard de celui que j'ai rencontré il y a 7 ans, dans le tunnel du métro, tandis que je grattouillais ma gratte, perdue dans mes pensées les plus profondes. J'ai vu dans ses yeux ce jour-là un être brisé que j'eus à tout prix envie de reconnecter. Et tout doucement, ce regard s'est complété. Stan m'a fait confiance, il a trouvé en moi ce que j'ai trouvé en lui, et rares sont les instants où je saisis encore cette détresse en lui. Je tuerais pour ne plus avoir à la rencontrer. Je tuerais ce mec de m'avoir fait rencontrer à nouveau ce Stan déchiré.

Mes mains posées sur lui ressentaient le tremblement qui le parcouru tout entier, tout d'un coup. Il faisait terriblement froid, trop pour qu'il puisse être dehors dans cette tenue. La rage l'avait réchauffé, mais maintenant qu'il se calmait, la réalité le frappait en plein fouet., ainsi que la température extérieure  « Putain, je … » avait-il commencé, écorché. Je ne détournais pas les yeux à aucun instant. « Merde je suis désolé bébé. J’aurai pas… » Stan semble s'étrangler avec ses mots, je m'apprête à avancer pour le toucher davantage et tenter de continuer à le calmer, mais il n'y arrive pas, c'est trop dur, c'est trop fort, ça le dépasse et je le ressens. Il s'écarte de moi presque violemment, brisant notre contact et je fronce légèrement les sourcils tandis que sa voix se ré-affirme, se rendant compte de ses propres pensées : « Non ! J’suis pas désolé du tout … T’aurais dû me laisser le défoncer plus que ça. Il … Il avait pas le droit, putain ! » Je restais un instant à le fixer, sans trop savoir quoi dire, quoi ressentir, mais à mon tour je n'eus plus le temps de réaliser la buée se formant à mon souffle sous le froid de l'extérieur, ni de ressentir ce dernier. Mon sang se remis à bouillir dans chaque particule de mon corps tandis que je le fixais avec colère, récupérant le caractère de merde qui me caractérisait: « Ouiii, bien sûr ! T'en as d'autres des idées lumineuses comme ça ? Et t'aurais continué jusqu'où, dis-moi?! Jusqu'à ce que tu nous fasses un remake d'American History X ?? » Je secouais la tête : « Oui, mais vas-y, retrouve-le ! Eclate lui les dents sur le trottoir ! Mais n'oublie pas de m'envoyer des lettres quand tu seras dans ta cellules luxueuse où tu te feras sodomiser par un black 3 fois plus large que toi ! » J'y pouvais rien, c'était ma nature, j'étais une fille électrique, fallait pas attendre de moi que je me mette à pleurer et me jeter dans ses bras façon gamine face à son sauveur. Je tentais néanmoins de me calmer quand mon regard se ré-accrocha à ses blessures, ma colère se transformant en culpabilité, le restant de ma rage n'était plus portée que sur ce crétin qui avait abîmé mon Stan. J'avançais vers lui : « Quel fils de pute, il t'a quand même salement amoché. »

Je m'approchais de lui et me mis sur la pointe des pieds pour observer son arcade et sa lèvre de plus près, je sentais la chaleur s'émaner de ses bras fort, de sa solidité, et un petit sourire naquis sur mes lèvres en croisant son regard enflammé comme ses blessures : « Merci, bébé. » avais-je simplement soufflé. Je m'en serais voulue de l'avoir engueulé plus alors qu'il avait juste agi pour moi. Même si ça me foutait carrément les boules de savoir à quel point il pouvait se mettre en danger pour « si peu », cela me faisait peur en même temps que cela provoquait une douce chaleur en moi. Le « si peu », c'était ce que j'allais feindre auprès de Stan, bien sûr, mais en réalité, je ressentais encore ces mains dégueulasses sur moi, je me sentais sale, souillée alors heureusement que cela n'avait pas été plus loin et que Stan était arrivé à temps, en preux héro qu'il était toujours. Toujours était-il que mon sourire maquillait habilement cette nouvelle atteinte à ma personne, et que je n'étais pas prête de lui confesser à quel point je ne m'en foutais pas de ce qui s'était passé, et à quel point je lui étais reconnaissante d'être intervenu, je ne voulais pas cautionner cette violence en lui qui me déplaisait tant à voir, je préférais simplement subir et fermer ma gueule pour le préserver.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Lun 9 Jan - 23:32

sunset lover.

poppy & stanislas


L’air gelé et saturé d’humidité de la nuit m’arrache un nouveau tremblement. Tous les poils de mon corps se hérissent pour finalement m’arracher un grognement. Je suis à moitié à poil, dehors, alors que la température doit frôler les zéro degré. Pourtant, quelques secondes plus tôt, je suffoquais presque, mon corps en surchauffe me priait de faire quelque chose pour faire baisser la température. L’adrénaline alimentant le sang dans mes veines m’avait complètement foutu en surchauffe. Le corps de Poppy n’est qu’à quelques centimètres de moi et il irradie de chaleur, son être me réchauffe jusqu’à la moelle. C’est comme si je pouvais la sentir partout autour de moi. Elle m’englobait, s’enroulait autour de mon corps comme un serpent. Lorsque j’eu fini de m’exciter tout seul après m’être écarté d’elle, lui avouant que je ne regrettais pas une seule seconde d’avoir défoncé la gueule de cette baltringue, la rage sembla l’envahir. La buée qui s’échappe de ses lèvres tremblotantes est si opaque, que je ne vois plus son visage durant quelques secondes. La vapeur a à peine le temps de s’évaporer dans l’air que je l’entends déjà me hurler dessus, sa voix tremblante de rage : « Ouiii, bien sûr ! T'en as d'autres des idées lumineuses comme ça ? Et t'aurais continué jusqu'où, dis-moi?! Jusqu'à ce que tu nous fasses un remake d'American History X ?? Oui, mais vas-y, retrouve-le ! Eclate lui les dents sur le trottoir ! Mais n'oublie pas de m'envoyer des lettres quand tu seras dans ta cellules luxueuse où tu te feras sodomiser par un black 3 fois plus large que toi ! » Elle était là, face à moi, pleine de hargne. Mais mes lèvres s’étirèrent légèrement sans que je puisse me retenir. Poppy, sa violence, sa tête dure, sa tendresse inexistante. Poppy n’était pas le genre de femme à se jeter à mon cou et me remercier pendant des lustres. Et moi j’étais certainement pas le genre de mec à consoler pendant des heures. Non j’étais plus du genre à prouver mon attachement par d’autres actes, bien plus significatifs pour moi, comme par exemple défoncer la gueule des gonzes qui pouvaient faire chier. J’étais le genre de mec à veiller sans ouvre ma gueule, mais à faire acte de présence. Parfois la présence suffisait. Poppy était comme moi. Elle n’aimait pas se livrer, n’aimait pas parler pendant des heures. C’était pas une bavarde et c’était ce que j’aimais chez elle surtout. Dès le départ, j’avais compris que cette petite blonde au sourire sans joie, au regard vide, était mon alter ego. Tentant de retenir, je pince les lèvres. Le geste m’arrache une grimace de douleur. Evidemment, j’oubliais que ce bâtard m’avait ouvert non seulement l’arcade mais aussi la lèvre. Un nouvel accès de rage prend possession de moi. Je me sens déjà prêt à lui courir après pour le rattraper et effacer tout ce que cet enfoiré à fait. Mais je n’ai pas le temps de faire quoi que ce soit. Poppy pose à nouveau son regard sur moi et franchit le pas qui nous sépare.

