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 PSYCHO > Enjoy the silence

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inscription : 04/01/2017
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civil status : Célibâtard
job, studies : Guitariste/chanteur par passion, barman pour payer les factures.

MessageSujet: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 27 Fév - 0:01

Enjoy the silence

poppy & stanislas


Je suis pas le genre de mec parano, ni hystéro d’ailleurs. Je sais me calme, je garde tout à l’intérieur et après, ça pète, violemment. On m’a souvent dit que je devrais extérioriser ce qui me ronge de l’intérieur plutôt que de tout garder pour moi. Mais je suis égoiste. Je partage pas la merde que j’ai dans la tête. Je préfère être là pour les autres. Je préfère me concentrer à sauver les âmes en détresse plutôt que de me faire sauver. Alors quand quelque chose ne va pas, je ne suis pas paranoïaque. Je suis plus du genre à croire que ça n’arrive qu’aux autres. Mais là, à peine ai-je posé un pied à l’intérieur de l’appartement, je pète un cable. Poppy n’est pas là. Ses chaussures ne trainent pas au milieu de l’entrée, ses clés ne sont pas accrochées sur le porte-clé mural accroché juste derrière la porte, son parfum n’emplit pas la pièce, aucune musique ne résonne, aucune lumière n’est allumée. Rien. C’est vide. Vide. Je sens mon coeur s’emballer furieusement dans ma cage thoracique. La bile me remonte dans la gorge, mon estomac se serre et une douleur insupportable me vrille le côté droit de la tête, m’empêchant de voir de l’oeil droit. Une putain de migraine est en train de me rendre dingue. Je balance mon casque sur mon lit, ainsi que ma veste en cuir. Même si je sais pertinemment qu’elle n’est pas là, je regarder dans chaque pièce. Personne. J’ouvre violemment la porte de sa chambre qui vient claquer contre le mur. Le lit est toujours fait, aucun vêtement ne traine par terre. Je désespère et devient fou. De rage, je frappe le mur le plus proche. Mon poing s’enfonce dans le placo pourri de l’appartement.

De nouveau, pour la trentième fois en moins d’une heure, je compose son numéro. Et encore une fois, mon appel sonne dans le vent. Je ne supporte plus ce putain de répondre, avec sa putain de voix qui me rend complètement dingue. Je laisse un nouveau message, tout aussi enragé que les précèdents :  « POPPY PUTAIN DE MERDE ! RÉPOND ! RÉPOND MOI !! » Je hurle dans mon téléphone avant de le balancer avec force dans mon fauteuil en cuir. Un putain de cadeau de Poppy. Je deviens fou. C’est la foutue première fois qu’elle me fait ça, qu’elle ne répond à aucun de mes appels, aucun de mes messages. Pourtant, on s’est toujours dit quand nous découchions, quand on allait baiser chez quelqu’un. Ce n’est pas son genre de ne pas me prévenir. Je sais que je devrais me calmer, respirer, me poser et surtout prendre une dose, parce que je suis clairement en manque. Elle doit surement être sortie, peut-être même qu’elle est allée continuer la fête avec ses collègues, ou qu’elle est tombée sur un gars qui lui plaisait et est partie avec lui. Mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le pire. Je ne peux m’empêcher d’imaginer quelqu’un toquer à ma porte pour me dire que ma meilleure amie est décédée. Putain. Je m’agrippe les cheveux en poussant un cri de fureur. Je me précipite vers ma chambre et ouvre précipitamment mon Tiroir du Paradis, comme j’aime l’appeler. Dans mon empressement je renverse mes pilules et autres conneries sur le sol. Mais rapidement je trouve ce dont j’ai besoin. Quelque chose qui m’aidera à reprendre pieds, qui me calmera, me fera planer, m’aidera à attendre patiemment Poppy. Ou peut-être même à aller dormir.

Deux heures plus tard je tourne dans mon appartement comme un lion en cage. Je me retiens d’appeler tous les hôpitaux de la ville. Un verre de whisky à la main, l’appartement plongé dans le silence, la télévision projetant des images sans son, je fume ma clope, mon téléphone à la main. Téléphone que je ne cesse de fixer depuis des heures. Putain, mais à quoi joue-t-elle ? J’essaie de me refaire la soirée dans la tête. En revenant bosser, après qu’elle ait joué les infirmière, elle ne semblait pas m’en vouloir d’avoir littéralement pété un plomb. Mais alors pourquoi avait-elle disparue sans laisser de traces ? Pourquoi ne m’avait-elle pas dit où elle allait ? Pourquoi Poppy aurait-elle pu m’en vouloir ? Elle avait disparue après mon entrevue avec la chaudasse dans les toilettes. M’avait-elle vu ? Etait-ce pour ça ? Je ne voyais pas le problème. Mais en réalité, je ne voulais surtout pas voir la réalité en face. Pourquoi avais-je pété les plombs ? Parce qu’un mec l’avait touchée. Pourquoi pétais-je les plombs là maintenant ? Parce qu’elle était surement en train de baiser avec un autre mec…

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Dernière édition par Stanislas Coleman le Lun 27 Fév - 22:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 27 Fév - 16:28

enjoy the silence.

poppy & stanislas

On veut toujours tout comprendre, on veut toujours tout analyser, on veut toujours tout savoir, et tout contrôler. Mais en vrai, Stan et moi, comme le reste du monde d'ailleurs, nous ne maîtrisons que dalle. Un sentiment trop fort, une décharge dans l'air, et tout le monde se retrouve à l'envers, et on se retrouve à faire des trucs qu'on ne voulait pas forcément, et on se retrouve à souhaiter avec rage des choses qu'on n'aurait jamais imaginé ne serait-ce que penser. La jalousie, la peur, la solitude... Et tant d'autres choses qui pouvaient nous faire chavirer de l'autre côté. Et ça y était une fois de plus. J'étais de cet autre côté. Ce côté où la réflexion n'avait plus lieu d'être, où les sensations prenaient le dessus, les instincts primaires et bestiaux. Mon cerveau s'était sans doute mis en mode off. Je m'étais mise à tituber, les shoots ne m'avaient pas fait du bien, surtout ingérés à une telle vitesse. Et puis lui, lui qui semblait si libéré, si léger. Je le voyais ressortir des toilettes avec toute cette tension qui m'avait presque électrisée évaporée. Il s'était juste délivré en quelqu'un d'autre, et ce quelqu'un n'avait pas été moi. Tout cela. Toutes ces choses. Ces petits détails sans importance. Ma tête. Elle allait exploser. Mon coeur, j'allais le recracher. De toute façon, il avait été écrasé une fois de plus, raison de plus pour ne plus en avoir, pour ne plus penser à l'autre, pour jouer l'égoïste. C'était ma manière à moi de voir, ma manière à moi de le ressentir. Je voulais... Je sais pas. Qu'il me cherche, qu'il réalise, qu'il... Un regard sur le brun qui m'accompagnait, son visage anguleux n'avait pas le charme dingue de Stan, et j'avais presque pitié de me jeter sur lui sans aucune considération, mais il ne voulait que mon cul, et moi je voulais juste un moyen. Un moyen de passer au dessus de tout ça.

Arrivés chez lui, nous avons bu. Et fumé. Trop. Beaucoup trop. Et les effets de la beuh agissaient sur mon esprit et l'effet de l'alcool sur mon corps, et tout ne faisait plus que planer autour de moi, je m'étais mise à danser pieds nus, les cheveux dans le visage, chantant des paroles indistinctes, lâchant des rires presque hystérique, presque désespérés. Parfois mon regard se dirigeait vers mon téléphone d'habitude tellement nié, mais pas de réaction. Stan travaillait encore. Sans doute. En tout cas il n'avait pas remarqué mon absence. Alors j'avais poussé mon ami – n'était-il finalement pas imaginaire ? - sur son sofa en lui arrachant ses vêtements un à un. Puis je l'ai baisé avec l'énergie du désespoir, à califourchon sur son corps cambré, presque tremblant. Mais l'herbe, l'alcool, tout ça se faisant, et nos corps trop déchirés, il n'était parvenu à rien. Je m'étais sentie pathétique. Si pathétique et vide. Et lui se confondait en excuses, sans doute se haïssant d'avoir manqué le coup avec moi. Et moi j'avais juste l'impression d'être une grosse nulle. Je l'avais rassuré de trois phrases et m'étais rhabillée lentement, la tête dans la brume, le coeur dans le ventre et le ventre à l'envers. Puis j'ai vu mon téléphone vibrer sur la table et j'en ai presque sursauté, quand j'ai vu le nom de Stan s'afficher, j'ai eu mal. Mal à crever, alors j'ai regardé ce mec si gentil à côté de moi, penché vers moi pour s'assurer que j'allais bien et j'ai fait un sourire aussi pathétique que moi avant de lui demander d'une voix enrouée si je pouvais rester dormir une heure ici avant de rentrer. Je me suis rappelée pourquoi il était mon pote, parce qu'il m'a juste dit que bien sûr, malgré l'échec de l'aventure. Et je me suis sentie encore plus nulle de l'avoir forcé à suivre mon instinct de folle furieuse, alors que visiblement je l'angoissais trop et qu'il aurait sans doute voulu que ça se passe autrement. Je me suis excusée, il m'a serrée contre lui et ça m'a rassurée. Un peu.

J'ai insisté pour rester dans le sofa et qu'il aille se coucher, il avait une tête de déterré, je m'étonnais même qu'il ne fut pas malade après tout ce que l'on avait ingéré. Je m'étais assise les genoux replié contre ma poitrine, fixant mon téléphone sans répondre, ne comprenant pas pourquoi j'avais si mal et si peur à la fois. Une partie de moi hurlait de répondre, l'autre me disait qu'il ne valait mieux pas. Je n'avais pas d'excuse, la soirée avait été pourrie jusqu'au bout et j'avais peur de traverser la ville de nuit comme ça maintenant – je savais que je ne trouverais pas le sommeil. Je savais qu'il me suffisait de décrocher et de lui demander de venir me chercher et il l'aurait juste fait. Mais je devais arrêter de dépendre autant de lui, arrêter de me sentir si fragile quand il n'était pas là. Alors j'ai éteint mon téléphone et j'ai enfoncé ma tête dans mes genoux en soupirant profondément, malmenée par la complexité de mes sentiments.