Tendue vers moi, bien haute sur la pointe de ses pieds, elle se met à ma hauteur pour détailler mes blessures. Son regard navigue de mon arcade, passant par ma mâchoire que je sens devenir violette et ma lèvre fendue. Le sang commence à me couler dans l’oeil. Sa saigne beaucoup trop ces merdes. L’arcade sourcilière est l’un des endroits où il y a le moins de chair, le moindre coup porté et la peau se déchire, le sang abonde comme si la blessure était ultra profonde. Je préfère encore me faire défoncer le sourcil que le nez. Rien de moins virile ou plutôt de moins saillant qu’un nez pété. Le souffle chaud et alcoolisé de Poppy sur mon visage me fait fermer les paupières quelques secondes. Elle s’est radoucit, comme par enchantement, comme si le fait de voir mes blessures avait fait redescendre toute la pression. « Merci, bébé. » Je rouvre les yeux à ses mots pour croiser son regard brûlant. Elle chancèle légèrement sur la pointe des pieds et je m’empresse de glisser mes mains sur ses hanches pour la maintenant en place, éviter qu’elle ne tombe. A vrai dire, ça me fait mal cette proximité, surtout après ce genre d’épisode. L’adrénaline de mon corps n’est pas encore totalement disparue. Je boue encore clairement de l’intérieur, j’ai besoin d’extériorisé tout ça. C’est toujours la même chose après un combat. La pression est si intense pour moi, mes veines sont si pleines de rage, que me battre ne suffit pas. J’ai besoin de plus. De sexe. Brutal et violent. Du sexe à l’état le plus pur, sans fioritures, sans rien. Et Poppy n’est pas ma proie. Elle n’est la proie de personne, et encore moins la mienne. Alors, je tremble, en la tenant. Bien sur, elle va mettre ça sur le compte du froid. Mais il n’en est rien. Mon corps n’est pas froid quand le sien n’est qu’à quelques centimètres du mien. Loin de là. Il est ravagé par les flammes. Je devrais m’écarte, et vite, je ne veux pas, ne peux pas ressentir ça pour Poppy. Pour ma meilleure amie. Mon âme jumelle. J’inspirais à fond avant de relâcher tout l’air de mes poumons, esquissant un léger sourire :  « T’inquiètes bébé, je serai toujours là, quoi qu’il arrive… Et je serai capable d’aller n’importe où pour toi, prêt à tout Poppy, tu le sais ! » Ajoutais-je de ma voix rauque, attrapant son menton entre mon pouce et mon index avant de le lâcher et d’attraper son poignet endolori dans ma main. Sa peau douce est fraiche dans ma main, je passe doucement mon pouce râpeux à l’endroit où l’enfoiré avait posé ses doigts. Comme pour effacer ce geste. Pour le remplacer par quelque chose d’autre. Je ne supporte pas de savoir qu’il a pu la toucher. Qu’il a pu la violenter.

La porte de service s’ouvre avec force mais je ne lâche pas une seconde Poppy des yeux. Notre connexion est bien trop puissante pour que quelque chose m’interpelle ailleurs. Je me fiche de savoir ce qu’il se passe autour de nous. Peut importe que le bar prenne feu, qu’un ouragan décide de frapper la ville, que les extraterrestres aient décidé d’envahir le monde…  « Stanislas, tout va bien ? » La voix de mon boss résonne, mais je ne détourne pas pour autant les yeux. Je me contente de grogner quelque chose en hochant la tête :  « Tout va bien ? T’es sur ? » Je soupire à nouveau, résigné à lui répondre correctement. Je tiens à mon taff et même si Bob sait que je bosse bien, je ne veux pas lui donner de raisons de me foutre dehors.  « Ouais patron. Un gars qui cherchait la merde. Il a attrapé Poppy, m’a tapé dessus, j’ai riposté … Il s’est barré. Fin de l’histoire. Encore une petite pause de dix minutes, tu permets ? » Demandais-je tout de même. Mon boss hocha à son tour la tête avant de lever le pouce en l’air à mon intention, se détournant, refermant la porte derrière lui.  « Il t’a fait mal ailleurs ce trou du cul ? » Demandais-je à mon chiot en la relâchant pour sortir deux clopes de mon paquet coincé dans ma poche arrière.  « Et qui te dit que ça me ferait pas keaffer de prendre des grosses bites de black dans le cul ?  Et grosses grosses … t’as pas vu le calibre de mon engin … » Lui dis-je en coinçant la clope entre mes lèvres - là où elles n’étaient pas abimées - un énorme sourire plaqué sur le visage.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Jeu 12 Jan - 19:25

sunset lover.

poppy & stanislas

Au loin, le son étouffé de la musique dans le bar qui faisait sans doute se mouvoir les corps les uns contre les autres, les transpirations se mêler, les mains se perdre. L'alcool devait déjà ravager les esprits. J'enviais presque ces jeunes qui avaient atteint l'étape supérieur dans la perte de soi, dans l’ascension vers l'oubli de soi-même et l'ivresse passagère et salvatrice. J'étais beaucoup trop sobre, un verre ne m'avait pas suffis, surtout pas pour une scène pareille. J'avais encore trop la tête sur les épaules, je voyais tout le grave, toutes les complications, toutes les douleurs. Et surtout, je voyais le sang maculer le visage de mon Stan, et ce, pas après l'un de ses combats classiques. Il s'était fait frapper pour me défendre, et j'en ressentais presque de la culpabilité. Comme toutes ces femmes attouchées dans le monde, je ne pouvais empêcher cette voix insensée qui me disait que ce n'était pas si grave, qu'il ne m'avait pas violée, que c'était l'alcool et que je devais passer à autre-chose. Sentir encore sa main imprimée sur mon derrière, c'était moi qui faisais ma drama queen et ne pouvais m'empêcher d'en rajouter complètement à la situation. Bien sûr mon poignet me faisait mal, et vu comme je marquais vite, j'aurais sans doute une trace bleuâtre imprimée sur son contour à mon réveil de demain. Jusqu'à maintenant, la trace n'était que rouge, sans importance comparée au sang qui coulait lentement de cette arcade blessée.
J'étais traversée de sentiments contradictoires comme à chaque fois que j'étais avec Stan, comme à chaque fois que j'étais confrontée à ce qu'il était qui me laissait toujours sans défense, malgré que je le connaisse si bien, il ne cessait de me surprendre, tant par ses actes que par les traces qu'il laissait sur moi, en moi. Comme cette chaleur insupportable malgré le froid glaçant de la nuit. On aurait presque pu imaginer les flocons tomber tellement l'air était chargé de cette atmosphère hivernale. Pourtant, si proche de Stan, je ressentais que la même chaleur le traversait de part en part, quelque chose qui le rendait d'autant plus viril et aurait sans doute animé toutes ces minettes en chaleur remplissant le bar. Et moi aussi. Je me refusais à avoir ce genre de pensées vis à vis de lui, cela me détruisait quand j'avais tendance à m'y laisser prendre. De plus ma récente agression n'aurait du que me refroidir.

Quand je l'avais engueulé, sans trace de pitié, j'avais vu le visage de Stan se crisper légèrement, retenant sans doute un sourire. J'avais au moins l'occasion d'alléger l'atmosphère à défaut de savoir lui transmettre la colère qui m'avait animée. Mais maintenant je ne bouillais plus que de rage vis à vis de ce connard qui avait amoché mon bébé. Je savais que Stan n'aurait pas fait ça pour n'importe qui, et je savais à quel point je n'étais pas n'importe qui pour ce grand gars beaucoup trop beau, beaucoup trop bien foutu, dont l'âme m'aspirait toujours aussi violemment qu'un trou noir béant. J'avais envie de me coller contre lui, de le serrer dans mes bras, en toute amitié bien sûr, comme hurlait cette voix qui devait taire toutes les autres. En vrai, mon coeur était enveloppé dans cette douce chaleur, cette chaleur qui me signifiait que j'étais importante pour quelqu'un, et la seule personne qui avait de l'importance pour moi. Stan aurait pu tuer pour moi, au sens propre, et ça me terrifiait en même temps que cela me semblait évident. Après toutes ces années, nous étions l'excroissance de l'autre, nous ne pouvions plus vivre trop longtemps séparés l'un de l'autre. Et c'était ce qui m'avait déchirée ces dernières 24H .

Tendue vers lui pour évaluer l'étendue des dégâts, je manque de perdre l'équilibre, mais Stan me rattrape par les hanches, laissant une marque au fer rouge à travers ma robe, j'ai presque l'impression que je découvrirai la trace de ses doigts demain matin. Ce sont des marques qu'il ne me déplairait pas de porter. L'inscription sur ma peau de l'effet que Stan laisse sur moi sans même le savoir. Je pose mes mains à plat sur ses épaules, tendant davantage le cou pour observer ses blessures plus que nécessaire, je sens son souffle parcourir mon propre visage. Je sens presque son coeur expulser le sang dans ses veines sous mes mains, une pression qui ne s'apaise pas.  « T’inquiètes bébé, je serai toujours là, quoi qu’il arrive… Et je serai capable d’aller n’importe où pour toi, prêt à tout Poppy, tu le sais ! » grogne-il presque en m'arrachant un sourire, tandis qu'il attrape mon menton entre ses doigts, me laissant la même brûlure sous son regard. Son regard que je n'arrive pas toujours à traduire, trop lourd, trop profond, je m'en veux d'être aussi limpide. Mon regard est trop clair, il me voit à travers. Tandis que le sien, si sombre et opaque, me laisse démunie. Je repose mes talons sur le sol dans un léger claquement tandis qu'il examine mon poignet, je ne peux détourner les yeux de son visage, et mon sourire reste suspendu à mes lèvres. Je ne sais pas pourquoi je souris dans un moment pareil, je suis débile.  Malgré sa peau brûlante, Stan me laisse un violent frisson me parcourir toute entière quand il passe ses doigts sur ma peau comme s'il voulait la réparer et me réparer à l'intérieur. Peut-être que ça fonctionne, peut-être que ça m'apaise.

Je sursaute presque quand la porte s'ouvre et si Stan me brûle encore de ses yeux puissants, je tourne la tête vers son patron qui vient de surgir.  « Stanislas, tout va bien ? » Je jette un léger regard à Stan, me mord la lèvre et détourne le regard ailleurs, me reconnectant à la réalité et à la scène qui vient juste de se dérouler.   « Tout va bien ? T’es sur ? » Je me mordille la lèvre inférieure, mon esprit allant trop vite pour que je l'arrête, je me sens soudain submergée par mes pensées.  « Ouais patron. Un gars qui cherchait la merde. Il a attrapé Poppy, m’a tapé dessus, j’ai riposté … Il s’est barré. Fin de l’histoire. Encore une petite pause de dix minutes, tu permets ? » Mais Stan maîtrise comme il le fait putain de toujours. Je me sens soudain comme une putain d'assistée qui ne sait pas vivre sans lui, ne saurait pas survivre dans la jungle hostile de la vie sans ce mec pour me soutenir à chacune de mes conneries. J'ai mal au ventre. J'ai envie de vomir. Je tourne la tête et vois la porte se refermer derrière le boss de Stan.  « Il t’a fait mal ailleurs ce trou du cul ? » Dit Stan, m'arrachant à ma panique intérieure inexpliquée. Il sort deux clopes machinalement, indifférent à son propre état. « Non, t'inquiète, j'ai rien. » Il ne m'a pas fait mal. Pas au sens propre. « Et qui te dit que ça me ferait pas keaffer de prendre des grosses bites de black dans le cul ?  Et grosses grosses … t’as pas vu le calibre de mon engin … »  J'éclate de rire et glisse ma clope entre mes lèvres, je tends le visage vers lui pour qu'il l'allume, aspire une profonde bouffée et l'expire sur le côté avant de répondre : « J'imagine que c'est pour ça que t'aimes les grosses bites de noir. Sans doute parce que t'as une sensation d'égalité, c'est ça ? » Je lève les yeux au ciel avant de poursuivre : « Tu vas choper froid dans cette tenue, et ta priorité ça devrait pas être la clope, mais peut-être le sang qui te macule la gueule. C'est sexy dans les films, mais ça doit pas être super confort. » Quant à le faire avouer que ça lui fait mal, ce serait sans doute une autre paire de manche, connaissant sa fierté. Je tire une nouvelle taffe, profonde et expulse la fumée par le nez, laissant la cendre tomber sur le sol. Mon regard en suivant la trajectoire découvre des petites taches sur le sol. Une goutte confirma ma crainte, tombant sur ma main. Il pleut. « Putain, fais chier. » Je me détourne de Stan, tentant de ne pas laisser obséder par son bien-être alors que lui semble n'en avoir rien à foutre, et je me place près de l'entrée de service, bénéficiant des quelques centimètres de protection du toit, m'appuyant dos contre le mur. Mon regard se reporte sur Stan, mon ventre s'agitant de nouveau, me rappelant ce qui m'avait fait m'éloigner du comptoir. Ce putain de mec et ses putains de complications dont je n'avais aucune idée. Je le sondais, attendant qu'il me rejoigne avant de lancer, sans aucun instinct de survie étant donné la scène qui venait de se dérouler et déversait encore son adrénaline dans les veines de mon meilleur ami. « Tout va bien ? » La question anodine n'a pas le même sens que celle prononcée par son patron plus tôt, et il le sait. Je vais plus loin dans le temps, et je ne me questionne pas que sur le sang qui maquille son visage ni pour la scène que nous venons de vivre.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Mer 18 Jan - 15:23