Quand les rayons du jour ont commencé à percer l'horizon, je me suis levée et j'ai enfilé par dessus ma robe un pull de mon hôte qui traînait, parce que j'avais pas trop envie de me balader comme une prostituée à cette heure. Quand je suis sortie j'ai respiré l'air à fond, encore un peu saoule, encore défoncée, et je ne croisais que les premiers travailleurs qui partaient sans doute en train vers leur emploi. Je trainais un peu les pieds, angoissée à l'idée de rentrer, arrivée en bas de l'appartement, je m'allumais une cigarette. Une dernière avant la tempête, j'appréciais mes dernières secondes de calme, sachant parfaitement que Stan serait là. Embrumée, j'écrasais mon mégot sur ma semelle, le jetais dans le cendar à l'entrée avant de monter les marches pour rejoindre notre chez nous. Après avoir ouvert la porte fermée à clé, je m'introduisais dans l'appartement et fermais la porte derrière moi, par automatisme, enlevant mes bottes à l'entrée avec les gestes d'un robot. Puis je me redressais et levais la tête vers la silhouette de Stan, croisant son regard, bien qu'effrayée à l'idée de ce que je pourrais y voir. Alors je tentais d'effacer la nuit de merde, l'angoisse, les craintes, les violence de ma jalousie que je ne m'expliquais toujours pas, et d'être juste Poppy : « Pas encore couché ? Tu m'as attendu ? » A croire que je le provoquais, que je voulais de sa colère, que je voulais qu'il s'énerve, qu'il défonce tout, pour me ressentir encore avoir de l'importance et aussi pour me punir moi-même de ce que j'avais fait et qui m'apparaissait de plus à plus comme une belle grosse idée de merde.
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Dernière édition par Poppy Hamilton le Lun 27 Fév - 23:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 27 Fév - 22:06

Enjoy the silence

poppy & stanislas


Mon corps tout entier est tendu à l’extrême. Je suis capable de devenir malade en un claquement de doigts. Tout mon corps bouillonne non seulement de rage mais surtout de peur. Je suis terrifié à l’idée que quelque chose soit arrivé à Poppy. Ce n’est pas son genre de ne pas me tenir au courant. Mon coeur bat si fort dans ma cage thoracique que le sang afflue dans ma tête. La pression augmente, le bourdonnement se fait de plus en plus important, il m’emporte les neurones, les pensées. Je n’ai plus aucunes pensées cohérentes. Pourtant, je suis rationnel. Je ne crois en rien, si ce n’est ce que je vois de mes yeux, comme Saint Thomas. Mais putain, toutes ces images qui tournoient dans mes pensées, toutes ces saletés me montrant Poppy étendue raide morte, ou encore ces flics qui viennent m’annoncer qu’elle a été retrouvée dans la rue, à moitié nue. Puis je l’imagine ne plus jamais revenir ici, ne plus jamais me revenir et j’ai envie de hurler à la nuit de s’achever pour que je la retrouve, parce que c’est simplement impossible. Poppy ne peut pas me lâcher, elle ne peut pas disparaitre et se volatiliser dans la nuit noire. Les heures passent, autant je trouve que le temps passe vite, bien trop vite, mais autant les minutes s’écoulent à une allure si lente que j’ai l’impression que je vais imploser d’une minute à l’autre. Ces minutes m’empêchent d’arriver au moment où la belle blonde qui vit à mes côtés chaque jours passera la porte d’entrée. Je deviens fou, littéralement. C’est la première fois de ma vie, et je n’arrive pas à comprendre comment les gens peuvent être si souvent stressés et angoissés à ce point. Je ne survivrai pas une minute de plus. Comment font les parents dont les enfants ont disparus ? Dont on ne sait ce qu’ils sont advenus ? Comment peuvent-il continuer à avancer dans la vie ? Je n’arrive pas à le concevoir, ni à le comprendre. Poppy n’est certes pas mon enfant, ni ma copine d’ailleurs mais putain, je tiens à elle comme à la prunelle de mes yeux.

Je reste sans nouvelle pendant encore de longues heures. Et je ne bouge pas. Enchainant les clopes, fixant de mon regard vide les images sans son d’un documentaire sur la seconde guerre mondiale. Les images sont violentes, cruelles. Les corps des soldats volent dans les airs, éclatent en milliard de morceaux parce qu’ils viennent de marcher sur une mine. La faim, la fatigue, la peur leur tirent les traits. Ils n’ont plus que la peau sur les os. Mais ils avancent, sans cesse. Mais tout ce que vois c’est le doux visage de Poppy, ses traits fins presque anguleux. Son regard acier et sa bouche parfois carmin. Pour la millième fois je me passe la main dans les cheveux, agrippant ma tignasse brune. Pourquoi ? Pourquoi me fait-elle ça ? De quoi veut-elle me punir ? Qu’ai-je bien pu lui faire pour qu’elle m’en veuille à ce point ? Au point de me laisser sans nouvelles d’elle, imaginant le pire, alors qu’elle m’a dit que nous rentrerions ensembles ? De qu’elle cruauté peut-elle bien faire preuve ? Je suis partagé entre l’envie d’hurler de rage et de tout briser dans l’appartement et l’envie d’aller me foutre en boule dans son lit et de pleurer comme une merde. Mais je fais rien. Je reste simplement prostré dans ce foutu fauteuil, attendant son retour. Chaque minute qui s’écoule me fait saigner un peu plus, me tue.

Et alors que les premiers rayons du soleil viennent illuminer mon visage, je sais que je devrais relativiser et me dire qu’elle a simplement découcher sans me prévenir. Soudain, on introduit une clé dans la serrure. Je me tend, me redresse, tourne lentement la tête en direction de l’entrée alors que la porte s’ouvre. Et elle est là. La mine complètement fracassée, vêtue d’un pull que je ne lui connais pas, qui n’appartient ni à elle, ni à moi. Je me redresse, la regarde quitter machinalement ses bottes pour avancer dans le couloir. Je devrais me jeter sur elle pour la prendre dans mes bras, respirer son odeur et le serrer aussi fort que possible pour me rendre compte qu’elle est bien là avec moi. Mais je ne le fais pas. Car même si la première sensation que j’ai eu était le soulagement. Le soulagement de la voir rentrer, saine et sauve, tout ce que je ressens à présent est la haine. A l’état pur. J’ai envie de la défoncer. Bien sur, je n’en ferais rien, jamais je ne lèverais la main sur Poppy, plutôt me couper un bras que de faire ça. J’ai envie de lui hurler de ma rage à la gueule. Envie de la secouer dans tous les sens. et de lui demander ce qui ne va pas chez elle. Mais je reste là, devant elle, les bras ballants. Je suis dégueulasse, je n’ai pas pris le temps de me laver de peur de louper quelque chose. J’ai les yeux explosés, je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit. Les traces de sang maculent encore mon corps et mon visage. Et tout ce qu’elle trouve à me dire est : « Pas encore couché ? Tu m'as attendu ? » Se fout-elle vraiment de ma gueule ? Le pression augmente encore plus dans mon corps. J’en suis malade. Comment peut-elle seulement me sortir une connerie pareille ? Je serre les mâchoires, les narines dilatées par la tempête qui fait rage en moi. Je me contente de la regarder, mes yeux devenus noirs lancent des éclairs. Je croise les bras avant de faire un pas en direction de ma chambre, détournant la tête d’elle :  « Essaie de me prévenir la prochaine fois que tu vas baiser…Un signe de vie, c’est tout ce que je demande ! » je crache avant de me jeter sur la porte de ma chambre, de l’ouvrir violemment et de la claquer. Putain de merde. Pourquoi ? Je m’adosse à la porte à me prenant la tête dans les mains. Je pousse un cri de rage en tapant du plat de la main contre le mur. Elle se fout de ma gueule.

Je ne reste pas longtemps dans ma chambre, je suis bien trop fou, bien trop fou de rage pour aller me calmer tout seul dans ma chambre. Je tente de reprendre ma respiration plusieurs fois, histoire de faire redescendre la pression dans mon corps, mais rien n’y fais. Je ne suis que lave et tempête. Un tsunami d’émotions et de sensations me ravage l’esprit. Je rouvre la porte avec autant de violence et me dirige droit sur elle. Je l’attrape par les épaules avant de la plaquer contre le mur le plus proche :  « Putain, mais à quoi tu joues ? A quoi tu joues Poppy ? » Je lui hurle au visage, mes doigts s’enfonçant dans ses bras, mes hanches bloquant les siennes :  « Mais qu’est-ce-que j’ai bien pu te faire pour que tu me fasses vivre ce putain d’enfer ? Qu’est-ce-qui tourne pas rond dans ta putain de tête ? » Je hurle à nouveau, le corps parcourut de tremblements violents qui me paralysent les membres. Ma voix n’est plus qu’un grondement lorsque j’ajoute :  « Pourquoi tu m’as fait ça putain Poppy ? Qu’est-ce-que je t’ai fait pour que tu m’en veuilles à ce point ? » Je reste là, à la fixer de mes yeux sans vies, les sens serrées, attendant qu’elle me réponde enfin quelque chose. Qu’elle me donne une explication.


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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 27 Fév - 23:01

enjoy the silence.

poppy & stanislas

Parfois je ne peux m'empêcher d'avoir peur de moi-même. Confrontée à ces désirs malsains qui m'habitent, que je ne comprend pas. Depuis toujours je suis attirée par le sombre, la violence, par le malsain. Et parfois j'ai ce démon-là en moi qui se réveille et gronde et me transforme. Les gens me connaissent comme cette fille toujours franche qui n'y va pas par quatre chemin, cette fille droite dans ses bottes, cette fille qui telle un roc est toujours celle sur qui l'on peut compter. Mais parfois c'est comme si ma vraie nature se réveillait, cette nature qui fait que parfois je m'isole que plus rien n'a d'importance que je porte des oeillères et que je traverse la ville sans me préoccuper de personne. Je crois que cette fille qui me terrifie se révèle le plus souvent quand je suis confrontée à un sentiment qui me dépasse né de ma trop grande sensibilité. Alors c'est comme si mon souffle se coupait, que mon esprit s'éteignait, que ma conscience s'endormait et que mon corps se mouvait tout seul. C'était un réflexe d'auto-défense, et d'attaque à la fois, comme si j'avais besoin de tester la sincérité des gens en étant la pire des garces, pour voir s'ils restaient, pour voir s'ils m'abandonneraient. Toujours cette foutue peur de l'abandon. Et cette manière que j'ai d'aimer beaucoup trop, beaucoup trop fort, je voudrais l'éteindre pour toujours, parfois, et rester cette personne qui me terrifie éternellement, pour ne plus jamais avoir à affronter les conséquences.

Quand mes yeux délavés au maquillage à moitié effacé se confronte à celui injecté de sang de Stan, je comprends que ma phrase était réellement de trop, que ma spontanéité est allée beaucoup trop loin et au fond la vraie Poppy se réveille et se trouve pathétique. Je vois ses blessures, je vois son attente, et dans son regard quelque chose s'est brisé. Sa confiance. Pourtant je reste là, à moitié inclinée, telle une loque, tel le fantôme de moi-même. Et mes yeux qui ne le quittent pas, l'affrontant presque.  « Essaie de me prévenir la prochaine fois que tu vas baiser…Un signe de vie, c’est tout ce que je demande ! » Lâche-t-il, tandis que je me sens presque effrayée en le voyant s'éloigner. J'ai envie de le rattraper, de lui dire de m'hurler dessus, pas de simuler la quasi indifférence en s'éloignant. Il ferme la porte de sa chambre derrière lui tandis que j'entrouvre la bouche sans rien n'avoir à dire. Je sursaute quand je l'entends cogner dans son mur. Je regarde autour de moi, et c'est comme si je ne reconnaissais pas mon chez moi. Je me sens tout d'un coup terriblement perdue, incapable d'un pas. Stan. C'est le seul qui brûle mon esprit, je sens ma tête me tourner un peu, et une remontée acide me brûler la gorge. Je titube vers l'avant, cherchant pathétiquement mes clopes, comme si cela allait régler mon problème.

Reviens. « Reviens. » Je souffle. Je suffoque même. Et comme s'il m'avait entendu, Stan surgit de sa chambre et se dirige vers moi vivement pour me plaquer littéralement contre le mur, je sursaute, me recroqueville.   « Putain, mais à quoi tu joues ? A quoi tu joues Poppy ? » M'hurle-t-il. Je n'arrive pas à croiser son regard, je regarde partout autour, mes nerfs lâchant. « Je sais pas, je sais pas... »[/color]  « Mais qu’est-ce-que j’ai bien pu te faire pour que tu me fasses vivre ce putain d’enfer ? Qu’est-ce-qui tourne pas rond dans ta putain de tête ? » Alors je me souviens, je me souviens de cette rage, celle qui m'a amenée à disjoncter, je me souviens de cette pétasse et alors, tandis que je plante mon regard dans le sien, mon visage se durcit. Effrontée.  « Pourquoi tu m’as fait ça putain Poppy ? Qu’est-ce-que je t’ai fait pour que tu m’en veuilles à ce point ? » Je plisse les yeux, consciente que mes reproches sont injustifiés, que je suis juste en tord, que je suis une salope, une connasse et tout ce qu'il voudra. Alors le serpent en moi se déchaîne : « T'es vraiment qu'un putain d’égocentrique ! » je crache en le fixant, plissant les yeux. « Quand est-ce que tu passes au moment où tout ne tourne plus autour de toi ? » Ses mains me coinçant contre le mur me font mal mais m'électrisent à la fois, j'ai désiré ce contact toute la nuit, j'ai désiré sa violence, j'ai désiré ce regard violent et haineux qu'il me lance, ses pupilles dilatées, ses yeux exorbités et ses mots qu'il me crache plus qu'il ne me dit. « Tu veux savoir ? J'ai peut-être oublié ! Je me suis faite baiser et j'ai oublié ! Oublié de t'envoyer un petit texto, tu sais, pour te dire que j'ai bien kiffé ! » Je profite d'un léger relâchement chez lui pour pousser sur son torse du plat de mes mains, même si ce n'est pas ma force de moineau qui lui fait grand chose. « Ou peut-être que non ? Peut-être que je suis en colère ouais ? Parce que comme d'habitude tu m'as fui au moment où j'ai cherché à te parler ? Et que t'as préféré... Dis-moi si je me trompe ? ... Te faire cette grosse pute dans les chiottes de ce bar minable ? »  C'était pathétique, une fois de plus, et cela ne justifiait en rien la nuit de merde que je lui avais forcé à passer. Je le pousse à nouveau, plus fort. « Tu sais quoi ? Va te faire foutre ! Et fais pas comme si tu te souciais vraiment de ma gueule, ok ? » Je m'arrête et reprends faiblement mon souffle, la douleur me brûle la cage thoracique, je sens les effets de l'alcool et de la marijuana remonter et me vriller la tête et je détourne la tête, perturbée, prise par ces sentiments contradictoires qui me caractérisent. En vrai, Stan avait juste raison, le monde tournait autour de lui, et j'avais mal de l'avoir vu préférer cette meuf à moi. C'était moi qui devait pouvoir calmer ses pulsions, c'était moi qui devait pouvoir le contrôler, c'était moi et moi seule qui devait être son putain de médoc. Je devais pouvoir le soulager de tout, sinon je ne servais à rien. En vrai, pour une fois je m'y confrontais vraiment, j'aurais voulu être celle qu'il avait baisée dans ces toilettes sordides. Et encore maintenant, je voulais qu'il me pousse encore, qu'il me violente, et qu'il efface toutes ces saloperies de ma tête. Je n'en pouvais plus de les penser et de vivre avec. Je baissais la tête et la prenais entre mes mains, glissant mes doigts dans mes cheveux, les tirant en y serrant les poings. « Putain ! » Hurlais-je telle une possédée voulant effacer les voix de sa tête, je me courbais en avant, sentant des haut-le-coeur me traverser. Je me redressais finalement et avant d'attendre la réponse de Stan, je le repoussais de mon bras pour me diriger vers ma propre porte. Bien que je savais qu'il me retienne ou pas, je serais incapable de la franchir, parce que putain, j'avais juste besoin de lui.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 27 Fév - 23:48

Enjoy the silence

poppy & stanislas


Mes pupilles sondent les siennes, je veux comprendre, je tente de déceler quelque chose. Quelque chose qui me permettrait de comprendre ce qui cloche. Mais rien ne m’apparait. Je n’y vois que la fatigue, la déconnade, je sais qu’elle a fumé de l’herbe, je le vois à ses pupilles plus que dilatées. Je n’arrive pas à capter son regard, elle me fuit, évite de plonger dans le mien aussi sombre que les ténèbres. Je me presse un peu plus contre elle comme un foutu malade mental. Je ne veux, ni ne peux m’éloigner d’elle. Malgré le fait que Poppy n’a pas l’odeur de ma Poppy. Elle porte l’odeur que véhicule ce vieux sweat dégueulasse qui me donne envie de le brûler. L’odeur du sale, de la fumée, du renfermé. Je tremble à nouveau contre elle et c’est encore pire quand je l’entends chuchoter qu’elle ne sait pas pourquoi elle a fait ça. J’inspire un grand coup avant d’en rajouter une couche. Bien sur que si elle sait, Poppy est toujours parfaitement consciente de ses actes. Elle suit son instinct, agit sur des coups de tête, mais ses actions sont toujours voulues. Je le sais, je la connais. Alors elle n’a pas le droit de me dire qu’elle ne sait pas ce qui l’a poussée à ne pas me tenir au courant. Oui, j’aurais clairement pété un câble de savoir qu’elle préférait aller baiser un inconnue plutôt que de rentrer avec moi. Oui, je sais que mes pensées sont celles d’une homme égoïste. Qui suis-je pour penser ça alors que j’ai bien niqué une pétasse dans les toilettes. Mais si j’avais dû choisir entre aller niquer cette meuf et passer du temps avec Poppy parce qu’elle me l’aurait demandé, la question ne serait pas posée une seule seconde. Poppy passait avant tout. Elle était le centre de mon univers. Mais elle n’avait pas l’air de s’en rendre compte. Ses yeux se plissent, son regard se fixe sur moi et je comprends qu’elle n’est plus la Poppy perdue d’il y a quelques secondes. Non, elle redevient cette salope froide et blessante : « T'es vraiment qu'un putain d’égocentrique ! » Ses mots sont comme des milliards de morceaux de verres qui se fichent dans ma poitrine, qui me percent le coeur. « Quand est-ce que tu passes au moment où tout ne tourne plus autour de toi ? »  L’air que j’aspire ne parvient pas jusqu’à mes poumons. Il se bloque dans ma gorge comme mes yeux s’écarquillent. J’ai envie de la repousser, de m’éloigner d’elle le plus possible. Mais je ne peux pas. J’en suis incapable.

Poppy me crève le coeur comme elle l’a fait avec ma vie lorsqu’elle est entrée dans ma vie comme une balle. Poppy c’est une balle de 9mm qui ravage tout sur son passage et qui ne laisse rien derrière. Poppy elle te prend, te retourne et te massacre. Et je dois être maso parce que c’est ce dont j’ai besoin, c’est ce que je veux. Je veux que Poppy me piétine, qu’elle me fasse disparaitre de la surface de la Terre. Parce qu’il n’y a qu’elle qui me fasse ressentir tout ça, toutes ces émotions. Y’a qu’elle qui me permette de me sentir vivant et surtout utile. Mais là… Là j’ai juste l’impression d’être le tapis de Bienvenue sur lequel elle s’essuie ses talons de 12 pleins de merde. J’ouvre plusieurs fois la bouche avant de la refermer. Je suis littéralement sur le cul, mais je me reprends vite. Mes dents se serrent à nouveau, mon air dur refait surface et je rapproche mon visage du sien :  « Egocentrique ? Espèce de putain d’égoïste. Mon monde ne tourne pas autour de moi, il tourne autour de toi. Mais t’es même pas fichue de t’en rendre compte. » Je grogne contre son visage. Mais je n’ai pas le temps d’ajouter quoi que ce soit d’autre qu’elle reprend : « Tu veux savoir ? J'ai peut-être oublié ! Je me suis faite baiser et j'ai oublié ! Oublié de t'envoyer un petit texto, tu sais, pour te dire que j'ai bien kiffé ! » Ses mots me font si mal que je suffoque presque, relâchant légèrement ma pression sur ses bras. La vipère s’en aperçoit et me repousse du plat de ses mains. Je bouge à peine, mais fais un pas en arrière de moi même. Je ne veux plus de contact. Je ne veux plus la toucher, parce que tout ce que je ressens est nocif. La douleur est si vive dans ma poitrine que j’ai l’impression qu’elle s’amuse à me planter un couteau à plusieurs reprises. « Ou peut-être que non ? Peut-être que je suis en colère ouais ? Parce que comme d'habitude tu m'as fui au moment où j'ai cherché à te parler ? Et que t'as préféré... Dis-moi si je me trompe ? ... Te faire cette grosse pute dans les chiottes de ce bar minable ? Tu sais quoi ? Va te faire foutre ! Et fais pas comme si tu te souciais vraiment de ma gueule, ok ? » Je reste prostré, mes yeux la fixant avec horreur. Je ne laisse d’ordinaire jamais mes émotions faire surface, mais ce soir je ne peux plus rien retenir. Tout me submerge avec une telle intensité que j’ai l’impression de me noyer dans le flot constant de toutes ces émotions, de tous ces sentiments. Je voudrais m’arracher le coeur plutôt que de l’entendre me débiter ces putains de conneries. Poppy me piétine et fais la danse de la joie sur mon cadavre. J’avale avec difficulté ma salive, mes yeux cherchant autour de moi quelque chose à laquelle me raccrocher. Je ne peux pas me rattraper à Poppy, parce qu’aujourd’hui, elle a décidé d’être cette salope sans coeur que je n’avais plus vue depuis des années. Je serre les lèvres, passe une main sur mon visage dont les traits sont crispés, ont pris la forme du dégout. De qui suis-je réellement dégouté au fond. De Poppy ou de … moi ?