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La flamme orange de mon briquet frôle la cigarette coincée entre ses lèvres colorées et lorsque ses yeux s’accrochent aux miens, c’est tout mon corps qui s’embrase. Je m’ébroue mentalement. Je n’ai pas le droit d’avoir ce genre de pensées, ce genre de ressentiments putain. Putain ! Qu’est-ce-qui m’arrive ? Je sais que toutes la nouvelle qui a chamboulé ma vie et la prise de drogues m’ont quelque peu changé, mais de là à clairement réagir comme ça face à Poppy. Ca ne me ressemble tout simplement pas. Fait chier Je veux pas ressentir ce genre de sentiments. C’est de la merde. Des putains de problèmes que j’ai pas besoin d’avoir. J’ai pas besoin de me créer des emmerdes supplémentaires. Et ces saloperies de sentiments qui naissent, ce ne sont que des emmerdes. Poppy ne veut pas ça, elle ne veut pas de moi comme ça, je dois me faire une raison, c’est ainsi. Mais bordel, j’avais la foutue impression que Poppy faisait tout pour me prendre dans ses filets. Son rire cristallin résonne dans l’arrière cour : « J'imagine que c'est pour ça que t'aimes les grosses bites de noir. Sans doute parce que t'as une sensation d'égalité, c'est ça ? » Je ne peux retenir un éclat de rire en faisant jouer mes sourcils. Ce qui m’arrache une grimace de douleur. J’avais déjà oublié que mon arcade était ouverte en deux. Le froid semble m’anesthésier, tant mieux. « Tu vas choper froid dans cette tenue, et ta priorité ça devrait pas être la clope, mais peut-être le sang qui te macule la gueule. C'est sexy dans les films, mais ça doit pas être super confort. » Je souris légèrement pour ne pas solliciter ma lèvre abimée et plonge mon regard chocolat dans l’océan de ses yeux :  « Tu t’inquiètes pour moi chaton ? A ce qui parait les gonzesses aiment bien qu’on se battent pour elles ? » Dis-je tout en me penchant pour que nos visages se trouvent à la même hauteur. J’écarquille légèrement les yeux lorsque je me rends enfin compte de ce que je viens de dire. Putain, je contrôle plus rien, même plus les mots qui franchissent la barrière de mes lèvres. Bordel de merde. Qu’est-ce-qui ne va pas chez moi ? Je ne suis pas net. Peut-être est-ce le manque qui se fait ressentir ? Non, je ne suis pas accroc. Je ne le suis pas. Il faut que je me répète ces quelques mots en boucle dans ma tête. Je ne peux et surtout ne doit pas être accroc. Je me l’interdis. Et pourtant je sais que si j’avais la possibilité de me prendre une petite dose, je ne pourrai pas refuser.

Mes yeux se détachent enfin de Poppy, un instant de répit, pour suivre la fumée qu’elle expulse de ses narines. Lentement, je lève la main jusqu'à ma bouche pour y coincer la cigarette, aspirant longuement. Le bout incandescent crépite sous la pression, le papier et le tabac se consument rapidement, la fumée envahie mes poumons. C’est bon. Je ferme quelques secondes les paupières pour apprécier le moment, le silence, l’odeur de Poppy qui flotte jusqu’à moi, la chaleur de son corps qui réchauffe le mien. C’est si bon. Rien ne m’a jamais paru aussi bon en réalité. « Putain, fais chier. » Je rouvre rapidement les yeux en recrachant la fumée, pour fixer Poppy.  « Hmm ? » Je grogne à son intention. Soudain, Poppy s’éloigne de moi, marche rapidement pour aller se caler contre le mur du bâtiment. J’hausse doucement les sourcils ne comprenant pas sa réaction. Alors que je tire une nouvelle taffe sur ma clope, une goutte vient s’écraser sur le bâtonnet blanc coincé entre mes lèvres, puis une autre sur mon front et encore une autre sur mon torse. Je jette un coup d’oeil à Poppy et souris en coin. Poppy et son détecteur à flotte. Mon corps est à nouveau parcourut de tremblements, surement dus à l’adrénaline, tandis que je me rapproche de Poppy pour imiter sa position. Bien sur je remarque son regard, je lis parfaitement ses pensées dans ses deux billes bleues. Je sais qu’elle se pose des questions, beaucoup trop de questions d’ailleurs. Des questions qui resteront sans réponses pour le moment. Mon passé est un sujet très sensible. Il m’est quasiment impossible d’en parler, et Poppy est la seule femme à en savoir autant sur moi. Mais je sais que ce n’est pas suffisant. Je sais qu’elle voudrait me connaitre comme moi je la connais. Et ça viendra. Lorsque je me serai libéré de mes chaines, lorsque les ombres de mon enfance se seront un peu dissipées. Pour l’instant, j’en suis incapable. J’ai trop de haine, trop d’amertumes, de rage. Poppy n’a pas besoin de toute cette merde, parce que je sais qu’elle y prendra à coeur, je sais que mon passé lui importera comme le sien m’importe. Tout ce que je veux, c’est la préserver, la protéger de toute cette merde que je trimbale. Mes yeux se fixent sur la peau fendue de mes articulations. Mes os souffrent, ma peau abimée atteste de la violence des coups que j’ai porté à ce bâtard, et je sers les dents en fermant et ouvrant ma main. « Tout va bien ? » Je redresse la tête, mon regard s’accrochant au numéro noté de mon avant bras avant d’atterrir sur le visage de Poppy. Je ne réponds pas tout de suite. Je sais pertinemment que la question ne concerne pas seulement mon état actuel. Poppy tente de savoir ce qui peut me tracasser. Je hausse les épaules avant de tirer une nouvelle fois sur ma clope qui se consume bien trop rapidement à mon goût.  « Ouais ça va … Je crois que je suis un peu trop tendu en ce moment. Et … Et j’ai tellement envie de démonter la gueule de ce mec Poppy … » Je lui dis tout en reportant mon regard sur les gouttes de pluie qui se mettent à tomber violemment, une vague de froid s’abattant sur nous.  « Faut que tu rentres Poppy, tu vas prendre froid. Et ma pause est terminée. » soufflais-je dans un soupire en jetant ma clope à terre, sous la flotte avant d’ouvrir la porte, attendant que ma meilleure amie entre.