Je me détourne d’elle tandis qu’elle se plie en deux, attrape sa tête entre ses mains avant d’hurler comme une folle. Je fais quelques pas dans le salon et je l’entends plus que ne la vois, se redresser et se diriger vers sa chambre. Le plancher grince. C’est la latte qui se trouve à quelques centimètres de sa chambre. Je le sais puisqu’elle me sert de repère pour savoir quand Poppy sort ou rentre dans sa chambre. Non, je ne me retournerais pas. Ses mots résonnent en moi. Et plus ils se répètent dans ma tête, plus je deviens dingue. La tempête fait à nouveau rage. La tristesse et le déchirement que j’ai ressentis se sont mués en douleur. Une douleur si profonde, qu’elle ne fait que renforcer la haine que je ressens là maintenant :  « Tu voulais que je te baise Poppy, c’est ça ?! Tu voulais que je déverse toute cette merde qui m’habite en toi ? Je suis pas ce putain de salaud qui se sert de celle à qui il tient le plus comme d’un punching-ball. Je veux pas que tu vois tout ça, je veux pas que ça t’atteigne putain, parce que tu le mérites pas. » Je crie en me tournant pour la regarder :  « Mais c’est à croire que je te fais plus de mal que de bien. Pourtant Poppy, y’a que ton foutu bonheur qui m’importe. Et si j’ai baisé cette pouffiasse dans les chiottes de ce bar minable qui me permet de manger, c’est tout simplement parce que je n’en avais rien à foutre de sa gueule. J’avais juste besoin d’un trou… » Mes paroles sont ignobles, je le sais parfaitement, mais c’est ce qu’elle veut entendre. Elle veut perte sure que je suis bien ce gros bâtard qu’elle semble dépeindre.  « Et si Sa Majesté veut que j’aille me faire foutre, qu’il en soit ainsi. J’espère que celui qui t’a sauté saura bien prendre soin de toi. En tout cas, s’il te file des fringues qui te font ressembler à une clocharde, c’est mal barré… » J’ajoute en attrapant la veste la plus proche et mon paquet de clopes, prêt à me barrer de ce putain d’appart merdique.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Jeu 2 Mar - 22:09

enjoy the silence.

poppy & stanislas

Dans ses yeux, cette déchirure que je ne lui aie plus connue depuis longtemps. Trop longtemps pour que je n'en souffre pas. Pourtant c'est ce que je voulais, le tester, voir à quel point je pouvais être ignoble envers lui avant qu'il finisse par faire ce qu'il avait à faire : m'abandonner. Le fait était que Stan s'accrochait à moi comme une sangsue, et cela me faisait suffoquer. Suffoquer parce que j'étais terrifiée plus que parce que cela me déplaisait. Vivre avec lui, le voir, le sentir, rire avec lui, c'était ce pourquoi je vivais désormais, et j'avais l'impression de le voir devenir éphémère. Et peut-être que je me complaisais dans mon malheur, au lieu de savoir apprécier que la vie me sourie un peu, non, il fallait que je me torture l'esprit, et que je bousille tout, cette relation qui était ma vie. Mais si Stan disparaissait, je ne serais plus rien. Rien qu'une ombre, et je n'aurais plus qu'à réellement me faire égorger dans une rue peu fréquentée et glauque. Mais il était là, putain, pourquoi j'étais pas foutue de le chérir plutôt que de lui lancer toutes ces horribles choses au visage ? Je savais la réponse, dans le fond. Mais elle me déchirait. Mon attachement était devenu trop intense et il me faisait également souffrir. Moi qui n'était pas d'un naturel jalouse me découvrait des ulcères à l'idée de le voir avec une meuf quelconque d'un soir. J'avais revisionné cela toute la nuit et détesté mon âme si faible. Je revoyais également ce téléphone sonner sur la table et me sentir incapable de décrocher. Stan serait mieux sans cette psychopathe que j'étais. J'étais trop écorchée pour trop peur de chose, si je devais vivre un drame de plus, ma vie était finie. Si je devais perdre Stan, j'y aurais mis fin par moi-même sans jamais pourtant avoir eu la moindre pensée suicidaire.

Oui, j'ai vu ses yeux et cette déchirure. Et c'était comme si j'avais senti son coeur éclater au creux de mon poing serré. Ca y était. Je l'avais cassé. J'avais tout cassé. Et pourtant cette fureur ne se calmait pas, et cette sensation de tiraillement entre l'envie de me jeter à genoux à ses pieds en chialant et celle de lui lacérer le corps avec mes ongles. Et cette porte face à moi que je voyais à peine, la persistance rétinienne me forçant à me confronter à ce regard profond et lourd de sens, ce regard noir comme l'abime qui m'engloutissait chaque jour un peu plus. Tu me détruis.   « Tu voulais que je te baise Poppy, c’est ça ?! Tu voulais que je déverse toute cette merde qui m’habite en toi ? Je suis pas ce putain de salaud qui se sert de celle à qui il tient le plus comme d’un punching-ball. Je veux pas que tu vois tout ça, je veux pas que ça t’atteigne putain, parce que tu le mérites pas. » Ma bouche brûlait à l'instar de mon esprit et de mon corps entier qui me hurlait de lui répondre que oui. Que c'était moi qu'il aurait du baisée. Evidemment que confrontée à l'idée que je pouvais le perdre comme Jake un jour me faisait me taire, mais visiblement mon attachement à lui était déjà assez puissant pour me détruire et pour que je le pousse à me laisser tomber. Dans un désir d'auto-destruction. Alors à quoi bon ? J'entrouvrais la bouche, toujours dos à lui.   « Mais c’est à croire que je te fais plus de mal que de bien. Pourtant Poppy, y’a que ton foutu bonheur qui m’importe. Et si j’ai baisé cette pouffiasse dans les chiottes de ce bar minable qui me permet de manger, c’est tout simplement parce que je n’en avais rien à foutre de sa gueule. J’avais juste besoin d’un trou… » Je lève les mains, frotte mon front de mes paumes, en fermant les yeux, comme si un démon tentait de sortir de mon crâne. N'était-il pas déjà sorti ? Je me retournais finalement lentement pour me confronter à nouveau à lui, trop loin trop distant, dans tous les sens de ce putain de terme insoutenable.  « Et si Sa Majesté veut que j’aille me faire foutre, qu’il en soit ainsi. J’espère que celui qui t’a sauté saura bien prendre soin de toi. En tout cas, s’il te file des fringues qui te font ressembler à une clocharde, c’est mal barré… » Avait-il dit, tandis que la bile me remontait dangereusement à la bouche. Il avait lancé le geste, prenant sa veste, ses clopes, manquait plus que sa gratte et il embarquait toute sa foutue vie.

La rage me brûlait l'oesophage, j'enlevais vivement le pull qu'il avait désigné et lui lançais à la gueule avant de répondre en hurlant presque : « T'aurais préféré que je revienne habillée comme une prostituée peut-être ? C'est seulement que j'aurais eu des problèmes ! Tu préfères peut-être me voir morte que portant la marque d'un autre mec ? ... Tu peux pas te barrer ! Tu peux pas ! » Je plissais les yeux, prête à rajouter en feulant comme un chat à son énervement le plus extrême, mais mon regard fut attiré par mon poignet bleui de la veille et quelque chose en moi se brisa définitivement. J'avais mal. Ca brûlait, ça me brûlait beaucoup trop. Je baissais les tête et soufflais finalement : « C'est si tu passes cette porte que tu me feras du mal, j'y arrive pas. J'y arrive plus. J'y arriverais plus sans toi. » Je ne cherche même plus à comprendre ce caractère lunatique, cette bipolarité qui me caractérisait, mais moi qui n'avait peut-être pleuré qu'une fois devant lui, j'avais les paupières qui brûlaient. « Ca me terrifie. » J'inspirais profondément et tentais de rester calme pour lui exposer plus clairement toute cette violence en moi. Mais au fond, il me connaissait, il savait déjà. « J'voulais peut-être. Je sais pas, Stan. Me convaincre. Me prouver à moi-même que j'y arrivais sans toi. Que j'étais pas dépendante, que je pouvais... Vivre par moi-même. Ca me fait mal tout ça. Ca me fait mal de te voir te détruire. Ca me fait mal d'être responsable de tout ça. » Je levais les yeux au plafond en inspirant profondément, mon énergie si soudainement retrouvée s'était de nouveau évaporée. Je n'arrivais de nouveau plus à le regarder, je n'arrivais plus à me confronter à son jugement, et s'il me prétendait que cette meuf n'était qu'un trou, je me demandais ce que ce serait quand il trouverait vraiment une meuf avec qui il se stabiliserait. Car c'était à ce moment-là que je perdrais vraiment le contrôle. Je secouais finalement la tête en soupirant : « Je suis désolée... En vrai, sors si tu veux... Moi j'ai besoin d'une douche. » J'avais tant à récurer. Mais mon âme ne se nettoierait pas d'un coup d'éponge. En vrai, elle était impossible à récurer. Et alors j'avais amorcé le mouvement, les épaules relâchées, le coeur dans les talons et la tête dans la brume.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Ven 3 Mar - 12:04

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Enjoy the silence

poppy & stanislas


Il y a un moment dans la vie où tu sais, où tu comprends que plus rien ne sera jamais pareil. Il y’a des choses, des évènements, des personnes qui bousculent tout ton monde, qui le dérange totalement et le reconstruisent, en s’incluant dedans. Poppy, elle a fait ça avec mon monde. Elle est arrivée comme un boulet de canon, explosant tout autour d’elle, se frayant un chemin jusqu’au centre de ma terre et a reconstruit tout autour d’elle. Elle ne le sait pas, ou peut-être que si mais elle s’en bat les couilles de tout ça. J’en sais rien. Ou peut-être qu’elle se fout des putains d’oeillères, comme j’ai pu le faire pendant un certain temps. Personne ne s’était jamais vraiment attaché à moi et moi, j’avais jamais laissé personne entrer parce que je voulais pas douiller. Personne ne pouvait m’aimer, ma propre mère n’avait pas voulu de moi, comment les autres pouvaient s’attacher à moi ? Mais Poppy m’avait pas vraiment laissé le choix. Et … tout ce qu’elle représentait, tout ce qu’elle était pour moi, je me rendais compte que tout pouvait disparaitre en un claquement de doigts. Je réalisais soudainement qu’elle aussi pouvait me rejeter, pouvait ne plus vouloir de moi. Elle me poussait, m’envoyer chier comme une vulgaire merde. De vais-je fuir, sortir de sa vie comme elle le laissait sous-entendre, ou était-ce le contraire que je devais faire ? J’avais compris ces putains de discours contradictoires. Voilà pourquoi j’avais tout de suite été accroc à Poppy, parce que tout était super simple entre nous, fluide, y’avait pas de sous-entendus pourris, pas de sens cachés, juste des ressentis, des émotions, des sentiments à l’état brut. Tout était clair et limpide entre nous. Jusqu’à maintenant. Parce que même si ces mots étaient clairs, j’avais l’impression d’entendre tout autre chose.

Prêt à partir je la fixais lorsqu’elle me cracha : « T'aurais préféré que je revienne habillée comme une prostituée peut-être ? C'est seulement que j'aurais eu des problèmes ! Tu préfères peut-être me voir morte que portant la marque d'un autre mec ? ... Tu peux pas te barrer ! Tu peux pas ! » Elle retire prestement ce vieux sweat infâme et me le jette au visage. Mon sang ne fait qu’un tour dans mes veines. Mes membres s’enflamment, j’ai l’impression de voir rouge. Mon champs de vision s’étréci, et je me rapproche d’elle vivement, pointant vers elle mon doigt tremblant de rage :  « Tu commences clairement à me casser les couilles Poppy. T’es qu’une sale gosse pourrie gâtée et égoïste ! Tu te rends de c’que t’es en train de me sortir comme ENOORMES conneries là ? Tu crois vraiment que j’aurai préféré te voir morte ?? Tu te fous de ma gueule putain ! Ce que j’aurais voulu c’est que tu m’appelles, je serais venu te chercher bordel ! » Je lui hurle dessus. Je suis encore prêt à lui en mettre plein la tronche, mais son regard se porte à son poignet et je la vois se recroqueviller légèrement, baissant la tête avant de souffler. « C'est si tu passes cette porte que tu me feras du mal, j'y arrive pas. J'y arrive plus. J'y arriverais plus sans toi. » Les mots franchissent ses lèvres mais c’est comme si elle ne voulait pas les prononcer. Moi aussi je crèverais de devoir franchir cette porte. « Ca me terrifie. J'voulais peut-être. Je sais pas, Stan. Me convaincre. Me prouver à moi-même que j'y arrivais sans toi. Que j'étais pas dépendante, que je pouvais... Vivre par moi-même. Ca me fait mal tout ça. Ca me fait mal de te voir te détruire. Ca me fait mal d'être responsable de tout ça. » Ses mots s’enroulent autour de mon coeur et je n’ai plus qu’une seule envie, entourer son corps de mes bras. Je ne veux plus qu’une chose : la protéger encore plus. C’est comme si tout son être me suppliait de le faire et que le mien me poussait à assouvir mon besoin de veiller un peu plus encore sur elle. Comme si mon côté sur-protecteur n’était pas déjà bien trop présent. Comme s’il ne l’étouffait pas déjà assez. Comme s’il ne m’empêchait pas déjà de vivre comme je voulais. Non, j’avais ce besoin viscéral de veiller sur elle. Elle était ce que j’avais de plus cher au monde, je ne pouvais pas me permettre de l’abandonner. J’en mourrais … Je tomberais littéralement dans la drogue jusqu’à ce qu’elle m’achève et me donne en pâture aux vers. « Je suis désolée... En vrai, sors si tu veux... Moi j'ai besoin d'une douche. » Me dit-elle finalement, dans un souffle, ses yeux évitant les miens. Elle détourne la tête, détourne son chemin du mien pour s’éloigner de moi. J’ai envie de hurler, de taper dans tout ce qui se trouve autour de moi.  « Sors si tu veux… » Non ! Je refusais qu’elle me jette si simplement après tout ce qu’elle venait de me dire.

Vivement, je balançais la main dans sa direction, attrapant son bras, enroulant mes doigts tremblants autour de son coude.  « Poppy ! » Je lui dis de ma voix grondante, tirant légèrement pour lui faire stopper sa course :  « Je te jure … j’ai beau vouloir faire comme si de rien n’était … je comprends toujours pas pourquoi tu m’as fait ça putain! » Ces mots sont douloureux pour moi car je revis l’enfer de ma nuit. Mon coeur s’emballe, et même si je la vois devant, même si je la touche, que je sais qu’elle est en chair et en os face à moi, je ne peux m’empêcher de croire que je déconne, que les cachetons me font halluciner.  « Poppy tu peux pas m’envoyer chier comme ça. Si tu savais … si tu savais comme ça ma rendu malade de pas savoir où tu étais. C’est pas une sale histoire d’égo. J’ai pas pris les boules parce que t’es partie avec un autre gars que moi … enfin, peut-être un peu, maintenant. Mais … non. J’ai fait six fois le tour du quartier où se trouve le bar. J’ai attendu presque une heure. Je t’ai appelée plus d’une trentaine de fois… Et je me suis vraiment retenu d’appeler tous les hôpitaux et commissariats de la ville. Je me suis imaginé de sales trucs Poppy… vraiment ! » Je lui avoue, la lâchant pour me passer une main sur le visage avant de reposer ma veste sur le porte manteau le plus proche :  « Et tu peux me dire en quoi t’es responsable de mon auto-destruction, Poppy ? » Je lui demande, portant à nouveau mon regard sur son visage. Ce visage qui m’a terriblement manqué, que j’ai cru ne jamais revoir sauf peut-être sur une table métallique à la morgue !

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Dim 12 Mar - 17:04

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poppy & stanislas

Parfois il faut poser des mots sur des sensations, des mots oraux, des mots concrets, parfois il faut ouvrir la bouche pour comprendre ce qui se passe en nous, le pourquoi du comment de tout ce qui bouillonne. Même si c'est brouillon et que ça semble pathétique, ça permet de faire le vide, ça permet d'évacuer, et puis de tout re-trier. Je n'étais personne pour imposer quoique ce soit à Stan, mais j'avais compris maintenant. J'avais compris le pourquoi de mes propres agissements. J'avais compris que j'avais pris peur de tout ce qu'il me faisait ressentir et que je voulais me prouver à moi-même que c'était possible d'encore faire marche arrière. Mais non. J'étais dans un putain de cul de sac et une barrière bien trop grande et lourde s'était refermée derrière moi, je n'avais plus que deux solutions : stagner ou avancer. Stan, suite à notre rencontre, m'avait trouvée brisée. Il m'avait prise dans ses bras, métaphoriquement, il avait serré si fort qu'il m'avait reconstituée. Mais aucun ciment ne pouvait le remplacer, s'il me lâchait, alors les miettes de moi se mettraient à tomber. S'il me lâchait, je n'étais plus rien, et cette nuit l'avait prouvée. Et malgré ces jours où je le voyais lentement me devenir inaccessible, Stan était toujours là. Il était là, et il m'avait attendue. Il était juste là et dans ma folie je le poussais à partir. Puis l'idée qu'il disparaisse avait refait surface, et cette idée je ne pouvais vivre avec.