Avant de refaire irruption dans la salle bondée et de me mettre sur le devant de la scène, je devais d’abord passer par les vestiaires, histoire de voir quelle tronche l’autre enflure m’avait faite. Je me rendis tout de suite dans le vestiaire et m’appuyais des deux mains sur le rebord du lavabo :  « Putain d’enfoiré, il m’a pas loupé. » Je détaille longuement mon visage. Les coupures à l’arcade et la lèvre sont assez profonde, ma peau est fendue en deux, le sang continue encore de couler et macule mon visage. Rapidement, j’ouvre le robinet pour faire couler de l’eau tiède avant de m’en asperger le visage, frottant légèrement pour faire partir le sang. Des traces violettes apparaissent déjà autour de mon oeil et sur ma mâchoire. Génial.  « Tu peux me filer l’alcool à 70°c steup’ » Je demande à Poppy, fixant toujours mon reflet dans le miroir.  « Au fait … Tu rentres avec moi ? » J’ose tout de même. Je prie intérieurement pour qu’elle me dise oui. Je serai incapable de rester calme et serein si ce n’est pas avec moi qu’elle décide de rentrer, mais je respecterai son choix, comme toujours.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Lun 6 Fév - 21:58

sunset lover.

poppy & stanislas

Putain qu'est-ce que ça me fait mal. Toutes ces pensées que j'assume pas, tous ces sentiments contradictoires qui animent mon ventre quand Stan est là. Toutes ces choses que je m'amuse à nier, affirmant haut et fort, convaincue, qu'il est mon âme soeur, mon alter ego, et que tout ce qu'il y a entre nous est trop fort pour le laisser se souiller par l'énergie de nos corps. Pourtant ça me brûle. Je ne me l'admettrais jamais, mais ça me brûle beaucoup trop. Je sens ses yeux qui me détaillent, cette peau qui appelle la mienne, ce regard de fauve et nos désirs que l'on tait. Parce qu'il le faut. Alors ça ne reste qu'une brûlure beaucoup trop forte au creux de mon bas-ventre, une brûlure qui me fait mal à crever et dont je persiste à nier l'origine. J'aurais du rester sous cette pluie qui se déclare, me laisser refroidir le corps sous cette douche naturellement froide. Cela m'aurait remis les idées en place. La peur, la colère, l'inquiétude, tous ces sentiments jetés pêle-mêle en moi ce soir ne contribuent pas à m'aider. Ni ce torse, ni cette peau. « Tu t’inquiètes pour moi chaton ? A ce qui parait les gonzesses aiment bien qu’on se battent pour elles ? » avait-il dit, son visage encore si proche du mien. Toutes ces blagues qu'on se lançait prenaient des allures trop sérieuses, toutes ces vannes... je n'avais même pas su répondre. Si cela m'avait fait de l'effet de le voir se battre pour moi ? Oui. Si je me l'avouais ? Certainement pas. Je préférais me laisser aller à la colère et la peur, l'engueulant pour calmer cette violente sensation m'ayant parcourue toute entière, taisant mes désirs au plus profond.
En vrai, la violence nous animait tous les deux. Nous étions portés par elle, c'était elle qui nous constituait. Parce qu'on avait la violence de vivre, malgré les merdes, nous nous levions toujours le matin, enragés de vivre. Pour moi c'était de la violence. Quelque chose de puissant qui nous étreignait l'estomac. Et parfois, parfois elle devenait trop forte, trop dense, et alors elle débordait, par passion, par peur, par instinct. C'était ce qui venait d'arriver à Stan. Je le savais maintenant, depuis longtemps, parfois la violence contrôlée devenait colère et chargeait ses poings de son électricité. J'avais appris à vivre avec cette violence en lui, parce que la même noircissait mes veines. C'était pourquoi malgré le désespoir parfois, nous n'avions jamais l'envie d'abandonner. Trop butés. Trop intenses. Parfois je me disais que ma relation avec Stan me détruisait autant qu'elle me portait, parce que nos sangs bouillonnant entraient trop en collision. Ce mec me tuait. Carrément.

Je sentais son corps chargé d'électricité se positionner à côté de moi près du mur, je lui jetais un regard en coin, ma question suspendue dans l'air. Je sentais presque les palpitations de son coeur jusque l'endroit où je me trouvais. Je n'arrivais pas à comprendre comment l'adrénaline pouvait provoquer autant d'effets en lui, je n'arrivais pas à saisir le pourquoi de certains gestes, de certains tics. Ces choses que je ne reconnaissais pas en lui m'inquiétaient parce qu'elles ne dataient pas d'aujourd'hui. Il me semblait si distant tout d'un coup, comme si je ne pouvais plus le saisir, comme si je perdais sa fréquence. Il hausse les épaules tandis que je tire sur ma cigarette :  « Ouais ça va … Je crois que je suis un peu trop tendu en ce moment. Et … Et j’ai tellement envie de démonter la gueule de ce mec Poppy … » Son regard se perd dans la pluie qui s'abat et moi mes yeux ne peuvent le quitter, analysant ses mots, analysant les imperceptibles mouvements animant son visage.  « Je sais. » avais-je répondu simplement. Bien sûr que je le savais. Mais le fait qu'il veuille le défoncer, ce n'était pas que parce qu'il m'avait agressée mais parce que Stan avait besoin de craquer. Et c'était tombé sur lui. Il avait besoin de défoncer des gueules, il avait besoin de tout ça pour calmer un truc, expulser quelque chose. Je lançais mon mégot plus loin et me tournais vers lui, ouvrant la bouche mais il m'interrompit :  « Faut que tu rentres Poppy, tu vas prendre froid. Et ma pause est terminée. »  Je soupire mais ne réponds pas, entre tandis qu'il me tient la porte.

Nous nous arrétons aux vestiaires, j'e récupérais la boite à pharmacie disponible dans une armoire tandis qu'il s'inspectait dans le miroir. Silencieuse.  « Putain d’enfoiré, il m’a pas loupé. »  Je m'approche de lui et scrute son dos, et la crispation de ses muscles.  « Faut que tu te calmes, Stan, t'es super tendu. Ca va pas t'aider à finir le service. » Pragmatique pour ne pas verser dans le mélodrame, nous n'étions décidement pas de ce genre.  « Tu peux me filer l’alcool à 70°c steup’ » Je lève la boite à pharmacie pour qu'il la voie dans le miroir puis le tire par le bras pour le pousser à s'asseoir sur une chaise, trop petite pour bien gérer s'il reste debout. Je sors l'alcool et tout le nécessaire pour le soigner.   « Au fait … Tu rentres avec moi ? »   « Hm. » Réponds-je me concentrant plutôt sur sa plaie à l'arcade pour d'abord la nettoyer ainsi que son visage. Je lui souris finalement :  « Ouais, t'inquiète, princesse, je te raccompagne, j'aurais trop peur que tu te fasses agresser sur le chemin du retour. » Je lui lance un regard taquin avant de lever les yeux au ciel.  « Attention, ça va piquer. » Dis-je avec un sourire carnassier avant d'appliquer l'alcool sur ses plaies non sans un léger plaisir sadique. Une fois le plus dur passé, j'ose tout de même ré-aborder le sujet :  « Tsé, faudra bien que tu me parles un jour, ça ira pas toujours de péter des gueule juste pour te calmer. » J'avais lancé ça comme ça, n'espérant pas de réponse immédiate, je voulais juste qu'il sache que je ne comptais pas le lâcher si facilement, il se rebiffait beaucoup trop et moi j'avais besoin de rester celle à qui il pouvait se confier.