Oui les mots avaient sans doute un effet bénéfique, c'était sans doute pourquoi j'étais une si grande gueule. Les émotions me remplissaient trop vite, alors il fallait que je déballe, non-stop, sur n'importe quoi et surtout n'importe comment. D'où l'impression dissolue se dégageant de mes phrases. Je n'arrivais plus à évaluer les réactions de Stan, je n'arrivais plus à imaginer ses pensées, sans doute perturbées par la rapidité de mes changement. J'avais finalement laissé entendre qu'il pouvait faire ce qu'il voulait, mais en réalité je n'étais qu'une femme et cette manière de faire laissait juste entendre que non je ne voulais pas qu'il parte mais que je ne voulais pas être un frein à ses propres réactions. Après tout, j'aurais peut-être pris la porte dans son cas. Je n'arrivais plus à croiser son regard qui me déstabilisait trop. J'étais comme lessivée, mon corps et mon coeur ne répondant plus. Mais à peine détournée, j'entendis sa voix de nouveau résonner, quand ses derniers mots s'étaient perdus dans une intonation d'engueulade, il semblait s'être un peu calmé même si sa voix grondait telle un orage peut-être finalement prêt à exploser.  « Poppy ! »   Il m'avait retenue de sa main fébrile sur mon bras. Et mon coeur était remonté dans ma gorge, j'avais envie de me retourner et de me jeter dans ses bras et de pleurer comme une gosse qui a fait une bêtise, une grosse bêtise qui lui a fait très peur. « Je te jure … j’ai beau vouloir faire comme si de rien n’était … je comprends toujours pas pourquoi tu m’as fait ça putain! »  Je secoue la tête, le flot s'est tarit, je suis fatiguée, je n'arrive plus à parler. Je me retourne lentement et me force à affronter son regard, je sais que je lui dois au moins ça.  « Poppy tu peux pas m’envoyer chier comme ça. Si tu savais … si tu savais comme ça ma rendu malade de pas savoir où tu étais. C’est pas une sale histoire d’égo. J’ai pas pris les boules parce que t’es partie avec un autre gars que moi … enfin, peut-être un peu, maintenant. Mais … non. J’ai fait six fois le tour du quartier où se trouve le bar. J’ai attendu presque une heure. Je t’ai appelée plus d’une trentaine de fois… Et je me suis vraiment retenu d’appeler tous les hôpitaux et commissariats de la ville. Je me suis imaginé de sales trucs Poppy… vraiment ! »  Stan n'est pas du genre à s’épandre facilement de cette manière, alors ses mots me touchent en plein où ça fait mal. Et un peu de bien à la fois. Je l'imagine sillonner les rues, hurler de rage, shooter dans des trucs, je l'imagine rentrer et constater l'appartement vide et froid et tout trop rangé, trop propre, trop vide de mon absence. Je n'y arrive plus. Je baisse à nouveau la tête, la gorge enflammée. Le ventre en vrac. Les remontées acides et les flashs de la veille qui ne sont pas les miens. Je ne peux imaginer. Je ne peux pas comprendre. Il me lâche finalement pour passer sa main sur son visage, et alors je me permets de lui relancer un regard. Je n'ai jamais vu Stan aussi fatigué. Non, pas fatigué. Usé. Et c'est comme si je le voyais réellement pour la première fois depuis des jours. Je vois son visage marqué, ses traits tirés, sa peau fragilisée. Je vois ses petites veines bleu sillonner sur ses tempes, ses cheveux qui semblent presque ternis, et la lumière de l'aube en rajoute sans doute un peu. Moi qui ai toujours eu l'habitude de le voir irradier de lumière et de me prélasser à sa chaleur, je me rends compte que le rayon s'est un peu terni. « Et tu peux me dire en quoi t’es responsable de mon auto-destruction, Poppy ? »  Et son regard sombre se redirige vers moi, me surprenant presque, me laissant déstabilisée. Je pince mes lèvres asséchées avant de finalement souffler :  « Je sais pas, Stan. C'est plus comme avant. J'ai l'impression que je suffis plus. Avant, même si tu m'as jamais tout dit, j'arrivais à t'arracher quelques mots, j'arrivais à te changer les idées ou à te soulager un peu. Mais là, c'est comme si tu t'éloignais. J'ai l'impression de t'étouffer. »  J'inspire et souffle profondément avant d'aller m'asseoir dans un des fauteuils, chopant une clope et un briquet au passage pour m'en allumer une. Pas par réelle envie, surtout pour m'occuper les mains. Je ne sais pas. Je ramène les genoux contre ma poitrine et pose un court instant mon front sur mes genoux avant de finalement redresser la tête.  « Je suis désolée, Stan. J'ai pété les plombs. J'ai pas pensé aux réelles conséquences... J'ai pas d'excuses. Et pas de raison valable pour t'avoir fait un truc pareil. »  Je pose mes coudes sur mes genoux et passe deux mains lasses dans mes cheveux, l'une tenant entre deux doigts une clope à peine entamée. Alors à demi-mots, j'avoue :   « Tu m'rends putain de dingue, Stan. Quand ça te concerne, j'ai plus les idées fixes, je grille des boulons pour rien, et j'agis n'importe comment. J'arrive pas à savoir pourquoi. » De quoi j'ai l'air, là maintenant ? Posée dans ma robe de pute, les cheveux en vrac, les visage blanc aux maquillage défait, la tête de pute du lendemain. Comment il me voit en vrai ? Et puis, comment il fait pour encore me regarder et se dire que tout ça, ça en vaut la peine ? Je lève les yeux vers lui et ça me fait peur, mais ça me fait du bien, il est là, il est juste là, il est pas parti. Il ne part nulle part. Je mordille ma lèvre et lui tend lentement la clope.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Lun 13 Mar - 23:39

Enjoy the silence

poppy & stanislas


Mon monde ne semble plus tourner rond. Comme si mes planètes n’étaient plus alignées comme d’habitude. C’est ça en fait. Plus rien ne tournait rond, pendant l’espace de quelques heures, mon soleil avait disparu. Je ne savais plus dans quel espace temps je me trouvais, dans quelle galaxie ou système solaire. Je m’étais retrouvé seul et anéanti. Poppy avait disparue sans laisser de traces et je m’étais retrouvé totalement esseulé et sans filets. Poppy était mon filet, ma bouée de sauvetage, le câble qui me retenait à la coque spatiale et m’empêchait de dériver, de couler.

Et alors que j’ai l’impression qu’elle va une fois de plus me fuir et m’abandonner là, dans le couloir de notre appartement, à deux pas de cette porte de sortie qui m’appelle, qui m’attire, elle se retourne. Me fait face. Ses grands yeux se posent sur moi et j’ai l’impression que mon coeur rate un battement. Je ne suis plus sur de rien. Je ne sais même plus dans quel sens tourne la terre, quel jour nous sommes, quelle heure de la nuit ou de la journée il est … Non, tout ce que je vois ce sont ces grands et énormes yeux bleus gris dans lesquels je me noie, je me perds. Poppy est une sirène qui vient chanter à ma barque. Elle me fout à l’eau et m’entraine dans les profondeurs abyssales de sa vie, de notre vie. « Je sais pas, Stan. C'est plus comme avant. J'ai l'impression que je suffis plus. Avant, même si tu m'as jamais tout dit, j'arrivais à t'arracher quelques mots, j'arrivais à te changer les idées ou à te soulager un peu. Mais là, c'est comme si tu t'éloignais. J'ai l'impression de t'étouffer. » Bien sur que rien n’est plus comme avant. Mon coeur ne bat plus de la même manière quand elle est près de moi. L’oxygène qui rentre dans mes poumons ne semble plus être le même non plus, comme s’il était chargé… Chargé de quelque chose que je ne sais identifier. Je suffoque. Je perds pieds parce que je suis dépassé par mes sentiments,  par les évènements qui semblent vouloir me foutre au sol. Bien sur que rien n’est pareil. Je suis père. Comment est-ce simplement possible ? Et cette putain de drogue que je cache dans le tiroir de ma table de chevet en étant sur et certain de Poppy ne tombera jamais dessus… Cette putain de merde qui me paralyse le cerveau et m’empêche d’être réellement moi. Mes doigts ont quitté sa peau, mais envie de la saisir à nouveau et de la secouer dans tous les sens en lui interdisant de dire qu’elle ne me suffit plus. Poppy a toujours été ce que j’ai toujours voulu avoir dans ma vie. Jamais je ne pourrais en avoir assez d’elle. Chaque jour je deviens un peu plus accroc. Mais tout ça, elle l’ignore, je le sais. Je devrais lui dire, mais je suis dépendant et tout ce que je ne souhaite pas, c’est la freiner dans sa vie. Je refuse d’être le boulet vissé à sa cheville.

Je n’esquisse aucun mouvements pour la retenir lorsqu’elle s’éloigne de moi pour aller s’installer dans le fauteuil où j’ai passé la quasi-totalité de ma nuit. C’est assez ironique quand on y pense. Un rictus étrange étire ma lèvre et je la regarde se servir une cigarette dans mon paquet, la porter à ses lèvres, allumant le briquet pour mettre le feu au tabac. « Je suis désolée, Stan. J'ai pété les plombs. J'ai pas pensé aux réelles conséquences... J'ai pas d'excuses. Et pas de raison valable pour t'avoir fait un truc pareil. » Ses mots me vont droit au coeur et je ne peux m’empêcher d’avancer dans sa direction avait de m’agenouiller près d’elle, mon visage à la hauteur du sien appuyé contre ses genoux. « Tu m'rends putain de dingue, Stan. Quand ça te concerne, j'ai plus les idées fixes, je grille des boulons pour rien, et j'agis n'importe comment. J'arrive pas à savoir pourquoi. » Elle me regarde de nouveau de ses grands yeux las, se mordille la lèvre et se tait, se contentant seulement de me tendre la clope qu’elle s’est allumée et qu’elle n’a quasiment pas touchée. Je l’attrape, mes doigts effleurent les siens, mes lèvres se posent exactement à l’endroit où les siennes se sont posées précédemment et je frissonne avant de tirer une longue taffe en fermant les yeux. J’ai l’impression que les heures d’angoisse que je viens de passer n’existent plus. Que tout est effacé. Que Poppy ne m’a jamais laissé sans nouvelles, qu’elle est même rentrée avec moi. Je me laisse aller en arrière pour tomber sur le cul, les jambes écartés, les genoux pliés, les coudes posés à leurs sommets. A nouveau je me passe une main dans les cheveux. J’inspire un grand coup.  « T’as raison Poppy. Y’a un truc qui cloche chez moi en ce moment… Je voulais pas que ça t’atteigne. Je suis désolé. Et je t’en parlerai. Mais c’est encore trop frais pour moi. C’est encore trop la merde dans ma tête… » Je lui avoue finalement en tirant une nouvelle fois sur la clope, la consumant de moitié, évitant son regard.  « Mais ça vient pas de toi Poppy. T’es tout ce qui me permet de tenir… T’es ce qui me fait me lever le matin. Je t’interdis de croire que tu m’étouffes ou quoi que ce soit d’autre. Je veux pas entendre de conneries de ce genre. Pigé ?! » je lui grogne en ramenant mon regard sur elle, pointant un doigt dans sa direction.  « Et c’est bon … Laisse tomber pour ce soir. Mais je t’en prie. Ne me refais plus jamais ça. Putain, j’ai cru que j’allais crever Poppy. Je te jure. Je préfère encore que tu m’envoies chier, que tu me dises que je te pète les couilles, que t’en as ras le cul de voir ma gueule, plutôt que tu disparaisses sans un mot… » Je lui dis, mon regard suppliant plongé dans le sien.  « Et comment ça, dès que ça me concerne tu pètes les plombs ? C’est moi ça normalement … Qu’est-ce-qui s’est passé ce soir pour que je te fasse péter les plombs puppy ? » Ma question parait anodine, innocente et posée sur le ton de la plaisanterie, mais je tiens absolument à savoir. Je ne veux plus jamais commettre la même faute, si jamais c’est le cas.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Mar 14 Mar - 22:08

enjoy the silence.

poppy & stanislas

Et il reste là. Stanislas reste là, dans toute son imperfection qui me correspond trop dangereusement. Il est présent dans toute sa singularité qui me martèle en plein coeur. Il est celui qui me constitue autant qu'il me brise, et dans ses yeux que je vois noirs comme l'ébène, je ne peux m'empêcher de voir l'avenir. Un avenir long et tortueux, parsemé de pierres sur lesquelles trébucher. Mais je n'avais pas peur. Pas peur de continuer comme ça et de voir où cela me menait au juste. De toute façon je n'avais pas le choix, Stan était ma seule solution, l'inaltérable vérité de ma vie devait reposer entre ses mains caleuses. Tout est brouillon dans nos vies respectives, on tente de se donner un sens et le seul qui vaille c'est notre musique. En vrai tout le reste c'est du remplissage. Parce que moi je ne me sens vivante que lorsqu'on partage ces moments d'intense communion. Aller bosser au supermarché, danser dans les bars, et toutes ces autres occupations ne sont rien d'important. Tout ce qui importe c'est Stan en vrai, et ce que je peux communiquer avec lui. Le temps n'existe pas quand nous sommes ensemble. Juste un enchaînement de choses qui font que je suis juste bien. Alors pourquoi je me sens si fragilisée pour le moment ? Pourquoi mon coeur manque de lâcher quand il s'agenouille devant moi, si proche de moi et que je lui confesse avoir un grain quand il s'agit de son existence ? Je ne sais pas, la culpabilité sans doute, pourtant je ne pense pas que tous ces sentiments qui bouillonnent en moi soient si négatif et que je déteste les ressentir. Au contraire, ça me rend dingue mais ça me porte, ça joue l'aléatoire en vrai, une fois j'ai envie de péter les plombs et l'autre de juste rire, rire et être bien. Ses yeux me sondent, mais je ne baisse pas les miens.

Je le sens si proche et trop loin à la fois. Pourtant je ressens cette tension dans ses épaules solides se calmer un peu, comme s'il respirait enfin après avoir retenu son souffle toute la nuit. Il prend la cigarette que je lui tends en s'asseyant finalement, les genoux relevés, les bras posés dessus. Toute cette proximité, ce calme retrouvé, me fait du bien. Même si j'ai envie de m'excuser mille fois, je sais que cela ne sert à rien. « T’as raison Poppy. Y’a un truc qui cloche chez moi en ce moment… Je voulais pas que ça t’atteigne. Je suis désolé. Et je t’en parlerai. Mais c’est encore trop frais pour moi. C’est encore trop la merde dans ma tête… »  me dit-il finalement. Je savais bien sûr qu'il me cachait quelque chose, mais le fait de l'entendre l'admettre sans en savoir davantage fait naître un soupçon de panique au creux de mon ventre. Je tente de ne rien laisser transparaître. Il tire si fort sur la clope qu'il la terminerait presque en deux fois. Et maintenant c'est son tour d'éviter mon regard. « Mais ça vient pas de toi Poppy. T’es tout ce qui me permet de tenir… T’es ce qui me fait me lever le matin. Je t’interdis de croire que tu m’étouffes ou quoi que ce soit d’autre. Je veux pas entendre de conneries de ce genre. Pigé ?! »  Je ne sais pas si je suis réellement rassurée, j'espère juste qu'il ne s'est pas attiré de trop gros problèmes, et qu'il n'est pas en danger. Je n'arrive pas à cerner l'arrière de ses mots, et il en a sans doute bien conscience, mais je suis prête à ne pas insister tant qu'il n'arrivera pas à en parler de lui-même.   « Et c’est bon … Laisse tomber pour ce soir. Mais je t’en prie. Ne me refais plus jamais ça. Putain, j’ai cru que j’allais crever Poppy. Je te jure. Je préfère encore que tu m’envoies chier, que tu me dises que je te pète les couilles, que t’en as ras le cul de voir ma gueule, plutôt que tu disparaisses sans un mot… »  Je ne peux m'empêcher de lâcher un sourire léger à ses mots en l'observant tandis qu'il pointe de nouveau son regard sombre sur moi. Il conclut avec un regard suppliant que je ne lui connais pas provoquant un sentiment que je ne me connais pas moi. J'acquiesce et lève les épaules :  « Promis, je ferais ma chiante la prochaine fois. Je sais bien faire, ça. » Je n'arrive pas à comprendre comment il s'est apaisé si vite, quel pouvoir j'exerce sur lui au juste ? C'est presque effrayant, mais ça me fait du bien, tout ça. J'ai envie de venir me blottir contre lui et rester là, comme un chiot pendant des heures, jusqu'à ce qu'il en aie marre et m'envoie balader. « Et comment ça, dès que ça me concerne tu pètes les plombs ? C’est moi ça normalement … Qu’est-ce-qui s’est passé ce soir pour que je te fasse péter les plombs puppy ? »  Eh merde, la question fatale. Je ne sais même pas comment y réagir avec légèreté comme je sais si bien le faire face aux choses en général. Je me penche en mettant un pied à terre pour lui piquer la cigarette tant qu'il en reste, la flemme de me lever pour choper le paquet. Je remets mon pied sur le fauteuil et repose mon regard sur lui, alors je réponds du tac au tac, éludant la question – réellement ? -  :  « T'avais raison, j'voulais que tu me baises à sa place, princesse. »  Je ris légèrement et lève les yeux au ciel avant de me pencher pour poser mon dos contre le dossier du fauteuil, et je tends le pied pour pousser le torse de Stan, tentant de le faire tomber en arrière.  « Et toi, si t'as commis un meurtre, prends pas trop de temps à me le dire. Je suis prête à attendre que t'arrives à en parler, mais si le corps est en train de sécher quelque part, il va commencer à puer. »  Je ricane légèrement, essayant de retrouver ma personnalité, ma vivacité, c'est encore un peu forcé, mais c'est ma manière à moi de tenter d'éluder l'important, d'éviter les sujets lourds, de passer à autre-chose parce que le sérieux me tue, parce que le sérieux me fait peur. Puis mon sourire se perd un peu tandis que je l'observe puis je me redresse et quitte le fauteuil pour me mettre à genoux entre ses jambes écartées et alors je viens passer mes bras autour de sa nuque et poser mon front contre son épaule, me serrant – légèrement, pas de trop – dans ses bras, inspirant son odeur, soulagée de pouvoir la sentir encore, me laisser m'y apaiser et me laisser électrifier par son contact, son souffle, sa présence. Alors je chuchote comme un secret :  « Merci de pas être parti. »

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Jeu 16 Mar - 14:01

Enjoy the silence

poppy & stanislas


La soirée que je viens de passer n’est déjà plus. Mon esprit efface toutes les mauvais souvenirs, toutes les images créées dans mon esprit. J’ai l’impression d’avoir raté un épisode de ma vie, comme si soudainement je me retrouvais amnésique. J’effaçais le pire moment pour laisser place à la légèreté. Et je posais la question à Poppy. Je tenais absolument à savoir pourquoi elle avait fuit de cette manière, comme si elle m’en voulait pour quelque chose. Comme si elle souhaitait me faire payer pour quelque chose que j’avais fait, après notre virée dans l’arrière cour. Toute la nuit j’ai pu réfléchir à cette question, je suis persuadé que Poppy a agit ainsi pour me punir. Mais de quoi. Ses grands yeux me fixent, comme si je venais de lui demander de se foutre à poil devant moi. Elle tente de faire diversion en attrapant la fin de cigarette que je tiens entre mes doigts pour finalement la porter à sa bouche. Je suis du regard son geste avant que nos yeux s’accrochent. « T'avais raison, j'voulais que tu me baises à sa place, princesse. » Ses mots me transpercent de part en part et j’ai l’impression qu’elle vient d’attraper mon coeur entre ses doigts, enfonçant ses ongles bien profondément. Je ne ris pas, je ne réagis même pas en réalité. Je reste bloqué sur son visage, sur ses lèvres, cette bouche qui vient de dire ça. Ses mots tournent dans ma tête et je ne sais plus quoi penser, que faire, que dire. Poppy rigole-t-elle vraiment ? Ou sa petite blague contient une grosse part de vérité. J’ai envie de me dire que c’est réel, qu’elle aurait vraiment aimé que je fasse ça. Je ne devrais pas espérer, je ne veux pas de ça, du moins j’essaie de m’en convaincre. Pourtant, tout ce dont je rêve, c’est de sentir son corps nu contre le mien, d’embrasser ses lèvres charnues qui sont une tentation pour moi chaque jour que Dieu fait. Je ne sais pas si elle prête attention à mon trouble, mais son rire enchante mes oreilles alors qu’elle se réinstalle confortablement dans le fauteuil, levant le pied jusqu’à moi, comme si elle ne venait pas de lâcher une bombe sur ma tronche. Le fait-elle seulement exprès ? J’aurais aimé que ce soit elle également, j’aurais aimé ne pas devoir m’éloigner d’elle pour aller baiser une gonzesse que je ne connaissais pas et qui ne m’attirait pas, surtout après le moment que nous avions partagés Poppy et moi.

Finalement, Poppy me tire de mes pensées en posant son pied contre mon torse et exerçant une petite pression pour me faire tomber en arrière. Rien n’y fait, je reste droit, ne bouge même pas. « Et toi, si t'as commis un meurtre, prends pas trop de temps à me le dire. Je suis prête à attendre que t'arrives à en parler, mais si le corps est en train de sécher quelque part, il va commencer à puer. » Je retrouve alors ma Poppy, ma meilleure amie, mon étincelle de vie, lorsqu’elle se met à ricaner. Je ne peux m’empêcher de la suivre et de rire légèrement en secouant la tête.  « Certes, j’ai pas mal d’envies de meurtre, mais non, j’ai pas tué. Et puis, d’une, je suis pas sur que je te parlerais de mon meurtre … j’voudrais pas t’impliquer ! Et de deux, ne t’en fais pas mon coeur, le corps serait introuvable. Je connais sur le bout des doigts le guide du Parfait Tueur en Série de Dexter Morgan. » Je lui dis en riant toujours un peu, accompagnant ma tirade d’un clin d’oeil. A contrario d’une personne lambda, mes pulsions de violence peuvent être assez destructrices et chaotiques. Plus jeune, j’avais bien plus de mal à contrôler ces pulsions, à limiter mes accès de violence. Plusieurs fois j’ai failli tuer des mecs avec pour seules armes mes poings. Alors oui, j’aurais pu tuer quelqu’un mais je ne pourrais le faire sciemment, de peur de laisser Poppy seule derrière moi. Ce serait comme l’abandonner, et ça je ne le supporterait pas. La seule chose qui pourrait expliquer que nous ne soyons plus ensembles, serait qu’elle m’ait rejeté, qu’elle vive sa vie de son côté, de son propre choix. Mais jamais je ne pourrais m’éloigner d’elle. Ca peut paraitre égoïste, je le sais, mais il me serait tout simplement impossible de ne plus être à ses côtés chaque jours.