Après avoir terminé de le soigner, je rangeais le nécessaire à sa place et me détournais. Au moins cela m'avait permis de me calmer un peu. La musique résonnait encore, étouffée, et moi j'avais l'impression d'être hors de ce monde, et que je n'avais plus rien à y faire pour ce soir. Pourtant je savais qu'une fois de retour dans ce amas de corps et d'énergie, je ne pourrais m'empêcher bien longtemps de céder à cette dernière.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Mar 7 Fév - 14:03

sunset lover.

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En réalité c’est Poppy qui me rend incontrôlable. D’ordinaire, je suis le genre de type à refouler ses émotions, à cacher ce qu’il ressent histoire de ne pas montrer ses sentiments. Je suis du genre à péter un câble mais faut vraiment me pousser à bout pour que je tape direct. Normalement j’attends simplement de pouvoir casser des gueules dans un environnement adapté, comme la salle de boxe par exemple. Mais depuis quelques temps, et bien avant que j’apprenne que j’étais père, bien avant que toute cette merde me tombe sur le coin du nez et me rende complètement dingue, Poppy agissait sur moi comme un orage sur un clébard. Elle me rendait dingue. Tout allait bien et je devenais soudainement fou en un clin d’oeil. Et Poppy était le tumulte dans mon ciel, alors que j’étais le sale clébard dégénéré. Même si elle était la lumière de mon existence, elle pouvait aussi être mon pire cauchemar, le côté obscur de tout ça. « Faut que tu te calmes, Stan, t'es super tendu. Ca va pas t'aider à finir le service. » Je ne répondis rien, surement parce que j’en avais rien à foutre. J’avais pas envie de me calmer, j’étais pas prêt de me calmer. J’étais en manque. En manque de cette foutue petite poudre blanche, de ces petits cristaux translucides, de sexe. J’avais besoin d’au moins un des trois si je voulais faire redescendre la pression, et ce n’était pas en me disant qu’il fallait que je me calme que ça allait m’aider. Poppy ne pouvait pas m’aider en réalité. Même si ça présence me faisait un bien fou, elle ne pouvait me fournir aucune des trois choses dont j’avais besoin. C’était un fait. Sauf si je décidais de la prendre sauvagement sur le rebord de ce putain de lavabo. Mais ce n’était pas prévu. Du moins, seulement dans mes rêves les plus fous. Je continue donc de fixer mon visage tuméfié dans le miroir tandis que Poppy revient avec la pseudo trousse à pharmacie. Ma meilleure amie a l’habitude de me retaper. Avec mes différents pétages de câbles, mes entrainements et combats de boxe, ce n’était pas la première fois qu’on m’abîmait. J’m’en foutais. Poppy me tire par le bras pour m’obliger à m’asseoir face à elle, lui offrant un meilleur accès à mon visage. Poppy n’est pas minuscule mais il est clair que par rapport à moi, elle est si frêle, si petite. Je ne dis rien, lui obéis, relève un peu le visage vers elle pour qu’elle puisse jeter un coup d’oeil à mon arcade fendue. « Ouais, t'inquiète, princesse, je te raccompagne, j'aurais trop peur que tu te fasses agresser sur le chemin du retour. » me répond-elle lorsque je lui demande si elle rentre avec moi. Je me sens me raidir à l’idée de ses jambes qui enserrent les miennes, de sa poitrine plaquée contre mon dos. J’inspire un grand coup en ricanant :  « T’as raison, on sait pas ce qu’il peut m’arriver sur le chemin. » Je grommelle, en la voyant sortir le liquide transparent. Elle lève les yeux au ciel et j’ai envie de la mordre, férocement. Son petit air condescendant me rend dingue. « Attention, ça va piquer. » me prévint-elle, un sourire sadique plaqué sur les lèvres. Je ne la quitte pas une seule seconde du regard, mes yeux parcourant son visage, la mâchoire serrée. Je n’ai pas mal. Je ne ressens rien, si ce n’est mes membres qui se mettent à trembler de manque. Merde. J’aurai dû prévoir. Cette petite baston m’a clairement vidé de mon énergie et de ce qui coulait dans mes veines. Je serai capable de retourner défoncer certaines gueules, mais je sais que mon corps ne le supporterait pas, ayant beaucoup trop besoin d’un stimulant artificiel. Ou peut-être est-ce mon esprit qui en a besoin ? « Tsé, faudra bien que tu me parles un jour, ça ira pas toujours de péter des gueule juste pour te calmer. » Je fronce les sourcils, le regard redevenu noir en un éclair. Je sais que Poppy ne lâchera pas l’affaire si facilement, ce n’est pas son genre, et c’est aussi ce qui m’a plu chez elle. Mais là, j’ai juste besoin qu’elle laisse couler, qu’elle me laisse m’exprimer comme ça. Du moment que ce n’est pas sur des gens à qui elle tient que je frappe, ça devrait le faire non ? Elle sait aussi que lorsqu’il s’agit d’elle, je ne peux plus être le même. Mon esprit réagit au quart de tour, je deviens dingue, enragé, une bête féroce et prête à tout démolir sur son passage pour protéger son trésor. Je soupire finalement redressant la tête, après un petit signe d’assentiment.

Mes yeux se pose alors sur la poitrine de Poppy et je me sens défaillir. Je sens le désir couler dans mes veines, descendre bas jusqu’à me faire durcir. Bordel. Je suis trop en manque. J’avale difficilement ma salive, bouillonnant. Si j’écoutais mes pulsions, je me jetterai sur elle. Mais je ne peux pas. C’est impossible. Il faut que je retourne travailler et vite. Il faut que je me change les idées. Que je me sorte Poppy et son corps de déesse de la tête.  « Merci infirmière. » Lui dis-je en me relevant, obligeant nos deux corps à se presser l’un contre l’autre. Pourvu qu’elle se sente par mon désir… Je l’embrasse furtivement au coin des lèvres et me détourne d’elle, passant rapidement la porte de service pour baigner à nouveau dans la moiteur, la chaleur et le bruit de la salle. Ca devrait me remettre les idées en place, mais ce n’est pas encore ça. Je suis trop oppressé par mon entre-jambe encombrant. Bordel de merde.
C’est à peine si je vois Poppy sortir de l’espèce employé alors que je repasse derrière le bar. Je tente de me replonger dans mon boulot en oubliant les regards intrigués des clients. Ouais, j’avais une gueule d’ange dix minutes auparavant, et me revoilà avec un beau ravalement de façade, je sais les gars, passez votre chemin. Alors que je m’apprête à prendre la commande d’un grand blond, mon regard s’accroche à celui de celle qui me taquinait tout à l’heure. Je ne dis rien, ni ne fait aucun geste, mais elle doit le sentir. Elle doit sentir la force qui s’émane de moi, de mon désir brut, de mon besoin pressant. Je ne suis plus qu’une bête en rut. Elle s’approche d’une démarche chaloupée, plus qu’aguicheuse. un sourire carnassier plaqué sur ses lèvres pourpres. C’est exactement de ça dont j’ai besoin. Je sers le verre du client et fais à nouveau le tour du bar. Cinq minutes, dix minutes. J’ai besoin de ça. Je dois relâcher la pression, et je n’ai que cette solution sous la main.

J’entraine la fille à ma suite après lui avoir violemment attrapé le poignet. Direction les chiottes. Je ne fais pas attention aux gens qui nous entourent, je slalome, j’oublie tout et me focus sur mon besoin. Je la plaque violemment contre le mur des toilettes, mes lèvres fondant sur les siennes, ma langue cherchant la sienne. Bordel. C’est pas ça que je veux. Tout ce que je vois c’est une longue chevelure blonde, un corps parfait, des seins qui se dressent, fiers, face à moi, des lèvres … pas des putains de lèvres carmin. Mais j’en ai rien à foutre. J’ai pas le choix. Pas le choix putain. Il n’y a qu’elle que je veux, mais voilà ce que je récupère. Rapidement, je l’oblige à enrouler ses jambes autour de mon bassin, tandis que d’une main je libère mon membre. Avant de l’empaler. Je grogne d’aise. J’avais juste besoin de relâcher la pression.

Dix minutes plus tard, la fille sort des toilettes, un sourire aux lèvres. Elle aussi n’avait besoin que de ça. Je me rhabille rapidement, efface les traces de rouge à lèvre de mon visage et retourne derrière le bar. Je ne sais pas si Poppy nous a vus, je ne sais pas où elle se trouve. Je la cherche des yeux tout en revenant à mon poste, un peu plus détendu qu’auparavant. Mais avec des images, d’une certaine blonde, que je ne devrais pas avoir dans la tête.

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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Jeu 23 Fév - 22:17

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Quand je me confronte à Stan, j'en reviens toujours aux mêmes conclusions, je n'arrive plus à savoir qui des deux entre nous est bipolaire, je n'arrive plus à savoir quand je comprends ou non ce qu'il est, je n'arrive pas à comprendre pourquoi je m'obstine toujours à trouver des réponses qu'il ne fournit de toute façon que quand il en éprouve le désir. Alors il me laisse là, plantée comme un piquet, dans mes questions et mes doutes, et si la certitude que je compte réellement est bien là quand je l'ai aussi proche de moi, quand je me confronte à l'extérieur, au monde qui s'écoule hors de lui, je n'arrive plus à savoir, je suis partagée dans mes idées, et parfois quand la vie décide de défoncer mes rêves à coup de pelle, je finis par me dire qu'en vrai il en a plus rien à foutre de ma gueule et que cette violence qu'il déclare quand on s'attaque à moi n'est plus qu'un vilain réflexe. Je ne sais plus à quel moment tout cela a changé, mais ces derniers temps tout semble tellement triste. Avant, malgré nos vies de merde respectives, nous passions juste au dessus et riions comme des cons, l'énergie de nos soirées n'avait pas la même substance, nous nous éclations juste comme nous savions tant le faire. Maintenant cette tension inexplicable recouvrait tout, ainsi que ces décharges électriques qui se répandaient en moi à la moindre petite chose. Etait-ce parce que nous arrivions à saturation l'un de l'autre ? Je ne pensais pas, en vrai si j'avais écouté mes pulsions, j'aurais constamment été avec lui, tel le petit chien qu'il prétendait justement si bien avoir. En vrai, je le soignais parce que c'était une occasion de plus d'être en contact avec lui, de sentir sa proximité. Mais parfois ça me tuait, j'avais envie de glisser mes mains dans ses cheveux et de lui tirer, j'avais envie de mordre son visage et de lui griffer le dos, il animait un désir sauvage en moi, alors que je n'étais pas nécessairement la fille aussi exotique sexuellement qu'on aurait pu imaginer en me voyant si extravagante. Mais Stan. Enfin, ce qu'il faisait naître en moi c'était une pulsion violente, et cette lutte de pouvoir entre nous nous aurait sans doute détruis si nous nous étions laissés aller à nos désirs. Les rares fois où j'osais m'admettre le vouloir à en crever, je finissais toujours par me dire qu'une telle relation nous serait néfaste, nous aurions fini par nous entretuer. Les gens autour étaient si fades, quand nous rencontrions d'autres personnes cela se passait sans encombre. Stan quand a lui avait beaucoup trop de caractère, il était beaucoup trop riche en sensation, et c'était ce qui faisait qu'il était mon meilleur ami, nous étions animés de la même passion dévorante. Alors si elles devaient se rencontrer, je ne donnais pas cher de nos peaux.

Il s'était finalement relevé, attendant à peine que je termine de le soigner. Je l'avais suivi du regard, celui-ci ayant capté le tremblement de ses mains, je ne comprenais pas pourquoi il ne parvenait pas à se calmer, et cette vision de son corps électrique me rappelait Jake, mais je me faisais de fausses idées. Je me demandais pourquoi l'adrénaline respirait pourtant autant à travers ses veines au point de le faire palpiter littéralement. Je restais un instant immobile et tournais finalement la tête vers le miroir pour croiser mon propre regard et ce visage que je n'avais pas l'impression de connaître, ce maquillage, ces cheveux raides attachés, cette poitrine serrée dans cette robe noire. Qui avais-je vraiment voulu impressionner ce soir ? Je n'en savais plus rien. Lorsque je sortis, mon regard se focalisa presque immédiatement sur la salope de tout à l'heure se dirigeant vers Stan telle une chatte en chaleur et je levais les yeux au ciel. Ce n'est que lorsque j'arrivais au comptoir au moment où il le quittait que mon sang se mis à bouillir et bourdonner dans mes oreilles, ce bruit désagréable se mêlant à la musique. Et ce fut l'arrêt total de ma capacité de réflexion quand je les vis disparaître aux chiottes. Je m'appuyais sur le comptoir, y appuyant mes seins et appelant un serveur, j'avais fini par tous les connaître. Je lui commandais alors une ligne de shoot de sa convenance, parce que j'avais « envie de me mettre bien », ajoutant un clin d'oeil et un billet. Une fois les verres alignés, les quelques personnes autour de moi firent les chauds, persuadés que je prendrais un temps fou à les engloutir, ce que je ne tardais pas à démentir avec les actes. Des sifflements, et des exclamations d'encouragement me poussèrent à siffler tous les verres sans sourciller, je levais finalement le bras en riant, telle la vainqueur d'un grand concours, alors qu'en vrai, j'enrageais. Mon estomac était noué et mon coeur s'emballait dans ma poitrine. Je me dirigeais finalement vers le groupe de personnes que je connaissais et que j'avais salué au début, je passais experte en l'art de la simulation et allait danser un peu avec l'un d'eux que je savais attirer depuis longtemps. Et pendant que je collais mon corps au sien en me déhanchant, des flash venaient dans ma tête en même temps que la musique se faisait plus électronique, et les flash plus intenses. J'imaginais les lèvres de Stan frôler son cou, j'imaginais ses mains enserrer ses fesses, je l'imaginais dans les chiottes, la pressant contre la paroi, lui arrachant presque ses vêtements pour s'évanouir en elle. Alors je sautais, dansais, me déhanchais, soupirais, alors que cette haine silencieuse se dispersait dans mes veines et j'avais mal, mal parce que je l'imaginais dans ses coups de reins violent, dans sa rage de domination, je l'imaginais s'anéantir en elle, ses doigts puissants serrés sur ses cuisses, sur ces fesses rondes et bien formées, et pendant que j'imaginais ses lèvres abîmées saisir les siennes maquillées de ce rouge-putain, je frottais mon corps contre ce mec qui n'était rien pour moi. Dans mes gestes vains, dans ma folie et dans mon désespoir, et cette meuf trop bonne, si bien formée, moi si plate, si inconsistante, je n'étais qu'une petite fille pour Stan. Et pendant ce temps pas si long, j'imagine, je m'étais enfilé trop de verres et j'avais dansé comme une dingue, et pendant ce temps si court, j'avais réussi à attraper les lèvres de mon partenaire des miennes pour les mordre littéralement de frustration, lui faisant glisser ses hanches jusqu'à mes fesses. Et pendant ce temps si ridiculement court je m'étais transformée en la pute dont parlait mon agresseur de tout à l'heure, il ignorait à quel point il avait raison. Je détachais mes cheveux et les laissaient tomber en cascade dans mon dos nu, dansant compressée à ce corps qui ne m'animait pas. Et tournant la tête j'aperçus au loin Stan ressortir des toilettes, sans doute soulagé de son excitation passagère. J'avais envie de lui cracher à la gueule, d'arracher son visage parfait déjà abîmé par ma faute. Et sa pute, j'avais tout bonnement envie de la buter, elle et son regard suffisant de conquérante. J'avais envie de dégueuler.