Soudain, ma Poppy joyeuse et taquine disparait légèrement pour laisser place à la Poppy étrange, celle que je connais pas très bien. Elle se redresse dans le fauteuil pour finalement venir me rejoindre sur le sol. A genoux devant moi, ses yeux ont l’apparence d’une mer agitée. Des choses se passent dans sa tête, des émotions traversent son regard et j’essaie de les déchiffrer, mais étrangement, je n’en suis pas capable. Soudain, son petit corps se retrouve contre le mien, ses hanches entre mes jambes écartées, ses bras autour de ma nuque, son visage contre mon épaule. Je cesse de respirer quelques secondes et ferme les yeux. Enfin tout me parait réel. Je ne rêve pas de son retour à mes côtés. Non, Poppy est bien ici, avec moi. Le calme après la tempête. J’enroule mes bras autour de son corps si fin et la presse violemment contre moi. Je me raccroche à elle et j’inspire un grand coup. L’air chargé de son odeur me brûle les poumons, mais je me sens à nouveau vivant. J’enfouis mon visage dans son cou, et inspire à nouveau son parfum, légèrement teinté d’une note masculine que je tente - vainement - d’occulter.  « Merci de pas être parti. » Me chuchote-elle à l’oreille, son souffle contre ma peau nue me provoque un frisson douloureux qui se propage le long de ma colonne. Je la serre un peu plus encore, pressant son corps contre le mien. Je n’ai plus envie de la lâcher. Jamais.  « Jamais sans toi ! » Je chuchote à mon tour sur le ton de la confidence. Et nous sommes là, enlacés au sol, au milieu du salon. Seuls, dans notre bulle. Nous deux contre le reste du monde. Poppy représente mon univers.

J’inspire une dernière fois son odeur avant de relâcher mon étreinte et de m’écarter légèrement pour fixer son visage :  « Viens, on se lave et va se pieuter ! » Je lui propose en me relevant avant de lui tendre une main pour l’aider à se lever à son tour. C’était une rude soirée. Nous avons besoin de repos. Je commence à l’entrainer dans la salle bain pour lui dire d’aller se laver en première mais je m’arrête et fais volte-face :  « Dors avec moi Poppy ce soir, s’il te plait. » Cela peut sonner comme une supplication - et c’est surement un peu le cas - mais j’ai vraiment besoin de ça, vraiment besoin de la sentir respirer contre moi.

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MessageSujet: Re: PSYCHO > Enjoy the silence   Mer 22 Mar - 0:03

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« Certes, j’ai pas mal d’envies de meurtre, mais non, j’ai pas tué. Et puis, d’une, je suis pas sur que je te parlerais de mon meurtre … j’voudrais pas t’impliquer ! Et de deux, ne t’en fais pas mon coeur, le corps serait introuvable. Je connais sur le bout des doigts le guide du Parfait Tueur en Série de Dexter Morgan. » avait-il répondu, m'arrachant un léger rire supplémentaire. Bien qu'en vrai, si je me laissais aller à y réfléchir davantage, cette pensée aurait sans doute fait mal à mon esprit. Je savais les pulsions de Stan. Je connaissais cette rage qui l'animait, ce démon intérieur qu'il taisait toujours. Ce n'était pas négatif ce qui s'émanait de lui, non, pas du tout. Mais ses passions dévorantes prenaient parfois trop de place, et je voyais constamment dans son regard sombre cette animosité régner. Stan n'avait jamais été réellement serein, je savais l'électricité parfois beaucoup trop forte en lui. Quand quelque chose le touchait, c'était directement à vif. Il n'avait pas de demi-mesure, ce mec se consumait entièrement constamment. Je comprenais pourquoi il était toujours si fatigué mentalement, cette flamme dansait dansait dansait et ne s'arrêtait jamais. Comme une putain de toupie qui tourne qui tourne qui tourne et qui te fait dégueuler. S'il était capable de meurtre ? Pas un prémédité. Mais je ne savais pas jusqu'où cette passion, cette profonde rage pourrait au juste le mener. Je savais juste qu'il était bien apte à s'attirer des problèmes. J'imagine que c'était ce qui m'attirait tant chez lui, ce danger, cette chaleur, ces décharges constantes se propageant dans ses veines. Je pouvais presque sentir l'adrénaline pulser à travers celles-ci. Mais si Stan commettait un acte pareil, je me mouillerais pour lui jusqu'au cou. Pas de demi-mesure, ni en lui, ni en moi, ni entre nous. J'étais prête à tout pour lui. Tout.

C'était sans doute toutes ces émotions se chamboulant en moi qui m'avaient finalement fait agir ainsi, ou peut-être l'envie toute simple de le sentir contre moi. Toujours est-il que je l'avais enlacé.

Pour la première fois, cet acte me sembla aussi étrange que complètement logique. Encore un sentiment contradictoire. C'était rare que l'on se fasse des câlins spontanés, on préférait se déclarer notre amitié à travers des piques bien lancées à prendre à l'envers. Plus on se vannait plus c'était notre manière de nous témoigner notre affection. Après une nuit pareille, c'était logique que j'éprouve le besoin de son contact, surtout après cette dispute qui aurait pu nous être fatale et qui allait sans doute encore pla ner entre nous un moment. Pourtant, je sentais le corps de Stan se raidir à mon contact, premièrement. Puis je sentis ses muscles se relâcher avant qu'il m'étreigne à son tour, m'attirant tout contre lui, me coupant le souffle un court instant. Une brûlure se réveillait en mon bas ventre à ce contact, tandis que dans ma tête c'était juste le foutoir. Quand on est amis et qu'on s'enlace, il y a toujours ce nombre de micro-secondes à respecter avant que cela devienne juste bizarre, mais une fois celles-ci passées, j'étais toujours contre lui, oubliant les conventions, éprouvant juste le désir intense de le sentir.  « Jamais sans toi ! »  Sa réponse me vrilla la tête, et me réchauffa davantage le ventre.  Je respirais son odeur comme une droguée en manque et je sentais qu'il en faisait autant, ses bras m'enlaçant avec force, je soupirais presque de soulagement jusqu'à ce que la raison l'emporte, nous nous écartâmes au même moment, même si en moi tout me criait de rester là. Là où ça me faisait tellement de bien.

« Viens, on se lave et va se pieuter ! »  Me lance-t-il comme si de rien n'était. C'est toujours comme ça, comme si de rien n'était. On fait l'autruche, tout le temps, un truc gène, il dégage parce qu'on tourne la tête. Mais Stan a raison, je sais bien que la chaleur ne s'est pas propagée en feu de forêt à l'intérieur de moi tout simplement parce que je suis exténuée et pas parce que je ne le désire pas. Parce que les faits sont là, et qu'il m'a fallu bien du temps pour l'admettre, mais j'ai tellement envie de lui que ça me bouffe les entrailles la plupart du temps. Je remercie l'univers de m'accorder un peu de répit. Je me lève avec son aide, écrase le mégot dans le cendar et suis Stan quand il m'attire vers la salle de bain comme une enfant. A croire qu'il a peur que je disparaisse. Je le comprends. J'ai parfois peur de disparaître moi aussi. J'observe sa nuque jusqu'à ce qu'il se retourne soudainement et que je manque de me le prendre en pleine face. « Dors avec moi Poppy ce soir, s’il te plait. »  Je souris et lève les yeux au ciel, bien que mon ventre se tord d'une toute autre sensation qu'à cause d'un désir primitif.  « T'en fais pas, princesse, on dort ensemble et je défonce la gueule de tous tes cauchemars. »  Je me mets sur la pointe des pieds et plante un baiser sur sa joue avant de le doubler et de lâcher un guilleret :  « Preum's pour la douche! »  Je rentre dans la salle de bain et claque la porte derrière moi, y appuyant mon dos avant de m'y faire glisser tout du long et d'enfouir un instant mon visage contre mes genoux, dévastée par mes sentiments pour lui, et toutes ces sensations qui me rappellent des mauvais souvenirs mais que je n'arrive plus à taire. Je sens ma tête s'embrouiller et je soupire profondément avant de me lever finalement et de défaire cette robe que je ne porterai sans doute plus jamais avant d'aller contempler mon visage défait dans la glace. Maquillage qui a coulé, visage pâle à crever. Je démêle rapidement cette touffe disgracieuse que sont mes cheveux avant terminer de me déshabiller et de me glisser sous le jet brûlant de la douche. Je ne sais pas comment vivre avec cette nouvelle vérité qui vient de me sauter à la gueule comme jamais, et au pire moment. Mais je crois bien que c'est vrai...

Plus tard, quand c'est à son tour de prendre la salle de bain, je me retrouve assise en tailleur sur son lit à l'attendre, dans mon t-shirt trop long m'arrivant mi-cuisse, je l'attends, séchant encore mes cheveux de mon essuie. Dormir avec lui, ça m'est arrivé un milliard de fois, et un milliard de fois j'ai pu oublier les idées malsaines qui envahissaient mon esprit. Mais aujourd'hui je ne sais plus. Je ne sais plus parce que j'ai compris qu'il ne s'agissait d'un simple désir, et que cela prenait des proportions auxquelles je n'attendais pas. Malgré ma fatigue, mon corps entier qui hurle au sommeil, mes yeux brûlants, ma tête lourde, une idée restait fraîche et me terrifie : c'est la première fois que je vais m'endormir contre lui, contre sa chaleur, avec l'idée que je suis juste amoureuse de lui.

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