Quand mon regard se reposa sur mon partenaire je lui lançais un regard de fauve qu'il n'avait jamais su animer chez moi et eu un sourire provocateur : « J'en ai déjà marre d'ici, on y va ? » Je penchais la tête et soufflais d'un voix chaude contre son oreille : « C'est ce soir ou jamais, bébé. » Je concluais d'un regard de putain, cette putain que je détestais tant en moi. Et tandis qu'il se précipitait pour récupérer ses affaires, je lançais un regard vers Stan avant de suivre l'heureux élu en lui attrapant la main. Que Stan aille se faire foutre, il n'aurait qu'à se reconduire tout seul à l'appart et qu'il crève dans sa solitude, j'en avais plus rien à faire. Puisque j'étais si chiante à ses yeux, qu'il préférait aller se faire une salope dans les chiottes plutôt que me parler, et bien soit. Ce soir, je ne rentrerais pas à l'appart. Et encore moins avec lui.
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MessageSujet: Re: Poppy › Sunset lover   Dim 26 Fév - 23:41

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Cette impression de planer ne me quitte pas une seule seconde. A peine ai-je franchi la porte des toilettes, je replonge dans cet univers de débauche, de corps pressés, enlacés, se mouvant au rythme de la musique qui pulse, qui résonne dans nos têtes, dans nos corps. J’ai l’impression d’être ailleurs, comme si mon âme était en dehors de mon corps, comme si je n’avais plus qu’à me laisser porter par le flot et juste kiffer. Voilà pourquoi j’aime bosser ici. Je n’ai plus besoin de me poser des questions sur moi, sur ma vie. Je suis en dehors de toute réalité et tout ce qui m’importe est de bien servir mes clients, d’apprécier le moment, de satisfaire les personnes qui s’adressent à moi. Je n’ai plus besoin d’être Stanislas, le mec rageur qui se pose beaucoup trop de questions. Je dois juste être Stan, le beau gosse du bar. C’est tout ce qu’on me demande, et ça me suffit parfaitement. Mais en dehors de ce lieu et de cette atmosphère, le soir, de retour dans mon appartement que je partage avec Poppy, je redeviens ce mec, je redeviens l’homme que je suis vraiment, pas seulement pour moi, mais aussi pour Poppy. Car si je n’étais pas ce gars qui se prend trop le chou, si je n’étais pas soucieux du bien des personnes qui me sont chères, je ne pourrai pas veiller sur Poppy comme je le fais. Et alors, que serait-il advenu d’elle ? Où serait-elle là maintenant ? Où se trouverait ma Poppy si souriante, ma Poppy râleuse, ma chieuse, mon rayon de soleil ? Elle ne serait pas. N’aurait jamais été. Elle serait restée l’ombre d’elle même.

Les heures passent à une allure folle, je n’ai pas le temps de parler à Poppy. Je sais qu’elle a rejoint quelques connaissances, elle doit surement passer du bon temps avec eux. Je préfère quand elle retrouve des amis ici les soirs où je travaille, plutôt qu’elle reste seule à m’attendre à un coin du bar. Je me sens moins coupable de lui demander de venir. Mais quand Poppy est avec moi, même si nous ne nous parlons pas toutes les cinq minutes, ça me fait passer la soirée plus vite. Ses petits coups d’oeil, ses petits regards rieurs m’apaisent et me rappellent pourquoi je travaille. Pour lui éviter de faire des heures dans ce foutu supermarché pourri. Je voudrais la sortir de la bas, lui dire de faire ce qu’elle veut, qu’elle n’a pas à se préoccuper de la thune, que je veille au grain, mais je sais qu’elle m’enverrait chier, et surtout, pour l’instant, je ne gagne pas assez pour nous faire vivre tous les deux de façon convenable.

Les derniers clients quittent le bar, doucement, en riant, en hurlant des mots incompréhensibles, en titubant surtout. Le boss me file une claque dans le dos, jetant un coup d’oeil à mon visage tuméfié. Il ne me dit rien. Il sait qu’il ne vaut mieux pas, pour lui comme pour moi. Il secoue la tête doucement, un petit sourire aux lèvres. Il sait ce que c’est. Je l’ai lu dans son regard la première fois qu’il m’a vu dans cet état. Il a été comme ça lui aussi, sanguin. Il me dit bonne nuit et je sors dans la nuit noire. Poppy doit m’attendre près de ma moto. D’ordinaire elle m’attend pour sortir, mais elle n’est plus à l’intérieur du bâtiment. Mais plus j’avance vers ma bécane, plus je me rends compte que quelque chose cloche. Personne ne se trouve autour de mon bolide. Aucune silhouette féminine, aucune silhouette tout court ! Qu’est-ce-que … Je sors mon téléphone de ma poche arrière et l’allume. Rien. Aucun message, aucun appel manqué. Tout en m’allumant une clope, je retourne toqué à la porte de l’arrière cour :  « Eh, Poppy est à l’intérieur ? » Le boss entrouvre la porte et me dit qu’il n’y a plus que lui. Je ne comprends rien. Je tire rageusement sur ma clope, composant le numéro de Poppy, que je connais par coeur. Une sonnerie, deux sonneries, trois, quatre … le répondre. Pas possible. Je m’acharne plusieurs fois. Toujours rien. Je tente de l’appeler une dizaine de fois, mais elle ne répond pas. Je fais le tour du bâtiment, enfourche ma moto pour parcourir les ruelles alentour. Personne. Serait-elle rentrée à l’appartement sans me le dire ? Mon coeur bat à mille à l’heure et à nouveau, j’ai peur.

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